Impact de Montréal

Crédit : Pierre-Paul Poulin / JdeM

Impact de Montréal

Ça ne sera pas facile pour l'Impact...

Dave Lévesque

Publié | Mis à jour

Si l’Impact veut revivre la folle épopée de 2015 en Ligue des champions, il va d’abord devoir écarter de son chemin le Deportivo Saprissa, ce qui ne sera pas une mince tâche.  

Pour les hommes de Thierry Henry, le premier choc aura lieu ce mercredi au Costa Rica. Les deux équipes compléteront ce duel de deux matchs le 26 février au Stade olympique.    

Le club de la capitale nationale, San José, est une véritable institution chez les Ticos avec ses 34 championnats.  

Les amateurs de foot n’aiment pas les comparaisons avec les autres sports, mais nous dirons simplement que ce sont le Canadien ou les Yankees du petit pays d’Amérique centrale.  

Saprissa trône actuellement au 1er rang du championnat de fermeture de la Liga FDP, circuit national qui regroupe une douzaine de clubs.  

Comme beaucoup de ligues latino-américaines, la Liga FDP fonctionne selon un calendrier d’ouverture, l’automne, et un calendrier de clôture, l’hiver.  

Saprissa a terminé au second rang l’automne dernier et s’est incliné en demi-finale contre Herediano. L’équipe, nouvellement dirigée par Walter Rye, s’est façonné une fiche de 13 victoires, 5 défaites et 4 verdicts nuls, marquant 50 buts et en accordant 30.  

Au moment d’écrire ces lignes, le club de la capitale occupe le premier rang avec une fiche de six victoires, deux défaites et un verdict nul.  

Tradition  

Saprissa jouit d’une longue tradition d’excellence, comme en témoignent ses 34 championnats. Le club en est à une 9e présence dans les diverses incarnations du championnat de la CONCACAF, ayant remporté la Coupe des champions à trois reprises (1993, 1995, 2005).  

La victoire de 2005 lui a permis de connaître un beau parcours en Coupe du monde des clubs. Après une victoire contre un club australien en quarts de finale, Saprissa s’est buté à Liverpool en demi-finale.  

L’équipe costaricaine a toutefois mis la main sur la troisième place en défaisant une formation d’Arabie saoudite. L’histoire du club se traduit également à l’extérieur du terrain, notamment avec la Ultra Morada (les Ultras violets), le plus vieux groupe d’Ultras du Costa Rica qui a été fondé en 1995.  

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Crédit photo : AFP

Bonne attaque  

Si le jeu défensif de Saprissa peut soulever des doutes, l’équipe compte sur plusieurs joueurs offensifs de qualité.  

Johan Venegas, bien connu chez les amateurs de soccer de Montréal, a inscrit neuf buts lors du championnat d’automne, tout comme la jeune sensation de 17 ans Manfred Ugalde.  

Celui-ci a d’ailleurs été fort efficace en Ligue de la CONCACAF, le tournoi qualificatif menant à la Ligue des champions, avec quatre filets. Venegas a toutefois reçu le Soulier d’or du tournoi avec sept buts.  

Il ne faudra pas non plus négliger l’ancien des Whitecaps de Vancouver Christian Bolanõs, qui a inscrit cinq buts au cours du championnat d’automne.  

Pour en revenir à la Ligue de la CONCACAF, Saprissa a pratiquement survolé la compétition avec une fiche de 7-2-1 avec 17 buts marqués contre 8 encaissés.  

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Crédit photo : AFP

Riche passé  

Saprissa est l’équipe la plus titrée du Costa Rica avec 34 championnats de première division.  

Le Deportivo Saprissa est une équipe au riche passé dont la fondation remonte au 16 juillet 1935 par Beto Fernandez qui en jette les bases dans un magasin de chaussures de San José.  

En 1949, le club fait ses débuts en première division du Costa Rica.  

En 1952, Saprissa remporte un premier titre en première division.  

Saprissa remporte six titres nationaux consécutifs entre 1972 et 1977.  

En 1993 et 1995, l’équipe triomphe deux fois à la Coupe des champions de la CONCACAF.  

Au tournant du millénaire, Saprissa est désignée Équipe du siècle dans la CONCACAF.  

En 2005, le club remporte son troisième titre de la CONCACAF et termine au 3e rang à la Coupe du monde des clubs, au Japon.  

EXPÉRIENCE DE LA MLS  

Trois joueurs de Saprissa ont déjà évolué en MLS  

► Johan Venegas : Attaquant  

C’est celui que les partisans de l’Impact connaissent le plus puisqu’il a porté les couleurs du Bleu-blanc-noir d’août 2015 à janvier 2017. À Montréal, il a disputé 32 parties et 1429 minutes, amassant deux buts et une passe. Il a par la suite été échangé au Minnesota, où il est resté de janvier 2017 à janvier 2019, étant toutefois prêté à son équipe actuelle pendant la saison 2018.
Il a disputé 21 matchs, pour 1207 minutes, récoltant deux buts et cinq aides.  

► Christian Bolanõs : Attaquant  

Il a porté les couleurs des Whitecaps de Vancouver de janvier 2016 à janvier 2018. En 38 parties, il a joué 3745 minutes, marqué 5 buts et récolté 13 aides.  

► Esteban Rodriguez : Milieu  

Il a effectué un bref passage à Vancouver en prêt d’août 2015 à décembre 2016. Il a disputé 24 matchs et un peu plus de 1600 minutes.
Il n’a obtenu aucun point.  

CALENDRIER INVERSÉ  

Pas facile pour la MLS  

Il n’est pas évident pour les équipes de MLS de rivaliser dans la Ligue des champions de la CONCACAF.  

Le problème n’en est même pas un de calibre de jeu, mais plutôt de préparation.  

Car contrairement aux autres formations qui participent à la compétition continentale, les clubs du circuit Garber le font avant même de disputer un premier match de saison régulière.  

Pendant ce temps, les autres formations qui participent aux quarts de finale sont en plein milieu de leur saison.  

Ce n’est donc pas une mince affaire de préparer une équipe pour un match d’aussi grosse importance lorsqu’il s’agit d’une toute première partie compétitive en début de saison.  

Peu compétitif  

Le principal problème pour les formations de la MLS, l’Impact et quatre équipes américaines vient évidemment du fait que l’équipe est encore en phase de rodage.  

De ce fait, rares sont les formations qui ont l’occasion de jouer des matchs dans un contexte où elles doivent être compétitives.  

Dans cet esprit, l’Impact a accepté, la semaine dernière, de faire plus de deux heures de route dans le lourd trafic entre Tampa Bay et Orlando afin d’aller affronter l’Orlando City SC.  

Le Bleu-blanc-noir a accepté l’invitation parce que la partie a été disputée au Exploria Stadium devant environ 2000 spectateurs, ce qui a donné une sensation véritable de match aux hommes de Thierry Henry.  

En construction  

L’autre problème vient du fait que les équipes venues du nord se présentent pour leur premier match « à froid » et en cours de construction.  

Comme c’est généralement le cas dans le monde du soccer, il y a passablement de changement de personnel pendant la saison morte, et tout ce beau monde apprend à travailler ensemble.  

En début de saison dans la MLS, ça ne paraît pas trop puisque tout le monde part du même point.  

Mais face à des équipes en milieu de saison, l’écart est souvent appréciable.  

Remarquez que l’Impact avait procédé à de nombreux changements pendant l’hiver 2015 et s’était quand même rendu en finale de la Ligue des champions, comme quoi ce n’est pas un frein.