SPO - TIGRES VS ARMADA

Crédit : MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL

LHJMQ

Alec Reid: un an plus tard

Alec Reid: un an plus tard

Mikaël Lalancette

Publié 03 mars
Mis à jour 03 mars

Le 3 mars 2019, le décès d'Alec Reid ébranlait toute la Ligue de hockey junior majeur du Québec. 

L'attaquant de 18 ans de l'Armada de Blainville-Boisbriand est décédé des suites d'une crise d'épilepsie, la troisième de sa jeune existence. 

En plus de la grande famille du hockey, Alec Reid laissait dans le deuil et l'incompréhension ses parents Luc Reid et Josée Vallée puis ses soeurs Molly et Léa. 

Tous ceux qui l'ont vécu vous diront qu'il n'y a pas de plus grande peine pour des parents que de devoir enterrer un enfant. 

C'est le genre de calvaire qu'on ne souhaite même pas à notre pire ennemi.  

Cinq jours après ce décès tragique, l'Armada et les Tigres de Victoriaville, l'équipe qui l'avait repêché dans la LHJMQ, ont tenu une soirée hommage haute en émotions pour honorer la mémoire de l'ancien numéro 13. 

Deux de ses grands amis et coéquipiers, Samuel Desgroseillers et Frédéric Abraham, ont pris la parole devant une foule silencieuse. Un geste d'une puissance remarquable. 

Poussés par l'amour qu'ils avaient pour leur ami disparu, les deux joueurs de l'Armada ont célébré la vie d'Alec Reid, que tous ceux qui l'ont bien connu décrivent comme souriant et taquin. La bonne humeur sur deux pattes. 

Inconsolable derrière le banc, l'entraîneur-chef Bruce Richardson a parlé des heures qui ont suivi le décès tragique d'Alec Reid, qu’il avait aussi dirigé dans les rangs Midget, comme des pires moments de sa vie. 

Ce soir-là, le coeur meurtri, les proches d'Alec Reid ont compris que sa vie avait été courte mais marquante. Un déferlement de compassion a envahi le Centre d'Excellence Sports Rousseau. Une chaleur humaine réconfortante dans les circonstances. 

«Ce que je retiens, c'est l'amour, de dire sa mère Josée, un an jour pour jour après le décès de son fils. Le hockey incarnait mon fils : le sport le poussait. C'était un petit guerrier. Je sais qu'il a profondément aimé le hockey. C'était une belle réunion.» 

Un an plus tard, son coeur de maman est toujours attaqué. «Mais la peine ne sera jamais plus grande que la joie que j'ai eue de l'avoir mis au monde et de l’avoir eu dans ma vie pendant 18 ans.» 

Force et résilience 

Ce samedi, l'organisation de l'Armada rendra un autre hommage au natif de Châteauguay. Les profits liés à la vente d'épinglettes avec AR13 comme logo seront remis à la Fondation Épilepsie Montérégie. Une attention qui fait plaisir à sa mère. 

«Comme parent, tu te poses la question : "Un an plus tard, est-ce qu'il y a juste moi qui se souvient qu'il est parti?" Malgré toute la peine que j'ai, ça me touche beaucoup», dit-elle la voix brisée par l'émotion. 

De la force et de la résilience, Josée Vallée en a. Elle en a bien de besoin. 

Quatre ans avant le décès de son fils, elle avait perdu sa sœur, atteinte d’un cancer. Son fils Alec avait cette cause à coeur. 

En août dernier, quatre mois après la perte de son fils, c'est la vie de son mari Luc qui a été fauchée. Une mort rapide après un cancer fulgurant.  

En l'espace de quatre petits mois, les Reid ont perdu les deux hommes de la famille. Une grande peine dont on se remet difficilement. 

«Les deux gars sont partis tellement vite, mais j'en ai la profonde conviction, ils sont toujours avec nous», lance Josée avec une force impressionnante. 

«Ça ne donne rien d'aller à contre-courant, il faut abdiquer et être le plus résilient possible.» 

Qu’est-ce qu'on peut souhaiter à Josée Vallée et à ses deux belles grandes filles? De la sérénité, un jour à la fois. 

«On va essayer de trouver la paix dans tout ça, dit-elle. C'est cruel sans bon sens, mais ceux qui restent doivent continuer de vivre.» 

Les gars sont partis. Mais les femmes qui restent ne sont pas seules. 

Vous pouvez faire un don à Épilepsie Montérégie au www.epilepsiemonteregie.org