Impact de Montréal

Olivier Renard poursuivi

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Comme si l’Impact n’en avait pas assez sur les bras avec le dossier Ignacio Piatti qui traîne en longueur, voilà que le directeur sportif, Olivier Renard, fait l’objet d’une poursuite au civil déposée par son ancien club, le Standard de Liège.    

Selon ce que rapporte la RTBF, Renard se retrouve plongé au cœur du «Footgate», un scandale qui a ébranlé le soccer belge en 2018. Le principal suspect dans cette affaire, l’agent serbe Dejan Veljkovic, est passé à table et a collaboré avec la justice belge afin de préciser son implication et celle de tiers dans cette affaire de fausses factures et d’escroquerie.        

Renard a réagi par l’entremise d’une déclaration transmise par le directeur des communications de l’Impact.    

«Je prends connaissance des informations me concernant publiées sur le site internet de la RTBF, un média belge. Aucune des accusations portées arbitrairement contre moi n’est correcte. Je n’ai jamais perçu la moindre [rétro] commission sur quelque transfert que ce soit.»    

«L’entièreté des rémunérations obtenues durant ma carrière provient de versements réalisés par les clubs qui ont fait appel à mes services et constitue la stricte conséquence de mon travail. Ces informations diffamatoires et calomnieuses me portent préjudices. Elles affectent mes proches et nuisent à mon image. Je me réserve donc une réaction judiciaire à ce sujet.»    

  

  

Abus de confiance  

Dans la plainte déposée par le président du Standard, Bruno Venanzi, il est question d’escroquerie, d’abus de confiance, de faux et d’usage de faux.
Outre Renard et Veljkovic, cette plainte vise trois autres personnes qui ne sont pas nommées.  

Elle vise également l’ancien entraîneur du Standard Aleksandar Jankovic.  

Jankovic, qui est aujourd’hui entraîneur de l’équipe nationale U20 de la Chine, a affirmé à la RTBF entendre parler de tout ça pour la première fois.  

Jankovic et Renard se sont connus à Malines, où le premier était entraîneur et le second était adjoint au directeur sportif.  

Selon ce que rapporte la RTBF, le stratagème de Veljkovic était relativement simple. Il signait un contrat avec un club dans le cadre d’un transfert opéré par sa société.  

Pour faire en sorte que le salaire du joueur transféré soit moindre, il aurait offert une convention de recrutement au club concerné, une entente s’étalant sur plusieurs années et pour des montants importants qui dépassaient largement les tâches reliées aux rapports de recrutement qu’il aurait fournis.  

Des fausses factures auraient été émises, ce qui aurait permis entre autres d’éluder l’impôt et de payer des rétrocommissions à divers acteurs impliqués dans le dossier.  

Entre 2016 et 2018, Liège a conclu plusieurs transferts par l’entremise de Veljkovic pour Filip Mladenovic, Milos Kosanovic, Gojko Cimirot de même que l’entraîneur Aleksandar Jankovic.  

Et toujours selon la radio d’État belge, tous ces contrats auraient passé entre les mains d’Olivier Renard.  

Des versements considérables  

La RTBF donne d’ailleurs quelques exemples de transferts opérés avec ce stratagème. Ceux-ci se retrouveraient dans un carnet noir qui serait désormais en possession des autorités belges.  

En octobre 2016, un contrat de recrutement a été conclu entre le Standard et la société Colt Sport pour près d’un million d’euros (1,45 M$ CA), dont 340 000 euros (494 000 $ CA) ont été payés en deux tranches.  

Selon ce que Dejan Veljkovic aurait admis, 200 000 euros (290 000 $ CA) auraient été versés à Aleksandar Jankovic et 20 000 euros (29 000 $ CA) à Renard.  

Dans le transfert de Gojko Cimirot, il y aurait eu entente pour le paiement de 100 000 euros (145 000 $ CA) en cinq versements de 20 000 euros (29 000 $ CA) et cette somme devait être divisée en trois, dont un tiers devait aller à Renard. Mais seule la première tranche aurait été versée.  

Selon la RTBF, c’est près d’un million d’euros (1,45 M$ CA) qui ont été délestés des coffres du Standard.