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Crédit : Pierre-Paul Poulin / JdeM

Canadiens de Montréal

Bergevin ouvert à soumettre une autre offre hostile

Publié | Mis à jour

Il aurait été raisonnable de croire que le directeur général des Canadiens de Montréal, Marc Bergevin, ne considérera plus l’avenue de l’offre hostile en raison du dénouement du dossier Sebastian Aho l’été dernier.        

Or, invité au balado «Two-Man Advantage» de The Athletic, l’homme de hockey a indiqué qu’il n’en est rien.                 

«Je ne suis pas du tout [fermé à cette idée], a-t-il affirmé. C’est une option qui est disponible pour tous les directeurs généraux. Nous sommes la seule équipe à l’avoir utilisée l’an dernier, nous ne sommes pas opposés à l’idée de le faire à nouveau. Éventuellement, cet outil pourrait être utilisé contre nous. Je n’exclus aucune option.»        

Mathew Barzal, Mikhail Sergachev, Pierre-Luc Dubois, Anthony Mantha et Sam Reinhart figurent parmi les joueurs autonomes avec compensation les plus en vue de la cuvée 2020.        

Un coup fumant au repêchage?         

Bergevin a accumulé pas moins de 14 choix en vue du prochain repêchage qui se tiendra d’ailleurs à Montréal. Le vieil adage veut tout de même que trop, ce n’est comme pas assez, et cela s’applique également à l’encan amateur.         

Le DG du CH n’a pas en tête un chiffre en particulier qui équivaut à un surplus de choix, mais il admet que ce haut volume de sélections pourrait influencer sa décision lorsque vient le temps de trancher entre deux joueurs.         

«Je ne sais pas à combien exactement tu peux dire que tu as trop de choix. Tu dois faire attention si tu as beaucoup de choix les uns après les autres, car tu composes avec une limite de 50 contrats. Avec les joueurs provenant de la Ligue junior canadienne, tu as deux ans pour prendre une décision. Avec ceux provenant des universités et les Européens, tu peux repousser la décision», a expliqué Bergevin.         

«À un certain moment, si tu hésites entre deux joueurs, tu vas probablement préférer celui qui vient de l’université ou de l’Europe, car tu disposes d’une période d’évaluation plus longue pour trancher», a mentionné l’homme de 54 ans.         

Par le passé, les équipes hôtes ont frappé de grands coups au repêchage, et le DG du Tricolore a une pile de choix qu'il peut utiliser à son avantage... Quand le journaliste Craig Custance a demandé à Bergevin s’il préparait des feux d’artifice dignes du monde du «showbiz» à ses partisans lors de la séance de sélections, le principal intéressé a toutefois calmé le jeu.     

«Je ne suis pas à Hollywood, je ne suis pas là pour le showbiz, a répondu Bergevin. Et je ne suis pas intelligent au point de prévoir que je dois empiler les choix quatre mois à l’avance. La plupart du temps, à la date limite des transactions, les équipes accueillant le repêchage demanderont de repousser d’un an les choix sacrifiés dans un échange.»        

N’empêche, toutes ces munitions augmentent la marge de manœuvre du Tricolore...         

«[Les choix] représentent un atout pour nous si on veut conclure une transaction. Disons que ça te donne des options», a résumé Bergevin.         

Le cycle de la LNH        

Pourquoi le CH traverse-t-il une période creuse? Sans s’enlever toute responsabilité, Bergevin explique que cela est lié en partie au processus cyclique qui opère chez les équipes de la LNH.        

Grossièrement, les équipes compétitives pendant plusieurs années sont condamnées à piquer du nez éventuellement.         

«Les Blackhawks de Chicago connaissent des ennuis, mais ils ont trois coupes Stanley. Les Kings de Los Angeles en arrachent, mais ils ont deux coupes. Il y a des équipes qui ont lutté pour la coupe, mais qui ne l’ont jamais gagnée parce qu’au final, il n’y a qu’un champion. Et ces équipes, à un certain moment, rencontreront des difficultés, car cela fait partie du processus que traversent les bonnes formations.»        

C’est essentiellement ce qui est arrivé aux Canadiens, qui ont fait les séries presque systématiquement sous les ordres de Michel Therrien, atteignant notamment la finale de l’Est en 2014, avant de péricliter.         

«Nous nous trouvons maintenant dans l’autre étape. Dans un futur pas si lointain, nous espérons revenir au sommet et lutter avec l’élite du circuit», a indiqué Bergevin.        

Assembler une équipe, une science inexacte        

Le DG des Blues de St. Louis, Doug Armstrong, croit que son équipe a bénéficié du fait de compter sur des groupes de joueurs de différentes tranches d’âge pour gagner la coupe Stanley l’an dernier. Lorsque cette théorie est mentionnée à Bergevin, ce dernier apporte une nuance : la composition des formations est souvent influencée par des facteurs échappant au contrôle des décideurs.         

«Regarde les Maple Leafs de Toronto. Les joueurs qu’ils ont repêchés sont devenus très bons, et ce, très rapidement. En raison de la convention collective, ils ont dû être payés [et ont reçu, à un stade précoce de leur carrière, d’importants contrats, NDLR]. Ce n’est pas idéal, mais c’est inévitable. [...] Les Leafs auraient quand même repêché Auston Matthews si c’était à refaire, mais tu dois composer avec les cartes qui te sont données.»