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Alexis Lafrenière ne pourrait pas demander mieux

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On est en fin de journée. Le panorama est magnifique le long de la Promenade de la mer. Le soleil se couche sur le Saint-Laurent, qui est recouvert d’une épaisse glace. C’est un régal pour les yeux. Un sentiment de bien-être vous envahit.   

À moins de trois kilomètres de là, sur la 2e Rue Ouest, se trouve le Colisée Financière Sun Life, domicile de l’Océanic de Rimouski. C’est là que se produit, depuis trois ans, Alexis Lafrenière, premier espoir mondial du prochain repêchage de la Ligue nationale de hockey.   

Des moments grisants attendent le jeune homme au cours des prochains mois. En avril, la loterie du repêchage de la LNH déterminera l’équipe avec laquelle Lafrenière entreprendra sa carrière professionnelle.   

Le 26 juin, il enfilera le chandail de cette formation devant ce qui devrait être une salle comble au Centre Bell. La scène devrait donner lieu à la plus grande ovation de l’année au domicile du Canadien.   

Les partisans du Tricolore prient pour que Lafrenière endosse le chandail de leur équipe ce jour-là. Verriez-vous ça?   

Heureux hasard  

Mais Lafrenière a d’autres priorités à son agenda d’ici là. Il aimerait aider l’Océanic à remporter une quatrième coupe du Président en 25 ans d’histoire. Les études meublent aussi son emploi du temps.   

Lafrenière se plaît à Rimouski. À l’âge de 3 ans, il portait déjà un chandail de l’Océanic au nom de Sidney Crosby que lui avaient acheté ses parents. Comme pour bien des jeunes de cette époque, Crosby est devenu son idole quand il s’est joint aux Penguins de Pittsburgh.   

En 2015, le sort a permis que l’Océanic mette la main sur Lafrenière à la loterie du premier choix du repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.   

Alexis a donc fait ses bagages pour aller vivre à 567 km de Saint-Eustache, où il avait vécu avec ses parents et sa sœur aînée durant les 15 premières années de son existence.   

Encadrement idéal  

Il n’était pas le premier joueur de hockey à vivre ça. N’empêche que c’est jeune pour quitter le domicile familial. Les parents sont toujours inquiets de voir partir un de leurs rejetons à cet âge.   

«J’étais un peu enfant», convient Lafrenière.   

Mais il se retrouvait dans un environnement dont la réputation n’était plus à faire. Vincent Lecavalier, Brad Richards, Sidney Crosby, Michel Ouellet, Éric Bélanger, Frédérick Gauthier et plusieurs autres noms connus étaient passés à Rimouski avant lui.   

L’Océanic est une organisation de première classe.   

«Je ne pouvais pas demander mieux», continue Lafrenière.   

«L’organisation est parmi les meilleures au Canada au niveau junior. Je suis dirigé par de bons entraîneurs et entouré de bons coéquipiers. J’ai grandi et gagné en maturité. Je me considère chanceux.»   

Vie hors glace normale  

Lafrenière est tout ce qu’il y a de plus simple. La grande attention dont il est l’objet semble le mettre mal à l’aise. On le sent un peu intimidé.   

Ses connaissances disent qu’il parle peu. Il n’a rien d’un Alexandre Daigle. Personnellement, il me rappelle Pierre Turgeon au même âge.   

Turgeon n’était pas bavard devant les calepins de notes et les caméras. Il est sorti de sa coquille au fil des années.   

C’est normal, quand on y pense. On oublie que les joueurs de 18 ans doivent faire face à un univers d’adultes. Mais ça s’inscrit dans la nature de la carrière qu’il a choisie pour gagner sa croûte.   

Lafrenière se questionne-t-il à cet égard ? Se dit-il qu’il ne mène pas une vie ordinaire? Se demande-t-il «pourquoi lui»?   

«Je pense mener la vie normale d’un gars de 18 ans à l’extérieur de l’aréna», répond-il.   

«Je sors avec mes amis. On s’organise des activités. Mais à l’aréna, c’est sérieux. Je me concentre sur ce que je dois faire. J’essaie de m’améliorer de jour en jour.»   

Comme Sidney Crosby  

C’est sur une patinoire qu’il est le plus heureux. Il a le sourire facile dans les entraînements. Il est comme Sidney Crosby au même âge. Celui que l’on surnommait le Kid pensait, mangeait et dormait hockey.   

Lafrenière est pas mal comme ça. Lorsque son entraîneur, Serge Beausoleil, veut le punir, comme il le dit, il le somme de ne pas se présenter à l’aréna et de faire autre chose pour se changer les idées.   

«Il aime jouer avec les rondelles, il a l’air d’avoir 4 ans dans ce temps-là», raconte-t-il.   

Le hockey fait partie de la vie de Lafrenière depuis aussi loin qu’il puisse se souvenir.   

«Ça a toujours été ma passion. C’est la chose que j’aime faire le plus, indique-t-il. «J’oublie tout ce qui se passe à l’extérieur. Je me concentre à devenir le meilleur joueur possible.»   

Compte tenu de son jeune âge, Lafrenière a vite su qu’il pouvait aspirer à une carrière dans le hockey.   

«En grandissant, tu vois que tu peux accomplir quelque chose avec ton talent, dit-il. Tu peux bâtir là-dessus, si tu y mets les efforts. Tu deviens sérieux en grandissant. Le hockey est ta priorité. Il y a des journées moins bonnes que d’autres, mais quand tu veux atteindre l’objectif que tu t’es fixé, la motivation reprend vite le dessus.»   

Lafrenière est humble. Il n’est pas vantard pour deux sous. Il n’aime pas parler de lui pour une raison fort simple.   

«Le hockey est un sport collectif», rappelle-t-il.   

«Je ne suis pas seul sur la glace. Je fais partie d’une équipe. J’ai des coéquipiers et des entraîneurs qui m’aident. Je ne pense pas qu’ils reçoivent le mérite qui leur revient. C’est important de le mentionner.»   

«Ces gens font vraiment partie de ma vie. Ils m’aident beaucoup.»   

Océanic pour toujours  

Lafrenière et tout le monde chez l’Océanic auront sans doute le cœur gros quand ils se quitteront au printemps.   

La jeune vedette ne reviendra probablement pas à l’automne. Il entamera sa carrière professionnelle à Detroit, à Los Angeles, au New Jersey, à Ottawa ou peut-être à Montréal, qui sait?   

Mais, comme chez tous les joueurs qui ont fait leur apprentissage au niveau junior à Rimouski, l’Océanic aura toujours une place dans son cœur.