Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

LHJMQ

Pas prêts à renoncer aux combats

Roby St-Gelais

Publié | Mis à jour

La LHJMQ tiendra un vote historique la semaine prochaine concernant l’abolition des bagarres sur ses patinoires. Les joueurs, qui sont les principaux concernés, ne sont pas tout à fait prêts à renoncer à leur droit de jeter les gants.

Si le règlement est entériné par les deux tiers des membres représentant les propriétaires à la réunion, la LHJMQ deviendrait la première des trois ligues régionales sous l’égide de la Ligue canadienne à expulser automatiquement deux joueurs qui en viennent aux coups. Cette orientation ferait quasiment l’unanimité chez les 18 propriétaires. Le collègue Mikaël Lalancette, de TVA Sports, avait obtenu l’exclusivité en décembre dernier.

L’échantillon est mince, mais les quatre joueurs interrogés par Le Journal estiment que les combats ont encore leur place et que de les éliminer complètement pourrait augmenter le nombre de coups dangereux en dépit de l’absence de représailles potentielles.

Ces quatre patineurs évoluant dans le circuit Courteau depuis quelques saisons s’entendent également sur un point : les mesures adoptées au cours des dernières années pour dissuader les joueurs de valser ont eu des effets positifs, comme en témoignent les chiffres avancés par la LHJMQ. De 0,9 combat par partie en 2007-2008, la moyenne se situe cette saison à 0,26.

«Ce n’est pas moi qui vais décider et plusieurs règles ont été mises en place pour protéger les joueurs. Il y a moins de bagarres qu’auparavant, mais dans le feu de l’action ou après une mise en échec douteuse, je ne me vois pas être contre ça. En fin de compte, ce n’est pas nous qui prenons la décision et on va respecter ce qui va arriver», a soutenu l’attaquant vedette des Wildcats de Moncton, Jakob Pelletier.

Des pour et des contre

Joueur le plus réprimandé par les officiels depuis le début de la campagne avec 104 minutes de pénalité, Thomas Caron croit que la disparition des bagarres pourrait modifier le style de jeu pratiqué à travers la ligue.

«Ç’a des pour et des contre. Les pour, c’est par rapport aux blessures qui touchent à la tête. Les contre, au niveau du jeu, ça va peut-être changer un peu [...] Moi, je suis contre, il faut que ça fasse partie du hockey. Il faut que personne ne cherche ça, mais il faut que ça fasse partie du jeu, sinon, ça va juste dénaturer le hockey.

«Si personne n’est là pour régler les problèmes, il y aura de petits coups salauds, car personne ne va pouvoir [se battre]. Les propriétaires vont faire ce qu’ils ont à faire, ce sont eux qui décident, mais j’espère qu’ils vont prendre la bonne décision», a indiqué l’attaquant des Remparts de Québec.

Même son de cloche pour le vétéran défenseur de l’Océanic de Rimouski, Anthony D’Amours.

«Je pense qu’il y a encore un peu de place pour ça, pour remettre un gars à sa place après un mauvais coup. Mais je fais confiance aux autorités de la Ligue pour statuer. Nous sommes conscients qu’il n’y a presque plus de bagarres», a commenté celui qui a récemment laissé tomber les gants contre Matt Gould, des Sea Dogs de Saint John.

Même intensité

Édouard St-Laurent, qui en est à sa quatrième équipe avec les Foreurs de Val-d’Or, préfère voir les aspects positifs d’une future politique de la sorte.

«Ce serait différent, mais les gens vont s’habituer. Pour moi, il n’y a pas une solution meilleure qu’une autre. C’est déjà bien qu’il y ait moins de bagarres. Cela dit, ça permet parfois d’aller chercher de l’intensité et du momentum, mais si la ligue décide ça, il y aura du positif et ça ne changera pas le niveau d’intensité», a plaidé le patineur de 19 ans. Un sujet qui n’a pas fini de faire jaser.