Impact de Montréal

«Il faut travailler avec ce qu’on a, c’est la seule solution»

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L’entraîneur de l’Impact de Montréal, Thierry Henry, doit déjà composer avec une série de défis à ses premiers pas avec l’équipe, dont la prolifération des blessures au sein de l’effectif. 

Encore vendredi, il était révélé que le capitaine du club, le défenseur Jukka Raitala, allait rater au moins huit semaines en raison d’une fracture du péroné subie mercredi, contre Saprissa, au Stade olympique.  

Ce match, il s’est terminé sur un nul de 0-0, mais l’Impact a néanmoins accédé aux quarts de finale de la Ligue des champions de la CONCACAF en vertu des deux buts qu’il a inscrits sur la pelouse de l’adversaire au Costa Rica, une semaine avant. Bref, l’Impact a pratiqué un style très hermétique... et ça a fonctionné, peu importe ce qu’on en dit. 

«Je savais ce qu'on avait à faire contre cette équipe, a expliqué Henry, vendredi, en entrevue à "JiC". La stratégie est qu’un moment donné, il faut s'adapter à l'équipe contre laquelle tu joues. Qui manoeuvre bien la balle et qui ne te la redonne pas n'importe comment.» 

«On a essayé de les empêcher de jouer à l'intérieur, de les laisser aller sur les côtés, c'est ce qu'ils ont fait», a-t-il ajouté. 

«On a réussi à passer sans gagner (...) Ça ne sera pas toujours la même chose, ça dépend contre qui tu joues.» 

Maintenant, le tournoi se poursuit, et à cela s’ajoute le début du calendrier MLS, dont le premier match aura lieu samedi, au Stade olympique, alors que le Revolution de la Nouvelle-Angleterre sera en ville. 

C’est toute une charge alors que l’équipe est minée par les blessures, mais Henry est prêt. 

«Il faut faire avec, on a perdu Lassi Lappalainen, aussi en préparation, Orji Okwonkwo est "on and off". Saphir (Taïder) a eu des problèmes avec sa cuisse depuis le début, a-t-il indiqué. Donc depuis le début, on a eu des problèmes! Il faut s'adapter.» 

«Je dis depuis le début qu'on se battra avec nos armes et qu’on va essayer d'amener le public vers nous, a-t-il également mentionné. Contre Saprissa, j'ai senti le public content de voir une équipe qui se bat. On s'est battus avec nos moyens, avec les matchs qu'on avait dans les jambes contre une équipe qui avait beaucoup plus de matchs que nous.» 

«Il faut travailler avec ce qu'on a, c'est la seule solution», a-t-il résumé. 

Piette néanmoins capitaine 

Le choix de Raitala à titre de capitaine en a surpris plusieurs, puisque le milieu de terrain québécois Samuel Piette apparaissait comme un candidat de choix. 

Henry a indiqué qu’à la lumière de ce qu’il a vu au camp de l’équipe, le choix de Raitala allait de soi. Ce qui n’enlève absolument rien à Piette. 

Raitala «est capitaine avec Sam et Evan Bush, malheureusement on ne peut pas mettre le brassard sur trois bras», a relativisé l’entraîneur. 

«Sam doit encore grandir et oui, il fait partie des capitaines, a-t-il réitéré. Quand Jukka ne sera pas là et si Sam joue, Sam sera capitaine.» 

Binks : on se calme 

Henry a aussi été invité à commenter le premier match du jeune défenseur anglais Luis Binks. Le joueur de 18 ans s’est bien tiré d’affaire, mercredi, contre Saprissa. L’entraîneur a cependant invité tout le monde à garder son calme au sujet du nouveau numéro 5 de l’Impact. 

«C'est un bon joueur, mais il y a une tendance en MLS de vite enflammer un joueur jeune, a-t-il expliqué. Je l'ai vu quand j'étais joueur et je le vois encore. Cal-mons-nous. C'était son premier match, il a de la qualité. Joel Waterman aussi est bien rentré. Le petit Amar Sejdic, qui n'a joué qu'un match l'an dernier, a très bien joué à Saprissa et il a donné ce qu'il avait à donner ici.» 

«Il n'y a pas seulement Luis, a poursuivi Henry. Il a bien joué, comprenez-moi bien, mais arrêtons aussi de s'emballer très vite. Laissons le petit grandir, laissons-le s'adapter à une nouvelle vie, une nouvelle ville, un nouveau jeu, un nouveau championnat, de nouveaux coéquipiers.» 

Bojan y arrivera 

Arrivé avec l’Impact en grande pompe l’été dernier, l’attaquant espagnol Bojan Krkic a montré de beaux «flashes» depuis qu’il est en ville, mais contre Saprissa, il a raté quelques occasions de marquer qui auraient pu faire du bien au club s’il les avait concrétisées. 

Henry n’y voit rien qui l’inquiète. 

«Tout attaquant a des séries, a-t-il assuré. Ça m'est arrivé de ne pas marquer pendant sept ou huit matchs. Si tu marques, c'est toujours mieux, mais après, qu'est-ce qu'il nous donne dans le match? À l'aller, il a donné une balle de but à (Romell) Quioto. Il se retrouvait dans les situations pour marquer. Se créer des occasions et ne pas les mettre, c'est très différent de ne pas en avoir du tout.» 

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.