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Suzuki: un message à Claude Julien

«C'était tellement gênant...»

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Nick Suzuki, depuis le Championnat mondial de hockey junior 2019, a disputé 130 matchs de hockey compétitif, en plus de s’être soumis aux étapes du camp de perfectionnement des Canadiens de Montréal à l’automne.

Pas étonnant, donc, que la recrue démontre des signes de fatigue, tel que dénoté par Claude Julien lundi à l’entraînement.

À pareille date l’an dernier, l’entraîneur-chef des Canadiens parlait aussi de fatigue pour expliquer la baisse de régime d’un certain Jesperi Kotkaniemi, laissé de côté lors d’un voyage de l’équipe dans l’Ouest américain. Issu de la SM-liiga finlandaise, l’attaquant avait disputé pourtant beaucoup moins de rencontres avant son arrivée dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Jean-Charles Lajoie s’explique mal ce double discours de Julien sur ses recrues, mais une chose est certaine : le coach du Tricolore a mal utilisé Suzuki, le plus beau joyau parmi les joueurs prometteurs de l’organisation, selon l’animateur de TVA Sports.

Le centre de 20 ans a même remporté la coupe Molson pour le mois de février 2020, mois lors duquel le CH a en quelque sorte confirmé une bonne fois pour toutes qu’il n’était pas parmi les aspirants aux séries.

«Claude Julien a-t-il fait de Nick Suzuki un gagnant de la coupe Molson et un finaliste pour le trophée Calder? Non. Il n’a rien fait pantoute, a déploré Lajoie, lundi à l’émission JiC. Il a laissé Suzuki à droite sur le quatrième trio, à peu près tout l’automne. C’était tellement gênant que Suzuki a pris du galon par lui-même.

«Suzuki, c’est un sensei. C’est un jedi. Suzuki a tout gagné seul parce que dans la boîte à poux, il est plus fort que la moyenne des milléniaux. Il n’a pas demandé de biberon. Clairement, il n’est pas venu au monde au troisième but, il a confondu tous les sceptiques, il a poussé Claude Julien assez fort pour être envoyé au centre du deuxième trio.»

«Suzuki, ses épaulettes, il les a gagnées tout seul.» - Jean-Charles Lajoie

À l’heure actuelle, Suzuki, auteur de 13 buts et 27 aides pour un total de 40 points en 67 matchs. L’Ontarien pivote le trio complété par Artturi Lehkonen et Joel Armia.

L'héritage de Claude Julien

Cette gestion a poussé Lajoie à lancer une pointe à l’entraîneur-chef des Canadiens. 

«Message à Claude Julien, a déclaré Lajoie. Claude, personne dans l’avenir ne va se souvenir de comment tu es passé proche d’entrer en séries, mais tout le monde va se souvenir qu’à cinq reprises dans les six dernières saisons, tu as raté les séries éliminatoires. 

«On va même se rappeler que la seule fois où tu les as faites, c’était avec les Canadiens, une équipe qu’on t’a donnée en février avec six points de priorité au sommet de la section Atlantique. Tu es entré et ressorti tout de suite, avec 11 buts en six matchs, dont quatre dans le même en première ronde des séries avec les Rangers de New York.»

Julien et le Bleu-blanc-rouge sont en voie de manquer les séries pour une troisième année consécutive. Congédié par les Bruins de Boston en février 2017, alors qu’il revenait de deux campagnes sans participation aux éliminatoires, Julien s’était amené à la barre des Canadiens pour la deuxième fois de sa carrière, en remplacement de Michel Therrien, lui-même limogé par l’équipe montréalaise.

En 2009, le Franco-Ontarien de 59 ans a remporté le trophée Jack-Adams, remis à l’entraîneur-chef de l’année dans la LNH.