Canadiens de Montréal

Le projet de Marc Bergevin avec Cole Caufield et «KK»

Le projet de Marc Bergevin avec Cole Caufield et «KK»

Renaud Lavoie

Publié 03 mars
Mis à jour 03 mars

C’est au superbe Boca Beach Club que la rencontre avec Marc Bergevin s’est déroulée pendant plus d’une heure.   

Après une longue rencontre avec ses homologues de la LNH, il a accepté de répondre à toutes les questions concernant sa formation. Un livre ouvert qui permet d’en apprendre beaucoup plus sur son plan et sur ses besoins pour la prochaine saison.   

Claude Julien de retour   

Bergevin a déjà mentionné qu’il aimerait voir une équipe qui achète plus le plan de match de son entraîneur et que les joueurs jouent plus en équipe. Certains ont cru que c’était une flèche qu’il lançait à son entraîneur-chef, mais le directeur général a voulu remettre les pendules à l’heure concernant l’avenir de Claude Julien.      

«Un retour définitif pour la prochaine saison, a-t-il dit du tac au tac. J’aime la façon dont il dirige les jeunes et les joueurs d’expérience. C’est un bon professeur et il est très bon pour les détails en plus d’être très alerte derrière le banc.   

«Faire des changements juste pour faire des changements, souvent ça ne fonctionne pas. J’ai confiance en Claude Julien. À un moment donné il faut que les joueurs prennent leurs responsabilités. Comme groupe, on doit prendre nos responsabilités.   

«Ce ne sont pas les entraîneurs qui disent aux joueurs de moins bien jouer en troisième période. Alors, si j’amène un autre entraîneur ici, est-ce que le message sera vraiment différent? Peut-être qu’il y aura des petites modifications, mais les coachs sont pareils, comme les systèmes de jeu.»   

Alors comment on explique les hauts et les bas de sa formation cette saison?   

«C’est une réalité. Lorsque je parle à mon coach, le message qu’il donne aux joueurs est le bon. C’est ce qu’on voit. Parfois, on faisait bien les choses et d’autres fois non. Je regarde les équipes qui ont été constantes cette année, il n’y en a pas beaucoup, a-t-il expliqué.   

«On dirait que c’est la nouvelle réalité de la LNH. Tampa, une équipe talentueuse, a connu des difficultés d’octobre à décembre. En janvier, ils ont explosé. On ne se cachera pas pour dire que nous ne sommes pas le Lightning, mais on doit être plus constants pour avoir l’espoir de faire les séries. L’an prochain, ce sera la même chose.   

«On est tous ensemble. Juste blâmer les entraîneurs, ce n’est pas juste parce que je fais partie du groupe, tout comme les joueurs. Ce sont évidemment les joueurs qui performent sur la glace, mais on est tous là-dedans. Je n’aime pas pointer du doigt. Ce qui est frustrant, c’est de voir qu’on joue très bien pendant 40 minutes et après, c’est difficile. On dirait que c’est moins pire à l’étranger. Au moins, je sais que mon équipe est toujours bien préparée. Je pense que c’est mental comme problème.»   

Voici le plan   

Depuis 2018, le plan de Bergevin est de bâtir par le repêchage, tout en s’assurant que l’équipe demeure compétitive. Ce plan est basé sur quatre piliers important.   

Le premier: l’attitude et le leadership.   

Le deuxième: la vitesse et les habiletés.   

Le troisième: bâtir par le repêchage.   

Le quatrième: garder un solide noyau pour encadrer les jeunes.   

On peut dire sans se tromper que Bergevin et son groupe ont fait des ajustements importants pour s’assurer que chaque pilier soit renforcé. Dans ce genre de plan, il faut aussi être patient, mais jusqu’à un certain point. Et c’est pourquoi il faut s’attendre à ce que les attentes soient plus élevées la saison prochaine.   

«Je ne m’attends pas à faire quelque chose de majeur cet été, mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’améliorer à certaines positions. Oui, Alexander Romanov devrait jouer avec nous la saison prochaine, mais ce n’est pas Cale Makar, a-t-il avoué.   

«On doit s’améliorer en défense, mais je regarde les équipes qui ont du succès et la différence n’est pas majeure avec nous. C’est dans notre façon de jouer qu’il faut être meilleurs.»   

En pleine confiance   

Si vous pensez une seconde que Bergevin a peur de perdre son emploi, vous vous trompez. Ce n’est pas lui qui va prendre la décision finale, mais tant et aussi longtemps que son patron, Geoff Molson, va le garder en poste, il va faire son boulot sans arrière-pensée.   

«Moi je fais mon travail à tous les jours comme si j’allais le faire jusqu’à la dernière journée de mon contrat. Ce n’est pas moi qui décide de mon avenir, a-t-il laissé tomber.   

«Cependant, je peux te dire que si demain matin je quitte, je vais le faire la tête haute. Je sais que l’organisation est dans la bonne voie. De plus, on a beaucoup de choix au repêchage, avec de très bons espoirs et une masse salariale en santé.»   

Aucun regret avec Carey Price   

Carey Price est le joueur concession des Canadiens. Plusieurs analystes critiquent le contrat qui lui a été accordé (8 ans / 10,5M$ par saison) en affirmant que ça empêchait le CH de mieux disperser l’argent et que ça menottait l’équipe.   

Une affirmation que Bergevin rejette.   

«Les bons gardiens vont se faire payer, a-t-il dit. Si ce n’est pas moi qui avait donné ce contrat à Carey, quelqu’un d’autre l’aurait fait. Il n’y a pas assez de gardiens de l’élite dans la LNH. Ce n’est pas vrai qu’il y en a 31.   

«Lorsque tu en as un, tu le gardes. Comme organisation, on est prudents avec notre argent. Price vaut 10,5 millions $. Et il mérite chaque sou qu’on lui donne. Il a eu des hauts et des bas, mais les joueurs de l’élite passent aussi par là. Il n’est pas le seul.»   

Rencontre avec Cole Caufield   

Pour ce qui est du dossier de Cole Caufield, premier choix au dernier repêchage des Canadiens, une rencontre aura lieu après sa saison au Wisconsin pour déterminer la suite des choses.   

«On va s’asseoir avec lui et ses parents, ainsi que son conseiller, a-t-il expliqué. Est-ce qu’il est physiquement prêt à jouer au niveau professionnel? Est-ce que s’il fait le saut tout de suite, il s’expose à des blessures? Ultimement, c’est lui qui prend la décision, ça lui appartient. On veut le conseiller et on le surveille de près.»   

Et pour ce qui est de Jesperi Kotkaniemi, à moins d’une nouvelle vague de blessures, il va terminer la saison à Laval.   

«C’est bon pour sa confiance, a souligné le DG des Canadiens. Tout est positif pour lui à Laval et si je ne le connaissais pas et que j’irais le voir jouer en ce moment, je dirais que c’est certainement un joueur de la LNH.   

«Il doit encore corriger certains aspects de son jeu, mais il joue près de 18 minutes par match à un niveau élevé.»   

Bref, Bergevin ne perd pas espoir, bien au contraire. Cela dit, la pression sera un peu plus forte la saison prochaine. Normal parce que comme bien des amateurs, il ne veut pas se retrouver hors des séries pour une quatrième année de suite.