LNH

Luongo immortalisé à Sunrise

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

Plus jamais un joueur des Panthers de la Floride n’endossera l’uniforme numéro 1 qu’a porté Roberto Luongo pendant 11 saisons.          

Le gardien québécois, l’un des plus prolifiques de sa génération, a vu son chandail être hissé au plafond du BB&T Center avant la rencontre de samedi qui opposait l’équipe locale aux Canadiens de Montréal.   

Voyez la cérémonie dans la vidéo, ci-dessus.   

Luongo, âgé de 40 ans, est ainsi devenu le premier joueur de cette concession à voir son maillot retiré.    

Les numéros 93 et 37 ont également été immortalisés en l’honneur respectivement de Bill Torrey, président de l’équipe lors de la saison inaugurale des Panthers en 1993, et du fondateur des Panthers, H. Wayne Huizenga, né en 1937 et décédé il y a deux ans.         

Plusieurs personnalités du monde du hockey étaient présentes à la cérémonie, dont le commissaire Gary Bettman, ainsi que d’anciens entraîneurs et coéquipiers. Luongo était aussi entouré de sa famille pour l’occasion.   

En plus de prendre la parole lui-même pendant quelques minutes, Luongo a pu apprécier des vidéos préparées par les Panthers, dont certaines d’entre elles mettent en vedette des joueurs actuels et à la retraite qui s’adressent au gardien.   

L’organisation des Panthers a aussi remis une table de blackjack à celui qui a passé plus de dix saisons, séparées en deux séjours, avec eux.   

Deux séjours en Floride          

Après une carrière de 19 saisons dans la LNH, Luongo, futur membre du Panthéon du hockey, a annoncé sa retraite en juin dernier. Quelques semaines plus tard, les Panthers confirmaient leur intention de lui rendre cet hommage fort mérité.          

Repêché en 1997 par les Islanders de New York, qui ont fait de lui leur première sélection (quatrième au total derrière, dans l’ordre, Joe Thornton, Patrick Marleau et Olli Jokinen), Luongo effectue un premier séjour en Floride, quand il est échangé en 2000 en compagnie de ce même Jokinen.          

Six ans plus tard, il passe aux Canucks de Vancouver, où en 2010-11, il connaît l’une de ses meilleures saisons en participant à sa seule finale de la coupe Stanley.           

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Crédit photo : AFP

Malheureusement, son équipe s’inclinera en sept matchs face aux Bruins de Boston.          

En saison régulière de cette même année, sa fiche de 38 victoires, 15 défaites et sept revers en prolongation en 60 matchs lui vaut d’être finaliste pour l’obtention du trophée Vézina (remis au meilleur gardien), mais c’est finalement à Tim Thomas, des Bruins qu’il sera décerné.          

Luongo revient pour de bon avec les Panthers en 2014 pour disputer les dernières années de son parcours fructueux dans la LNH.          

Dans l’ombre de Roy et Brodeur          

Né à Saint-Léonard, Roberto Luongo est certes l’un des meilleurs gardiens qu’ait produits le Québec, quoique plusieurs hésitent toujours à le placer au même niveau que Martin Brodeur et Patrick Roy qui ont dominé la spécialité dans leur époque respective.          

Peut-être parce que, justement, il n’a jamais soulevé la coupe Stanley ni vu son nom inscrit sur le trophée Vézina.          

Pourtant, son dossier est éloquent. Luongo occupe le deuxième rang de l’histoire de la LNH pour les matchs joués (1044) derrière Brodeur (1266), mais devant Roy (1029).           

Il n’est devancé que par Brodeur (691) et Roy (551) pour les victoires avec 489.          

Au chapitre des blanchissages, il se classe neuvième avec 77 dans un tableau dominé par Brodeur (125), Terry Sawchuk (103) et George Hainsworth (94).          

Seulement deux autres joueurs dans l’histoire des Panthers ont porté le numéro 1, soit Kirk McLean (1998-1999) et Kevin Weekes (1998).          

«J’ai grandi en regardant le CH»          

À son palmarès, il faut ajouter deux médailles d’or olympiques aux Jeux de Vancouver (2010) et à Sotchi, en Russie, quatre ans plus tard.          

«J’ai vraiment hâte de participer à cette célébration, a dit Luongo lors d’une entrevue récente accordée à nos confrères affectés à la couverture des Panthers. D’autant plus que j’ai grandi en regardant le Canadien. Je suis convaincu que bien des gens au Québec vont suivre cet événement à la télévision.»          

Luongo a livré un message de solidarité particulièrement émouvant et remarqué en février 2018 après la fusillade qui a coûté la vie à 17 personnes dont la plupart des étudiants dans une école de Parkland, une municipalité où il réside depuis 14 ans et située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Fort Lauderdale.           

«Assez, c’est assez, avait-il déclaré à la foule avant la tenue d’un match des Panthers quelques jours après la tragédie. Cette situation intolérable doit changer.»