Samuel Bolduc

Crédit : PHOTO COURTOISIE Vincent L. Rous

LHJMQ

«Cette coupe est dure à gagner»

Roby St-Gelais

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Il y a des moments qu’on ne souhaite pas vivre deux fois. En étant échangé au Phoenix de Sherbrooke à la période des Fêtes, le défenseur Samuel Bolduc s’est donné comme mission de réussir là où son équipe avait échoué au printemps 2018 alors qu’il portait les couleurs de l’Armada de Blainville-Boisbriand. 

Même s’il n’avait que 17 ans à l’époque, l’imposant arrière avait joué un rôle important en séries à la ligne bleue pour la troupe de Joël Bouchard, mais la défaite en six matchs en finale de la coupe du Président aux mains du Titan d’Acadie-Bathurst est restée ancrée dans sa mémoire. Et pas pour les bonnes raisons.  

À Sherbrooke, Bolduc, maintenant âgé de 19 ans, tentera d’effacer ce mauvais souvenir. Installé au sommet du classement général, le Phoenix visera les grands honneurs pour la première fois de son histoire lorsque le bal éliminatoire s’amorcera à la fin mars. 

«La coupe m’a déjà échappé à ma première année et je ne veux pas que ça m’arrive une deuxième fois», a reconnu en entrevue avec Le Journal la semaine passée ce choix de deuxième tour (57e au total) des Islanders de New York au dernier repêchage. 

Bolduc se promet d’ailleurs d’aborder le sujet avec ses nouveaux coéquipiers lorsque le moment s’y prêtera. L’expérience, ça ne s’achète pas, et le Lavallois en a acquis une bonne dose lors du printemps qui s’est terminé en queue de poisson. Les joueurs qui ont vécu autant d’adversité en séries se comptent sur les doigts d’une main dans le vestiaire du Phoenix. 

«Quand le temps viendra en séries, ce sont des affaires que je pourrai partager avec eux, comme [parler] des situations où il ne faudra pas paniquer. Disons que j’ai hâte que ça arrive. C’est vraiment excitant. Cette coupe est dure à gagner et ça a fait mal quand je l’ai perdue à ma première année. Je ne veux pas que ça se répète», a soutenu le principal intéressé. 

Comme Dobson 

Et pour éviter que pareil scénario se reproduise, l’athlète de 6 pi 4 po et 211 lb n’aura pas à regarder trop loin pour s’inspirer. En se servant comme exemple de l’ancien du Titan et des Huskies Noah Dobson, le pilote du Phoenix, Stéphane Julien, a des plans précis en tête pour l’utilisation de son quart-arrière au cours des prochains mois. Ironie du sort, Dobson a effectué ses débuts dans la LNH avec les Islanders cette saison. 

«C’est un gars qui génère quand il a du temps de glace. Ce n’est pas un gars qui va t’aider s’il est assis sur le banc. Il faut qu’il joue 30 à 35 minutes et on veut s’en aller vers là d’ici la fin de la saison. Je pense qu’il est capable de le faire. C’est un gars hors-norme physiquement et on va l’utiliser de cette façon», a mentionné Julien au sujet de celui qui a déjà récolté 17 points, dont deux buts, en 16 rencontres. 

«Stéphane veut essayer de me faire jouer comme lui, soit le même nombre de minutes. Je suis prêt physiquement, il n’y a pas de problème de ce côté-là. Noah est vraiment un bon défenseur et il a plus de talent offensif que moi, mais avec les Islanders, on va être bons dans cet aspect», a ajouté Bolduc, qui complète une paire avec Gregory Kreutzer. 

Un rang capital 

Avec les luttes intestines qui se profilent à l’horizon dans la Conférence de l’Est en raison du format éliminatoire, la première position au général sera capitale. Les joueurs du Phoenix en sont bien conscients. 

«Quand tu regardes ça, les 2e, 3e, 4e et 5e positions sont toutes dans l’autre conférence, alors ça nous donnerait un gros avantage de finir premiers. C’est vraiment quelque chose sur laquelle il faut se concentrer, et après, en séries, tout peut arriver», a répondu Bolduc. 

Trépanier veut transmettre son expérience 

En sachant que les Mooseheads de Halifax se positionnaient comme vendeurs à la date limite des transactions, le vétéran Maxim Trépanier se voyait mal terminer sa carrière avec une équipe susceptible de rater le grand bal éliminatoire. 

Pendant que ses anciens coéquipiers Benoit-Olivier Groulx et Jared McIsaac étaient échangés aux Wildcats de Moncton et Raphaël Lavoie et Patrick Kyte aux Saguenéens de Chicoutimi, Trépanier a pris le chemin de Shawinigan en retour d’un choix de deuxième ronde. 

Même si les Cataractes ne figurent pas parmi les clubs favoris pour soulever la coupe du Président, l’attaquant de 20 ans y voit justement une occasion unique de briller dans un rôle de mentor auprès des nombreux nombrils verts dans le vestiaire. 

«En venant ici, avec la division [conférence] qui est plus faible que l’autre, je pense que c’est une bonne opportunité pour nous. Quand tu y penses, c’était pas mal Moncton et Chicoutimi qui achetaient à gros prix. 

On regardait les possibilités et en étant des amis proches, c’était dur de les quitter, a-t-il reconnu lors d’un récent entretien. Moncton, on ne savait pas ce qu’ils faisaient avec leurs 20 ans, et Chicoutimi aussi a opté pour d’autres plans, mais les options étaient sur la table.» 

Expérience importante 

Dans un vestiaire qui compte notamment sur huit adolescents de 17 ans et seulement deux joueurs de 20 ans, la présence de l’ailier natif de Saint-Jean-sur-Richelieu se veut rassurante. Après tout, il a vécu le long parcours éliminatoire des Mooseheads l’an passé ainsi que la défaite en finale de la coupe Memorial. 

«Il amène certes une touche offensive, mais aussi une touche dans le vestiaire du sens “suivez-moi les gars, je suis passé par là”», expliquait l’entraîneur-chef Daniel Renaud. 

«L’équipe est très jeune et les gars ont besoin d’expérience et de faire un bon bout de chemin en séries. Moi et Jordan [Lepage], on est les deux seuls 20 ans et il a vécu de bonnes séries l’an passé avec Rimouski. On va amener notre leadership, mais la meilleure façon d’apprendre, c’est de le vivre. Il faut qu’ils gagnent et on va être là pour les aider», a renchéri le principal intéressé, qui a inscrit quatre buts et cinq aides en neuf rencontres depuis son arrivée en Mauricie.