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Crédit : Dominick Gravel/Agence QMI

Canadiens de Montréal

Michael McNiven saisit chaque occasion

François-David Rouleau

Publié | Mis à jour

Laval, c’est la signification de la «maison» dans la tête de Michael McNiven. La congestion devant les filets de l’organisation du Canadien et l’épineuse situation de Keith Kinkaid l’ont éloigné de la Place Bell. Sa patience et sa ténacité sauront un jour le récompenser. 

En traînant ses jambières sur le littoral de l’Atlantique en protégeant les filets de trois équipes de bas de classement de la Ligue de la Côte Est (ECHL), le gardien de 22 ans a rongé son frein cette saison. Pas l’idéal lorsqu’on en est à la dernière année de son contrat d’entrée chez les pros. 

McNiven n’a jamais perdu patience. Il s’est plutôt retroussé les manches afin de présenter des statistiques intéressantes derrière des brigades défensives figurant parmi les pires du circuit secondaire américain. Avant de quitter les Admirals de Norfolk pour rentrer à Laval, il affichait une efficacité de ,909 à ses 22 matchs cette saison. 

Une donnée d’ailleurs plombée par ce passage de huit rencontres à protéger le filet de l’une des moins efficaces défensives de l’ECHL. Les Admirals viennent au 24e rang dans cette colonne parmi les 26 formations de la ligue. 

Avec les 722 rondelles dirigées vers lui à ses arrêts à Jacksonville, Adirondack et Norfolk, McNiven était l’un des gardiens les plus sollicités de la ligue en raison de ses 22 présences. 

Positivisme 

Devant son lot de difficultés, le portier n’a jamais oublié ses objectifs. Il ne pouvait surtout pas s’apitoyer sur son sort dans le marché naval de la Virginie. De toute façon, ce n’est pas dans son ADN de compétiteur combatif. 

«J’ai gardé une mentalité positive. Chaque soir, je me couchais en ayant crocheté chacune des boîtes de choses à faire pour revenir dans la Ligue américaine. Et le lendemain, je me levais avec les mêmes intentions de tout faire correctement, a raconté celui qui a évolué durant deux saisons avec le Rocket avant de traîner son baluchon cette année. 

«Ç’a fonctionné, car je suis revenu, a-t-il poursuivi après sa victoire contre les Comets de Utica. Je suis heureux d’avoir cette opportunité. Je vais continuer ce même travail chaque jour.» 

Lorsqu’il a reçu l’appel du Rocket en début de semaine, McNiven a douté. La dernière fois qu’il avait décroché, on l’envoyait plutôt dans un autre marché dans les jours suivants. 

Le hasard et un virus courant dans le vestiaire du Canadien lui ont accordé cette opportunité qu’il attendait depuis le début de la saison. Cayden Primeau rappelé d’urgence au New Jersey, Keith Kinkaid présentant d’affreuses statistiques et quatre défaites de suite ont amené l’entraîneur-chef Joël Bouchard à l’envoyer dans le feu de l’action. 

Quel avenir ? 

Sans faire de miracles devant sa cage, McNiven a démontré sa résilience et sa combativité dans l’adversité. Le Rocket a perdu son avance à quatre reprises face aux Comets, et malgré tout le gardien n’a pas craqué aux dires de l’instructeur, satisfait de son travail. 

«Il a fait tout ce qu’on lui a demandé depuis le début de la saison, a indiqué Bouchard. Si ce départ n’était pas mérité, on ne l’aurait pas envoyé devant le filet. Il a amené ce que l’on voulait qu’il amène durant ce match.» 

Devant la situation des gardiens à Laval, McNiven ne sait pas ce que lui réservera l’avenir à court et moyen terme. Mercredi soir, il n’avait encore reçu aucune indication de sa planification des prochains jours. Il préférait savourer le moment présent. 

Bouchard savait par contre qu’il devait réfléchir à la stratégie à adopter devant le filet. «Nous sommes conscients de la réalité. Michael jouait dans une équipe de la ECHL à laquelle nous ne sommes pas affiliés. Le plus important, c’est que les gars jouent. À court terme, il faudra discuter de la situation.» 

Un proverbe américain colle bien au scénario rocambolesque de McNiven en cette saison 2019-2020 : «la patience et la détermination conquièrent tout». 

Voyons s’il saura s’adapter au filet du Rocket.