Mikaël Lalancette

LHJMQ : Avancer à reculons

LHJMQ : Avancer à reculons

Mikaël Lalancette

Publié 20 février
Mis à jour 21 février

Ça pouvait être une réunion historique.    

Les propriétaires des 18 équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec se sont contentés d’une journée de bla-bla.        

S’ils voulaient projeter l’image d’une ligue immobile, figée dans le temps, incapable de prendre des décisions difficiles, mais nécessaires, ils pouvaient difficilement faire mieux. Alors que tous les regards étaient braqués sur eux. 

Tout ça pour ça?    

C’est la conclusion de cette journée de réunion.     

On n’a rien décidé, rien tranché. On a remis à plus tard des questions qui sont pourtant dans l’actualité depuis 10 ans.    

Les dossiers importants pour le futur de la plus importante ligue de hockey junior au Québec étaient nombreux.    

En premier lieu, les propriétaires ont remis à plus tard tout renforcement des règlements liés aux bagarres.    

Le Commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, s’en est défendu. «Rien ne nous obligeait à tenir un vote aujourd’hui. J’aurais aimé pouvoir vous annoncer qu’on avait quelque chose à annoncer.»    

Ouf...    

On balaie sous le tapis toute proposition.     

Si l’expulsion automatique des bagarreurs ne ralliait pas les deux tiers des propriétaires de la LHJMQ, n’auraient-ils pas pu s’entendre sur une proposition d’amendement?    

Une pénalité de 10 ou 15 minutes pour une bagarre? Des pénalités plus sévères pour les codes d’agresseur et d’instigateur?    

Niet. On n’est même pas passé proche de tenir un vote sur la question.    

S’ils avaient eu un peu de courage, les propriétaires auraient voté contre et renversé la proposition visant à sanctionner plus sévèrement les batailles. Le message aurait été clair.    

On a plutôt décidé de ménager la chèvre et le chou à heure de grande écoute.     

Deuxième dossier : la réduction du calendrier    

Encore là, les propriétaires ont refusé d’envisager sérieusement une réduction du nombre de matchs, figé à 68 depuis 11 ans.    

Malgré les recommandations d’un comité consultatif visant à mesurer les impacts d’une réduction de 4 ou 8 parties, les propriétaires des équipes ont voté sur une proposition de statu quo.    

C’est un très étrange message à envoyer, alors que de plus en plus de jeunes Québécois jonglent avec l’option de quitter le Québec pour les États-Unis, où l’équilibre entre le hockey et les études est meilleur.    

Il fallait être à Québec le 29 janvier pour comprendre à quel point on presse le citron dans les vestiaires de la LHJMQ.    

Les Sea Dogs de Saint-Jean avaient joué sur la route la veille, à Rimouski.    

Ils sont rentrés à Québec à 2 heures mercredi matin. En pleine semaine, dans une ligue où on dit se soucier des études des joueurs.     

Pas besoin de vous faire un dessin : le spectacle a été médiocre. Un produit de mauvaise qualité.     

Mauvais pour les joueurs, mauvais pour les entraîneurs, mauvais pour les recruteurs, mauvais pour les médias...    

Qui gagne à tolérer que la LHJMQ offre ce genre de produit en 2020?    

«C’est à se demander si certains propriétaires sont là pour les bonnes raisons», m’a lancé l’un des propriétaires consultés à l’issue de l’Assemblée des membres.    

C’est une déclaration qui devrait faire sursauter tout le monde autour de la table. Le Commissaire en premier lieu. C’est pourtant le porte-feuille des gros marchés qui a parlé dans ce dossier. Pas le gros bon sens.    

Seule avancée de la journée : on a devancé de dix jours le début de la saison... un retour en arrière de quelques années pour la LHJMQ.    

Le 9 septembre prochain, les 18 formations du circuit Courteau vont lancer leurs activités sans les 60 meilleurs joueurs de la Ligue, partis dans des camps professionnels.    

Les joueurs récalcitrants    

Finalement, dans le dossier des joueurs récalcitrants, la LHJMQ a annoncé la création d’un comité NCAA chargé d’étudier quelques pistes de solution.    

Pas de suspension pour les joueurs qui menacent d'aller aux États-Unis pour négocier où ils pourront jouer dans la LHJMQ.    

Je vous fais une prédiction : il ne se passera rien.     

Ni en juin ni en août.    

Comme aujourd’hui.