Canadiens de Montréal

Marc Bergevin dévoile son plan à 4 étapes

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Été 2018. Les Canadiens de Montréal viennent de conclure une saison de 53 défaites. Le directeur général Marc Bergevin s’amène dans le bureau du propriétaire Geoff Molson pour lui présenter un plan composé de quatre étapes.    

Celui-ci se décline ainsi : «attitude/leadership», «vitesse/habiletés», «bâtir par le repêchage», «garder un solide noyau de vétérans».       

«On est fiers de notre plan, a confié Bergevin, mardi à Boca Raton, lors d’un entretien avec le journaliste de TVA Sports Renaud Lavoie. C’est certain qu’il y a eu des périodes plus difficiles, comme cette saison.»   

«On a beaucoup de choix au repêchage et une équipe de plus en plus jeune, a-t-il souligné. On est fondés sur la vitesse. Le groupe de jeunes que nous possédons, avec nos vétérans, est un bon groupe. À un certain moment, tu fais des ajustements, mais dans l’ensemble, quand tu parles d’un noyau, tu ne fais pas nécessairement allusion à 10 joueurs. Le noyau est peut-être moins gros qu’on le pense. Mais c’est un bon noyau à mon avis.»   

Julien sera de retour   

L’entraîneur-chef Claude Julien continuera d’ailleurs de faire partie du fameux plan de Bergevin : le patron hockey du Tricolore a confirmé son retour la saison prochaine.    

«J'aime la façon dont il dirige les jeunes et les joueurs d'expérience, a indiqué le DG pour justifier sa décision. Il est très alerte sur le banc. C'est un bon professeur. Il est attentif aux détails. Il a de l'expérience et, dans un marché comme Montréal, c'est un atout qui a de la valeur.»    

«Je n'ai pas du tout [songé à le sacrifier]. Effectuer des changements simplement pour faire des changements, souvent, ça ne fonctionne pas», a-t-il ajouté.   

Bref, si un changement important est apporté au cours de la saison morte, celui-ci ne surviendra pas derrière le banc. N’empêche, Bergevin soutient que l’organisation se regarde dans le miroir et qu’elle accepte le blâme de ce qui sera sans doute une troisième exclusion consécutive des séries éliminatoires.    

«On n’a pas été capables de performer à un niveau assez constant pour connaître une saison comme l’an passé. Avec 96 points [la récolte de 2018-2019], on fait probablement les séries cette année. Ça, ça nous appartient.»   

Ça passe par les jeunes   

On comprend entre les lignes en écoutant Bergevin que les Canadiens tenteront de passer à un autre niveau en misant sur la progression des jeunes joueurs gravitant autour du groupe de vétérans actuel.     

Autrement dit, il n’y a aucune formule magique. C’est lentement mais sûrement que la direction compte bâtir une formation gagnante.    

«On va probablement amener Alexander Romanov [à Montréal] l’an prochain, mais je ne m’attends pas à ce qu’il soit déjà un joueur d’impact, a prévenu Bergevin. Je m’attends à ce que, d’ici trois ou quatre ans, il soit un joueur d’impact – peut-être pas en termes de statistiques offensives, mais plutôt avec ce qu’il va apporter sur la patinoire. Les attentes sont semblables concernant Cole Caufield. Ryan Poehling sera meilleur. Je m’attends aussi à ce que Jesperi Kotkaniemi franchisse une autre étape.»   

«C’est plus long qu’à notre goût, mais c’est aussi une réalité, a avoué celui qui en est à une huitième saison dans ses fonctions. Tu regardes à travers la Ligue nationale, il y a de bons jeunes qui ont été repêchés il y a deux ou trois ans qui ne sont pas devenus des joueurs d’impact. Il y a toujours des exceptions, mais pour la plupart, une période de développement est nécessaire. En anglais, tu appelles ça des "growing pains".»   

Tenez-vous-le pour dit : il y a un type de transaction que Marc Bergevin ne risque pas d’effectuer de sitôt, et c’en est une qui sacrifierait un de ses plus beaux espoirs pour en soutirer une amélioration immédiate, mais éphémère.     

«Je vais te donner un exemple : échanger un jeune comme "KK" et aller chercher un joueur de 28 ans qui va nous aider aujourd’hui et qui ne sera probablement plus avec les Canadiens dans deux ou trois ans», a précisé l’architecte du Bleu-Blanc-Rouge.   

«Pendant ce temps, "KK" devient un très bon joueur de centre pour les 10 prochaines années. On a pris un pas vers l’avant, mais éventuellement, on va en prendre deux de reculons», d’illustrer Bergevin.    

Voyez l’entrevue complète accordée par Marc Bergevin à Renaud Lavoie dans la vidéo ci-dessus.