Crédit : AGENCE QMI / JOURNAL DE MONTREAL

MLS

La MLS et ses joueurs s’entendent jusqu’en 2024

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La Major League Soccer et l’Association des joueurs ont annoncé jeudi avoir conclu une entente pour une nouvelle convention collective qui s’étalera sur cinq ans, jusqu’à la fin de la saison 2024.L’entente précédente était échue depuis le 31 janvier, mais il n’y a jamais eu menace de grève.

Pour la première fois depuis longtemps, les joueurs semblent être les grands gagnants de ce nouveau pacte qui va leur donner un plus grand accès au statut de joueur autonome, à plus de vols nolisés et à des augmentations de salaire substantielles.

«Nous avons atteint plusieurs des objectifs que nous nous étions fixés et nous en sommes très satisfaits et je crois que l’ensemble des joueurs l’est aussi», a expliqué le gardien Evan Bush, représentant des joueurs de l’Impact qui faisait partie du comité de négociations.

Autonomie

Un des grands gains des joueurs est de voir l’autonomie devenir accessible à compter de 24 ans pour autant que le joueur cumule cinq saisons d’expérience en MLS.

Auparavant, les joueurs devaient avoir 28 ans et posséder au moins huit années de service.

«Nous voulions améliorer l’équilibre de la compétition à travers la ligue et la ligue a embarqué avec nous en éliminant certaines restrictions. Avant, environ 11 % des joueurs y avaient droit et ce nombre va pratiquement doubler», a expliqué Bush.

Qui plus est, les équipes pouvaient dépenser jusqu’à concurrence de 8 490 000 $ en salaires en 2019 et cette somme va évoluer jusqu’à 11 643 000 $ annuellement en 2024.

Mieux rémunérés

En plus d’obtenir une meilleure couverture d’assurance et un fonds de pension bonifié, les joueurs vont aussi voir leurs salaires progresser de façon importante.

Un effectif compte 30 places, dont 20 sont considérées comme séniors et le reste comme la réserve.

En 2019, le salaire minimum pour un joueur avec le titre sénior était de 70 250 $. Il sera de 109 200 $ en 2024 avec des bonis pouvant atteindre 35 000 $. En ce qui concerne les joueurs dits de réserve, leur salaire minimum va passer de 56 250 $ en 2019 à 85 000 $ en 2024 avec des bonis pouvant aller jusqu’à 53 000 $.

«Quand je suis sorti de l’université, le salaire minimum était de 12 500 $.

«Le salaire minimum pour les postes de réserve augmente considérablement aussi avec des bonis qui sont intéressants», se rappelle Bush qui a obtenu son diplôme de l’Université d’Akron en 2008.

De plus, tous les contrats seront garantis dès la seconde année.

Vols nolisés

«Les vols nolisés faisaient partie de nos priorités, c’était au sommet de la liste avec les aspects financiers concernant le salaire des joueurs», a insisté Bush.

«Ce qui est le plus important, c’est qu’avant, l’utilisation des vols nolisés était discrétionnaire alors qu’ils seront désormais obligatoires.»

Ainsi, les équipes pouvaient prendre jusqu’à quatre segments de vols nolisés avant cette saison. À compter de cette année, ce nombre va grimper à huit et de deux chaque année subséquente pour atteindre seize en 2024, soit pratiquement la moitié de la saison. Ils seront aussi obligatoires pour les séries et la Ligue des champions.

«Nous allons surtout pouvoir nous débarrasser des vols désagréables comme ceux qui comportaient une correspondance.»

On se souviendra que plusieurs incidents sont survenus la saison dernière, dont un vol annulé pour l’Impact la veille d’un match en Nouvelle-Angleterre qui a forcé l’équipe à prendre un vol nolisé quelques heures avant la rencontre.

Les grandes lignes de la convention collective

  • Durée : 1er février 2020 au 31 janvier 2025
  • Investissements accrus sur les joueurs
  • Dépenses permises par équipe passant de 8 490 000 $ en 2019 à 11 643 000 $ en 2024. Le salaire minimum pour un joueur senior sera haussé à 109 200 $ d’ici 2024.
  • La somme d’allocation ciblée de 1,2 M$ annuelle pour certains joueurs devient de l’allocation générale pouvant être utilisée pour tous les joueurs.
  • À compter de cette saison, chaque équipe devra obligatoirement avoir recours à 8 vols nolisés. Ce nombre augmentera de 2 par année pour se situer à 16 en 2024. Ils seront obligatoires dans les éliminatoires et pour la Ligue des champions.
  • L’autonomie sera plus accessible. L’âge d’admissibilité passe de 28 à 24 ans avec un minimum de 5 saisons d’expérience en MLS.

Plus de liberté financière

Les joueurs sont évidemment satisfaits de la nouvelle convention collective signée jeudi et c’est aussi le cas des équipes de la MLS.

Selon le directeur adjoint du personnel des joueurs de l’Impact, Vasili Cremandzidis, c’est un pas dans la bonne direction pour tout le monde.

«C’est très positif pour les équipes et pour les joueurs, surtout qu’on a réussi à éviter un conflit de travail», a convenu l’adjoint d’Olivier Renard.

Il n’avait pas encore pris connaissance de tous les fins détails de l’entente, mais les principaux points font l’affaire de tous.

Plus de latitude

En tant qu’homme de chiffres qui est notamment responsable de l’analytique, Cremandzidis est heureux de voir que les équipes vont avoir une plus grande latitude financière.

L’allocation ciblée, qui ne visait que certains joueurs dont on pouvait faire descendre l’impact sous le plafond salarial, va se muer en allocation générale, qui visera l’ensemble de l’effectif. Ainsi, les sommes sans restrictions vont passer de 33 % en 2019 à 82 % en 2024.

Concrètement, Bojan Krkic a un salaire d’un peu plus de 1,2 million de dollars par année et on utilise de l’allocation ciblée pour faire descendre l’impact de ce salaire sous le plafond salarial. On pourra appliquer ce principe à plus de joueurs et il y aura plus d’allocation générale disponible.

«Nous allons avoir plus de flexibilité financière avec les nouvelles règles concernant l’argent d’allocation», résume Cremandzidis.

Gestion

Cremanzidis se réjouit également que les règles encadrant l’autonomie des joueurs aient été assouplies.

«C’est une bonne chose que l’autonomie soit accordée en plus bas âge, ça va nous permettre de s’intéresser à des joueurs d’autres équipes.»

Cette recrudescence de joueurs autonomes va toutefois forcer tout le monde à faire ses devoirs et à se projeter dans le temps pour avoir une meilleure planification à moyen terme.

«Par contre, il va falloir qu’on planifie plus la durée de nos contrats afin de tenir compte de l’autonomie», note-t-il.

C’est d’autant plus important que l’Impact se rajeunit drôlement depuis le début de l’année et que plusieurs risquent de devenir autonomes en même temps d’ici quelques années.

Ça sera notamment le cas d’Anthony Jackson-Hamel dès l’an prochain et de Shamit Shome et Samuel Piette en 2022. Le contrat de ce dernier est toutefois assorti d’une année d’option pour 2023.

La saison de l’Impact de Montréal en MLS s’amorcera le 29 février face au Revolution de la Nouvelle-Angleterre, au Stade olympique. Ce match sera diffusé sur les ondes de la chaîne TVA Sports.