Michel Bergeron

Canadiens: à l'an prochain!

Canadiens: à l'an prochain!

Michel Bergeron

Publié 15 février
Mis à jour 15 février

C’est la fin. Le peu d’espoir qu’il restait aux Canadiens de Montréal de participer aux séries éliminatoires s’est envolé en fumée.  

C’était quand même à prévoir, avouons-le, et ce, depuis un bon bout de temps. On sent petit à petit que l’équipe commence à baisser les bras. Une réaction parfaitement normale pour des joueurs la plupart du temps surtaxés cette saison et qu’on sent au bout du rouleau.   

Le Tricolore a collectivement donné ce qu’il avait à donner. Mais ce n’était pas assez.  

Est-ce que ça veut dire qu’ils vont abandonner? Je ne crois pas. Plusieurs joueurs ont des choses à prouver – ou à se faire pardonner – sur le plan personnel.  

Peut-on blâmer Price? 

Montréal est dur envers son gardien vedette, Carey Price. Parfois à tort, parfois à raison.  

Mais peut-on réellement mettre le blâme de cette saison décevante sur les épaules du joueur le mieux payé de l’équipe?  

Non.  

Price se retrouve assurément dans l’un des postes les plus difficiles à assumer dans toute la Ligue nationale de hockey. Être le gardien partant des Canadiens de Montréal, tout en étant son joueur le mieux payé, et ce, en évoluant devant une équipe moyenne soir après soir représente une pression inouïe.  

Carey Price est un peu pris en otage avec le CH. On lui demande littéralement l’impossible, soit de remporter des matchs à lui seul plus souvent qu’à son tour afin d’offrir la plus minime chance à une équipe moyenne de faire les séries. On ne peut pas demander à un seul joueur de mener une équipe à la danse printanière, c’est tout simplement inhumain.  

Catastrophiques substituts 

En prime, depuis le départ de Jaroslav Halak en 2010, jamais les Canadiens n’ont été en mesure d’offrir un auxiliaire fiable à Price. D’Antti Niemi à Keith Kinkaid en passant par Mike Condon, la gestion des gardiens substituts a été une véritable catastrophe à Montréal.   

J’ai hâte d’entendre le no 31 au bilan de fin de saison. Ça fait quelques saisons déjà qu’il clame haut et fort son désir de jouer pour une équipe gagnante. J’imagine qu’il doit commencer à se demander si Marc Bergevin et le Bleu-Blanc-Rouge pourront lui offrir cette chance dans les prochaines années. Si la réponse est non, il faudra envisager une transaction afin de lui démontrer du respect et lui donner la chance de gagner avant qu’il ne se retire.  

Et le repêchage... 

Quel malaise j’ai éprouvé, lundi dernier, quand j’ai vu le Tricolore inviter certains des plus beaux espoirs de la LHJMQ au Centre Bell dans le cadre du dévoilement du logo du prochain repêchage qui aura lieu en ville les 26 et 27 juin.  

Un malaise parce que le Tricolore n’a pas osé faire confiance aux vrais talents québécois au repêchage depuis je ne sais combien d’années. C’est un peu comme si on disait aux gens de Montréal : «Voici les meilleurs espoirs du Québec. Profitez-en parce qu’on n’en réclamera pas un.»  

Ça me fait rire parce qu’on dirait chez le Tricolore qu’on continue d’utiliser l’exemple de Louis Leblanc pour excuser le fait qu’on ne choisit pas de Québécois dans les premières rondes du repêchage. Si Leblanc n’était pas un bon espoir, c’était à eux de ne pas le prendre!  

Le problème dans tout ça, ce n’est pas que Leblanc était un Québécois, mais qu’encore une fois, l’équipe de recruteurs des Canadiens a fait un mauvais travail d’évaluation avec son choix de premier tour.  

S’il est vrai que le ridicule ne tue pas, certaines têtes dirigeantes du Tricolore vivront longtemps.  

Chara et Kassian 

La Ligue nationale de hockey a imposé une amende de 5000$ à Zdeno Chara pour un coup de bâton dans le cou de Brendan Gallagher. Pardon? 5000$ pour un coup de la sorte? Je veux bien comprendre que Gallagher est haïssable sur la patinoire mais je me demande comment on peut ne pas suspendre un joueur pour un tel geste. Ironique, quand même, que les partisans du Canadien aient réservé un ovation debout à Chara quand il avait joué son 1500e match dans la LNH. On a la mémoire courte à Montréal... En plus, la LNH a suspendu Zack Kassian pour sept matchs pour avoir asséné un coup de patin en pleine poitrine d’Erik Cernak jeudi soir. Encore une fois, on a manqué une belle occasion de passer un vrai message. Si j’avais été le préfet de discipline, il serait suspendu pour le reste de la saison. Un patin avec une lame finement affutée est une arme et les conséquences auraient pu être bien plus graves. 

Boudreau dehors 

Le Wild du Minnesota a décidé de congédier son entraîneur Bruce Boudreau hier. Un autre entraîneur qui n’avait pas de club et qui ne pouvait que répéter qu’il aimait l’effort de ses joueurs. Boudreau n’était pas l’homme du nouveau directeur général de l’équipe, Bill Guerin, et ce dernier a décidé d’aller dans une autre direction. Je ne pense pas que le plan au Minnesota soit de rebâtir. On espère mettre sur la glace une équipe compétitive rapidement. Dans le cas de Boudreau, ce sera difficile pour lui de se trouver un nouvel emploi dans la Ligue nationale de hockey. 

Vive les pee-wee 

Le Tournoi international de hockey pee-wee de Québec bat son plein depuis mercredi à Québec. Je tiens à souhaiter la meilleure des chances à toutes les équipes présentes. Je le dis chaque année, mais j’ai tellement de bons souvenirs de ce tournoi à l’époque où je dirigeais les Nordiques de Québec. Maurice Fillion et moi nous faisions un devoir d’assister à au moins une journée de ce bel événement. On avait tellement de plaisir à regarder ces jeunes se défoncer. Et, de grâce, qu’on les laisse s’amuser. La victoire ou la défaite ne sont pas ce qu’il y a de plus important. Ce tournoi restera l’un de leurs plus beaux souvenirs de jeunesse.