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Crédit : AFP

NFL

Joe Burrow fait taire les rumeurs

Stéphane Cadorette

Publié | Mis à jour

Depuis quelques semaines, ce qui n’était qu’une simple supposition a pris l’allure d’une rumeur bouillonnante cherchant à fuir la marmite. Joe Burrow a vite mis le couvercle pour étouffer les perceptions, devant un parterre rempli de journalistes mardi à Indianapolis, pour le début de la semaine du «Combine», en confirmant son intérêt pour jouer à Cincinnati si les Bengals en font le premier choix.

«Je ne vais pas décider de ne pas jouer. Je suis un joueur de football. Peu importe qui me choisira, je me présenterai», a statué le quart-arrière des Tigers de LSU, qu’il vient de mener au titre de champions universitaires nationaux au terme d’une saison phénoménale.

Transfert de l’Université d’Ohio State après trois saisons comme réserviste, Burrow a connu des débuts modestes à LSU en 2018 avant de tout casser la saison dernière. Certains sont même d’avis qu’avec 5671 verges, 60 passes de touchés et seulement six interceptions en 15 matchs, il a connu la saison la plus productive de l’histoire.

Voilà qui a catapulté le jeune homme de 23 ans vers le statut de potentiel futur premier choix au repêchage, en avril prochain, à Las Vegas.

Rumeurs persistantes

Sauf qu’après la saison, il a quelque peu patiné dans ses réponses quant à son désir réel de graduer avec les Bengals, une organisation qui n’a pas remporté un match de séries depuis 1990. Plusieurs ont ainsi présumé que Burrow pourrait orchestrer un coup de théâtre à la Eli Manning, qui avait annoncé son refus en 2004 d’évoluer pour les Chargers.

Il s’est même adjoint les services de Jordan Palmer comme entraîneur. Or, Palmer est le frère de Carson Palmer, qui avait été le premier choix des Bengals en 2005 et qui a depuis accusé l’organisation de ne jamais avoir fait le nécessaire pour bâtir une équipe championne.

Il n’en fallait pas plus pour prêter des intentions à Burrow, qui n’a cependant pas été vite sur la gâchette pour tuer la rumeur dans l’œuf.

«Je ne voulais tout simplement pas être présomptueux à propos du choix des Bengals», s’est-il justifié mardi. Il est possible qu’ils tombent amoureux de quelqu’un et qu’ils ne me choisissent pas. Vous avez monté cette histoire, mais rien n’est venu de moi.»

«Je veux être le premier choix»

Le «Combine», c’est l’occasion pour les 32 équipes de la NFL d’épier les 337 espoirs invités dans le cadre d’entrevues individuelles, mais aussi de nombreux tests physiques. Des tests auxquels Burrow, d’ailleurs, ne se soumettra pas.

Dans son cas, les résultats parlent d’eux-mêmes sur le terrain. Il devra toutefois prouver que sa saison magistrale ne tient pas du mirage.

«Je veux être le premier choix, c’est un rêve depuis toujours et j’ai travaillé très fort pour me retrouver dans cette position. Comme pour tout quart-arrière, le fait de bien cadrer avec une équipe est important, mais on n’a pas un mot à dire là-dedans. Peu importe qui me choisira, j’essaierai de cadrer du mieux que je peux. J’ai joué avec deux gros programmes qui m’ont donné la confiance d’être l’homme de la situation lorsqu’on me le demandera», a résumé celui qui transpire la confiance en entrevue.

De leur côté, les Bengals sont toujours à l’étude des espoirs disponibles au premier rang. Le jeune entraîneur-chef Zac Taylor est conscient que ce choix sera critique pour la franchise qui végète depuis trop longtemps et il refuse l’étiquette de perdants qui est accolée aux Bengals par les détracteurs.

«C’est ridicule parce que nous faisons tout en notre pouvoir pour bâtir une équipe de calibre pour un championnat. Il s’agit de passer chez nous pour sentir toute l’énergie qu’y mettent les dépisteurs, les entraîneurs et les joueurs. De beaux jours s’annoncent pour les Bengals», s’est-il exprimé.

Est-ce que cet avenir passe par Burrow? «Toutes les options sont sur la table», a laissé planer le pilote.

Tagovailoa se sent d’attaque  

Si Tua Tagovailoa n’avait pas subi une dislocation de la hanche à la mi-novembre, il serait assurément considéré comme premier choix du repêchage. Le quart-arrière de l’Université de l’Alabama assure toutefois qu’il aura le feu vert des médecins pour reprendre l’entraînement complet dès le 9 mars et qu’il sera fin prêt pour attaquer la saison à venir.

Tagovailoa est apparu aussi rayonnant que détendu lors de son bain médiatique. Il ne pourra pas prouver qu’il est en santé lors des tests physiques au «Combine», mais il entend bien le faire lors de son Pro Day le 9 avril, un mois après avoir reçu l’approbation des médecins.

«Depuis des semaines, je me botte le derrière en réhabilitation et le 9 mars, quand les docteurs me donneront le signal, je pourrai faire tout ce que je veux jusqu’à mon Pro Day.

«Jusqu’ici, l’approche a été graduelle par rapport à ce que je peux faire à l’entraînement. Je renforce toutes les parties autour de ma hanche. J’ai aussi recommencé à lancer. Rien de trop fou, mais je lance. C’est un long processus, mais je m’y suis habitué avec mes blessures précédentes à la main et aux chevilles. Je savais à quoi m’attendre», a-t-il déclaré.

Joueur fragile?

L’état de santé de Tagovailoa, c’est la grande question qui tarabuste les équipes à l’approche du repêchage. Certains ont comparé la blessure subie à celle qui a mis fin prématurément à la carrière du porteur de ballon Bo Jackson, dans les années 1990.

D’autres évoquent le fait que le quart-arrière semble souvent aux prises avec un bobo.

Dans le cadre du «Combine», il a d’ailleurs dû se prêter à différents tests médicaux dans la journée de lundi, de 10 h le matin à 20 h le soir. D’autres évaluations par les médecins d’équipes suivront.

«Si je ne suis pas la personne qu’il faut pour une organisation, alors tant pis. Je dois rester moi-même et une équipe me trouvera», a ajouté celui que plusieurs associent depuis des mois aux Dolphins de Miami, qui détiennent le cinquième choix.

«Je serai reconnaissant à l’endroit de l’équipe qui me choisira, que ce soit au premier, au 32e ou au 200e rang.

Un athlète humble

D’une remarquable humilité, Tagovailoa peine à parler de ses atouts, lâchant même lors de son entrevue que les questions le forçant à parler de lui-même le rendaient «inconfortable».

N’empêche que s’il redevient lui-même sur le terrain, les comparaisons avec les Drew Brees et Russell Wilson ressurgiront bien assez tôt.

«J’essaie de les imiter. Pour moi, ce n’est pas tant ce qu’ils font sur le terrain, parce qu’on sait tous à quel point ils sont bons. Ce qui me frappe plus, c’est le genre de personne qu’ils sont en dehors du terrain, la manière dont ils se comportent comme individus», a mentionné Tagovailoa.

Avant de se blesser en novembre, ce dernier connaissait une autre formidable campagne, avec 33 passes de touchés et trois interceptions, complétant 71,4% d ses passes.