LHJMQ

Le gouvernement Legault veut la fin des bagarres

Charles Lecavalier

Publié | Mis à jour

Le gouvernement Legault en appelle à la fin des bagarres dans le hockey junior, alors que la Ligue de hockey junior majeur du Québec se prononcera sur cette question controversée, jeudi.

«On est rendu là, comme société. Ce n’est plus tolérable comme comportement», a lancé la ministre déléguée au Sport, Isabelle Charest, lors d’une mêlée de presse à la sortie du caucus caquiste, mercredi.

Son principal argument : la santé et la sécurité des hockeyeurs, mises en péril par cette pratique «archaïque». «J’ai mentionné à plusieurs reprises ma volonté de faire en sorte que les jeunes évoluent dans un milieu sain. Ça passe par l’interdiction ou la sanction des batailles», a-t-elle indiqué.

«Tout le monde est conscient de la dangerosité des bagarres et des comportements violents dans un contexte de sport», a-t-elle ajouté.

La ministre, ex-patineuse de vitesse et médaillée olympique, «ne comprend pas le besoin de se battre». «Ça n’a jamais été pour moi une avenue de se battre. Je ne vois pas en quoi il faut défouler ses émotions et montrer son leadership en se battant», a-t-elle dit.

Le hockey, ce n'est pas de la boxe

Si la LHJMQ prend cette décision, elle deviendrait la première ligue de hockey junior au Canada à interdire la bagarre.

Mme Charest estime que les arguments probatailles — elles attirent les foules dans les arénas et elles préparent les joueurs au jeu rude de la Ligue nationale de hockey (LNH) — ne tiennent pas la route. «Les autres joueurs dans le monde sont préparés pour la LNH sans se battre», a fait remarquer la ministre.

Quant à la popularité du sport, elle estime que les gens veulent voir de beaux buts, pas des claques au visage. «Le sport, c’est de compter des buts, déjouer et de monter un jeu. La bagarre pour moi, ça n’en fait pas partie. On a encore cette mentalité que les gens, c’est le spectacle qu’ils aiment. Dans la LNH, il y en a de moins en moins [des batailles] et personne ne s’en plaint», a-t-elle souligné.

Les femmes n'aiment pas les batailles

Elle croit même que cette décision pourrait renouveler le public, en allant chercher une clientèle qui n’est pas intéressée par des gens qui «se battent dans les estrades ou qui chialent», par exemple. 

«On veut attirer les femmes à regarder le sport, c’est une clientèle importante. Comme spectatrice, on n’a pas d’intérêt à regarder des batailles. Si on veut voir du monde se battre, on va écouter la boxe», a dit la ministre.