Crédit : JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Mikaël Lalancette

Abolition des bagarres : les regards braqués sur la LHJMQ

Abolition des bagarres : les regards braqués sur la LHJMQ

Mikaël Lalancette

Publié 19 février
Mis à jour 19 février

Les propriétaires des équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec auront des décisions importantes à prendre, ce jeudi, à Montréal.  

Trois dossiers majeurs seront abordés lors l’assemblée des membres de la LHJMQ. 

En premier lieu, l’abolition des bagarres, qui rassemble une majorité de propriétaires du circuit Courteau.   

En dix ans, le taux d’approbation concernant l’interdiction pure et simple des bagarres a connu une forte augmentation au sein de la Ligue et dans l’ensemble de la société. 

Il n’y a toutefois pas d’unanimité sur la proposition d’expulser automatiquement les joueurs qui laissent tomber les gants. C’était ce que plusieurs propriétaires souhaitaient quand ils ont lancé le débat l’automne dernier.  

Les propriétaires en faveur devront représenter les deux tiers des membres pour adopter la proposition d’interdire les bagarres. 

Ce sera intéressant de voir quelle proposition d’amendement pourrait faire avancer le dossier si on réalise que l’expulsion automatique ne rallie pas deux propriétaires sur trois.  

L’ensemble de la société va surveiller attentivement ce que fera la LHJMQ, qui pourrait être avant-gardiste dans les rangs juniors canadiens.  

La Ligue a souvent été un chef de file au pays et plusieurs de ses initiatives ont été imitées par la suite dans l’Ouest et en Ontario. 

Les trois circuits de la Ligue canadienne de hockey sont les seules ligues de développement au monde à tolérer qu’un joueur qui engage une bataille puisse rejouer cinq minutes plus tard. 

Avec tout ce qu’on connaît sur l’enjeu des commotions cérébrales, c’est une position difficile à comprendre. Surtout quand on considère que les joueurs impliqués sont âgés de 16 à 20 ans.  

Plusieurs affirment que les bagarres sont une forme de loi non-écrite du hockey qui encadre les gestes dangereux.  

Pourtant, dans tous les autres circuits qui ont serré la vis aux bagarreurs, il n’y a eu aucune recrudescence des coups dangereux. 

Ça n’a pas empêché non plus les équipes de la Ligue nationale de hockey de repêcher de plus en plus d’Européens et d’Américains, qui n’ont pourtant pas le droit de se battre dans les circuits de développement de leurs pays.  

Même la LNH, une ligue d’athlètes professionnels bien rémunérés, a une moyenne de bagarres par match inférieure aux trois ligues juniors canadiennes! 

Il y a un enjeu de crédibilité pour la LHJMQ : si les propriétaires vont de l’avant avec des mesures de coercition entourant les bagarres, ils auront le devoir de s’assurer que la sanction des coups à la tête et des gestes d’agresseurs soient sanctionnés encore plus sévèrement, par ses officiels et par le préfet de discipline. 

Moins de matchs?

Deuxième point au menu de l’ordre du jour : la réduction du calendrier. 

Un comité a été chargé de présenter une analyse poussée des retombées liées à la réduction du calendrier de 68 parties. 

Trois scénarios seront présentés aux propriétaires des équipes de la LHJMQ : le statu quo, un calendrier de 64 rencontres et une réduction à 60 parties. 

Là encore, il y a de la résistance, surtout de la part des gros marchés pour qui une réduction du nombre de matchs signifie une perte de plusieurs milliers de dollars en revenus. 

Les progrès concernant les études des joueurs ont été spectaculaires depuis 10 ans dans le circuit Courteau, mais il y a encore beaucoup à faire. 

Réduire le calendrier permettrait d’éliminer des matchs en semaine. C’est un pas dans la bonne direction si on veut aider les jeunes à consacrer plus de temps à leurs études.  

Certains autres points pourraient aussi être discutés, comme la refonte complète des divisions et du calendrier et un changement du nouveau format des séries, qui est loin de faire l’unanimité. 

Finalement, certains propriétaires voudraient la tenue d’un vote concernant les joueurs récalcitrants, qui décident d’opter pour les collèges américains.  

Plusieurs croient que les joueurs, et leurs agents, se servent de l’avenue américaine pour négocier où ils joueront dans la LHJMQ.  

Ainsi, ils aimeraient tenir un vote sur une proposition qui prévoirait une sanction pour un joueur qui quitte pour les États-Unis. Un peu à l’image d’un joueur qui perd son éligibilité pour la NCAA en jouant pour une équipe de hockey junior au Canada. 

En juin dernier, le sujet avait enflammé quelques directeurs généraux la veille du repêchage de la LHJMQ à Québec. 

Patrick Roy des Remparts de Québec et Serge Beausoleil de l’Océanic de Rimouski avaient dénoncé la stratégie des joueurs récalcitrants, en rappelant que la LHJMQ ne devait pas servir de plan B. 

Si un règlement avait été adopté l’an dernier, l’Océanic n’aurait pas pu aligner Zachary Bolduc, qui avait joué l’Académie Mount St. Charles dans le Rhode Island dans le but de faire le saut dans la NCAA. Il a finalement décidé de jouer à Rimouski.  

C’est un pensez-y bien. Un vote en ce sens pourrait avoir des conséquences majeures pour la suite des choses.  

Là encore, il n’y a pas de consensus.  

Bref, de beaux débats en perspective!