Kings c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Price et Weber : les principaux handicaps de Marc Bergevin?

Publié | Mis à jour

Pour une troisième fois en quatre saisons, les Canadiens se dirigent vers un printemps sans séries. 

Dans les rues de Montréal, chaque personne a sa petite idée sur la méthode que devrait utiliser le directeur général Marc Bergevin pour ramener sa formation parmi les puissances de la Ligue nationale de hockey (LNH). 

La virulente sortie de Claude Julien effectuée hier après le match (où il disait ne pas pouvoir enfiler les patins et jouer à la place de ses joueurs) a involontairement fait resurgir une triste réalité dans la tête de certains amateurs. Entre le fameux match de 2007 disputé à Detroit, où l’entraîneur-chef de l’époque, Guy Carbonneau, avait lui aussi publiquement critiqué ses ouailles en point de presse et la désastreuse partie d’hier, rien n’a vraiment changé. 

Les chiffres ne mentent pas. Entre les deux colères publiques de Carbonneau et Julien, il s’est écoulé 13 ans. Combien de rondes éliminatoires le Tricolore a-t-il remportées lors de cette séquence? Six! Dont deux lors des printemps 2010 et 2014. Ça ne laisse pas beaucoup de triomphes pour les onze autres années! 

Mais revenons à Marc Bergevin. Il n’est peut-être pas en poste depuis 13 ans, mais tout comme les hommes qui lui ont succédé, le DG, et c’est tout à son honneur, a toujours fait de son mieux pour aligner la meilleure formation possible sur la patinoire. 

Cette stratégie, bien que louable et compréhensible, apporte toutefois son lot d’ennuis lorsque répétée peu importe le contexte. Autrement dit, pourquoi, voyant que le club plafonne depuis tant d’années, ne pas tenter une reconstruction complète? Pourquoi, considérant le prix que plusieurs équipes sont prêtes à payer pour des joueurs de profondeur, ne pas «vendre» quelques intéressants éléments du club au plus offrant?  

C’est là que le titre de cet article entre en jeu. 

Plusieurs ont dû se demander la raison derrière une telle entête. L’auteur de ses lignes vous propose une hypothèse. Celle-ci n’a pas la prétention d’être scientifiquement prouvée, mais elle peut, à tout le moins, être considérée comme plausible. 

Lorsque Marc Bergevin jette un œil aux joueurs qu’il a sous la main, deux lui apparaissent comme étant d’indiscutables piliers : Carey Price, 32 ans, et Shea Weber, 34 ans. 

Bergevin menotté par ses deux vedettes? 

Soyons honnêtes : malgré l’indéniable apport de ces deux joueurs sur la patinoire, leurs contrats limitent énormément les possibilités de transactions les impliquant.

Price a encore six saisons rémunérées à raison d’un salaire de 10,5M$ à écouler à son entente, alors que Weber, lui, a encore six campagnes (7,8M$) à disputer avant que son contrat ne vienne à échéance. 

Les formations qui peuvent se permettre d’absorber autant d’argent ne courent pas les rues. 

Sachant cela, Marc Bergevin doit donc jouer ses cartes en considérant que son gardien numéro un et son capitaine risquent d’être là pour rester. Et il en est probablement très heureux, ayant de toute façon qualifié ses deux joueurs «d’intouchables» il y a quelques semaines. 

Sauf qu’en alignant deux joueurs comme Price et Weber, se pourrait-il que le directeur général se menotte lui-même lorsque vient le temps, ne serait-ce qu’une petite seconde, de penser à une possible reconstruction? 

Il y a là un cercle vicieux. Price et Weber sont parmi les meilleurs à leur position. Si tu souhaites que ton équipe ait une chance d’être compétitive à court terme, ces deux joueurs sont effectivement indispensables. Mais si tu souhaites rebâtir et penser au futur, la possibilité d’un départ dans leur cas ne doit pas être tabou. 

Pourquoi? Parce qu’il est très légitime de se demander si Price et Weber accepteraient, à ce stade-ci de leur carrière, de prendre part à une reconstruction complète. 

Autant l’homme masqué que le capitaine souhaitent remporter des matchs sur une base régulière. La réaction de Weber (une évidente frustration) après le match face à Detroit le confirme assez bien. Price a lui aussi souligné qu’il souhaitait évoluer rapidement pour une équipe gagnante. 

Marc Bergevin n’est pas dupe. Il sait que Tomas Tatar, Max Domi, Ilya Kovalchuk et Jeff Petry rapporteraient énormément sur le marché des transactions. 

Mais peut-il se permettre de composer avec un gardien et un défenseur (qui gagnent ensemble plus de 18M$ par année) malheureux? La réponse, considérant la profondeur actuelle du club, est non. 

À la lumière de cette information, un évident constat saute aux yeux. Le DG des Canadiens dispose, à court terme, de deux options. Conserver les services de Weber et Price et tenter de les entourer convenablement, ou accepter (et tenter!) de les échanger pour que tout le monde soit sur la même page et accepte de prendre part à une remise à zéro. 

À Marc Bergevin de choisir sur quel pied danser...