Canadiens de Montréal

Serge Savard remet en question la stratégie de Bergevin

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Serge Savard était un conseiller de Geoff Molson lorsque le propriétaire du Club de hockey Canadien était à la recherche de son prochain directeur général.    

Huit ans plus tard, l’ancien capitaine et ex-DG du Tricolore - qui n’hésitait jamais à conclure une méga-transaction pendant son règne - remet en question la stratégie de Marc Bergevin et son deuxième plan quinquennal.    

Voyez l'entrevue avec Serge Savard dans la vidéo, ci-dessus.   

«Il faut bâtir une équipe par la base. C’est ce que Bergevin a dit (quand il a été embauché), a-t-il raconté à TVA Sports dans une entrevue présentée avant la rencontre opposant le Tricolore aux Sénateurs à Ottawa.     

«Je regarde l’équipe aujourd’hui et elle n’a que deux ou trois joueurs qui ont été repêchés dans les sept dernières années. Les autres sont tous arrivés par la voie des transactions.»    

Même si on ne peut lui reprocher la grande majorité des échanges qu’il a exécutés depuis qu’il est en poste, Bergevin n’a pas été convaincant en ce qui a trait au repêchage et, surtout, au développement des meilleurs espoirs.    

«Avec un plafond salarial, si tu veux survivre, tu dois amener deux ou trois jeunes par année. Ils ne commandent pas un gros salaire.»    

M. Savard cite en exemple l’année d’une des deux conquêtes de l’organisation sous sa gouverne.    

«Quand on a gagné la coupe en 1986, j’avais neuf joueurs issus des repêchages de 1983 et de 1984, mes deux premiers, incluant des joueurs autonomes que j’ai embauchés.     

«On n’aurait pas dépassé le plafond salarial avec ces neuf joueurs.»    

Entraînement Canadiens
Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

Comparer avec les époques glorieuses    

Lorsque M. Savard a été congédié en octobre 1995, il a déclaré être à un joueur près de gagner une troisième coupe dans son mandat. Combien de joueurs faut-il au CH pour espérer mettre fin à sa disette de 27 ans sans championnat?    

«Je ne sais pas», s’est esclaffé un Serge Savard visiblement gêné par la question.    

Alors comment faire pour améliorer le club?    

«Si on va rater les séries, pourquoi ne pas faire jouer les jeunes? Kotkaniemi, faites-le jouer!», conseille-t-il.    

«Quand Stéphane Richer est arrivé à Montréal, avec Sergio Momesso, Claude Lemieux et Patrick Roy, ils ont été intégrés à la formation et ils ont joué. On les a développés. Il faut que tu montes tes jeunes.    

«Sinon ils vont se demander : "Comment se fait-il que nos joueurs ne soient pas bons?"»    

Des printemps sans séries    

Si à l’époque de Savard, tant celle de joueur que de DG, on visait la finale de la coupe Stanley chaque printemps, l’ère moderne en est un triste contraste. Atteindre les séries est un exploit réalisé de peine et de misère. Sa dernière participation à une finale de la Coupe Stanley remonte à l’année de sa dernière conquête : 1993.    

Pour le «Sénateur», il est inconcevable que les Canadiens soient en voie de rater le bal printanier pour une troisième fois en quatre ans.    

«C’est la norme aujourd’hui, déplore-t-il. En début de saison, on se demande s’ils vont faire les séries. Dans mon temps, on se demandait s’ils gagneraient la coupe Stanley.    

«La barre a baissé», remarque-t-il en reconnaissant qu’il est plus difficile d’enlever les grands honneurs aujourd’hui qu’antan.    

La passion du hockey de l’homme de 73 ans est clairement toujours présente.    

«Le feu brûle, certain! Parfois à plusieurs places en même temps!»