Canadiens de Montréal

Des divergences à l'interne qui ont embêté Bergevin

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Le directeur général des Canadiens de Montréal, Marc Bergevin, a parfois du mal à exprimer ses idées de façon limpide. Son point de presse après la date limite des transactions s’est plutôt mal déroulé, si bien qu’on a senti de la part de l’organisation un besoin de réparer les pots cassés.    

Le DG s’est montré particulièrement transparent dans les derniers jours, s’entretenant longuement avec les médias, dont le journaliste de TVA Sports Renaud Lavoie. Pour la première fois, il a même exposé le plan qu’il a présenté à Geoff Molson à l’été 2018, formé de quatre piliers.         

«Bergevin est un homme de hockey, mais ce n’est pas un grand communicateur, a résumé le journaliste de TVA Sports Louis Jean, mercredi, en direct de Boca Raton, à l’émission Les Partants. Il a de la difficulté à exprimer ce qu’il voit, ce qu’il entend faire. Et, parfois, aussi, le message est un peu ambigu parce qu’il y a eu de l’improvisation par moments.»    

Par exemple : la gestion de la charge de travail de Carey Price. Bergevin a manifesté par le passé un désir de la limiter, mais le vétéran de 32 ans est le gardien le plus sollicité de la Ligue nationale de hockey (LNH) à l’heure actuelle.     

«On change d’idée, comme on le fait partout, et ça, c’est un petit exemple. Il y a aussi eu des convergences et des divergences à l’intérieur du groupe par rapport à la façon de repêcher et toutes ces choses-là. Il y a un paquet d’affaires desquelles on peut dire : "Ok, on n’a pas toujours été constants dans la façon de vouloir développer notre plan."»    

Les joueurs montrés du doigt    

Lorsque Bergevin a indiqué dans une récente entrevue que les joueurs n’achetaient pas la salade vendue par leur entraîneur, plusieurs ont conclu que les jours de Julien à Montréal étaient comptés.     

C’est sans doute pourquoi le patron hockey du CH s’est empressé mardi de mettre les choses au clair en confirmant que Julien sera de retour l’an prochain.     

«Ses propos dans l’article de Mathias Brunet laissaient perplexe un tout petit peu. Ça ouvrait la porte à ce que Claude Julien soit limogé, et c’est pour ça qu’il a voulu dire : "Attention, ce n’est pas vraiment ça que je sous-entendais"», a expliqué Louis Jean.     

«L’interprétation que j’en tire, c’est qu’il montre du doigt les joueurs, et non le coach. On ne peut pas exonérer le coach. Je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas une part du blâme qui va à l’entraîneur-chef. Mais je pense que le message lancé est que les joueurs devront être meilleurs.»    

Cela dit, il ne faudrait pas être surpris de voir le propriétaire de l’équipe, Geoff Molson, serrer la vis dans sa prochaine sortie médiatique.    

«Je pense qu’on va entendre Geoff Molson très bientôt, estime Louis Jean. On va peut-être sentir un peu de pression sur le DG.»     

Dans les tranchées avec Julien     

Lorsque le CH a traversé une tempête similaire en 2015-2016, Bergevin avait pris la défense de son entraîneur Michel Therrien, soutenant qu’il est un homme que l’on veut avoir de son côté dans les tranchées.     

L’histoire se répète essentiellement avec Julien. Le vétéran pilote en a vu d’autres avec les Bruins de Boston, ce qui fait de lui un candidat de choix pour traverser une crise. Et comment : on raconte qu’il aurait été congédié si la formation du Massachusetts avait été éliminée par le CH au premier tour des séries de 2011. Cette année-là, les Bruins avaient finalement remporté la coupe Stanley.     

«Je pense vraiment que Bergevin a présentement besoin d’être épaulé et appuyé par des personnes d’expérience. Claude Julien en a traversé des tempêtes. Ça n’a pas toujours été jojo pour lui à Boston. Cam Neely, le président de l’équipe, n’a pas toujours été un fan de Julien. [Neely] était un émotif», a raconté Louis Jean.     

Quand on parle d’un homme qui a traversé des tempêtes : Julien, c’est aussi celui qui a été congédié par Lou Lamoriello à titre d’entraîneur-chef des Devils du New Jersey, en 2007, alors que sa formation montrait un dossier de 47-24-8 avec trois matchs à jouer en saison régulière. Une décision qui, encore aujourd'hui, est difficile à expliquer.