Canadiens de Montréal

Des «distractions inutiles»

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Brendan Gallagher reconnaît qu’il y a de grandes attentes sur les épaules de Jesperi Kotkaniemi. C’est une réalité qui frappe un troisième choix au total.   

Gallagher et Kotkaniemi n’ont absolument pas suivi le même chemin pour atteindre la LNH. À 5 pi 9 po, Gallagher était trop petit pour passer immédiatement à l’étape suivante. Le Canadien avait parié sur lui avec un lointain choix de cinquième tour au repêchage de 2010. Il sortait pourtant d’une saison de 41 buts et 80 points avec les Giants de Vancouver.      

Après deux autres saisons avec les Giants et une moitié de saison avec les Bulldogs de Hamilton, Gallagher a fait ses premiers pas avec le CH au retour du lock-out, en janvier 2013. Il avait 20 ans.   

À quelques heures du départ de l’équipe pour Newark, lundi, Gallagher a parlé de ses débuts à Montréal. Contrairement à Kotkaniemi, il n’avait pas à traîner le poids d’un haut choix au repêchage.   

«Je ne peux pas vraiment tracer de parallèle dans ce sens avec moi, a-t-il répliqué avec son sourire habituel. Je ne connais pas les joueurs qui ont été repêchés près de moi au cinquième tour!»   

Devant Brady Tkachuk et Quinn Hughes   

Le Tricolore avait réclamé Gallagher avec le 147e choix en 2010. Après lui, les Kings de Los Angeles ont choisi Kevin Gravel, les Flyers de Philadelphie ont suivi avec Michael Parks et les défunts Thrashers d’Atlanta ont fait confiance à Yasin Cisse. Des trois, seul Gravel a joué dans la LNH.   

Gravel, qui fait la navette entre les Maple Leafs et les Marlies de Toronto cette saison, se bat encore pour sa place dans la meilleure ligue au monde.   

Pour Kotkaniemi, le jeu des comparaisons peut devenir plus douloureux. Brady Tkachuk, le quatrième choix en 2018 par les Sénateurs d’Ottawa, et Quinn Hughes, réclamé par les Canucks de Vancouver au septième rang, ont déjà un impact important au sein de leur équipe respective.   

«Quand tu atteins la LNH, ton rang de sélection n’a pas trop d’importance. Les comparaisons entre "KK" et les autres joueurs de la cuvée de 2018 sont des distractions inutiles, a rappelé le numéro 11 du Tricolore. C’est vrai qu’il y aura des comparaisons, mais il ne doit pas s’en soucier.   

«Son objectif ne doit pas d’être meilleur que les autres joueurs repêchés après lui. Son but doit être de devenir le meilleur joueur possible. Il doit centrer ses objectifs sur lui-même. Quand tu es dans un bon état d’esprit, tu peux mieux apprécier ta place dans la LNH.»   

Passage important pour Tatar   

Dans le vestiaire du CH, Tomas Tatar a bien connu l’univers de la Ligue américaine. Il a porté l’uniforme des Griffins de Grand Rapids pour 265 matchs à ses quatre premières saisons en Amérique du Nord. Il a gagné un poste à temps plein à sa cinquième année seulement avec les Red Wings de Detroit. À cette époque, Ken Holland avait comme philosophie que la Ligue américaine représentait un passage obligé pour ses espoirs.   

«Jesperi est encore jeune à 19 ans, il a beaucoup de temps devant lui, a affirmé Tatar. Il ne doit pas oublier ça. Il faut qu’il profite de son temps dans la Ligue américaine pour corriger des aspects de son jeu. Il jouera plus avec le Rocket et il en sortira un meilleur joueur. Il doit juste s’accrocher et garder espoir. Je n’ai pas de doute qu’il sera un bon joueur dans la LNH. Il a un beau talent. Mais à cet âge, tu peux parfois te chercher et te décourager. »   

Gallagher croit aussi que son jeune coéquipier grandira de son passage avec le Rocket à Laval.   

«Je connais KK et je sais qu’il travaillera fort, a-t-il répliqué. Il profitera de ce passage dans la Ligue américaine. Il sera un bon joueur pour longtemps dans la LNH, il a un talent spécial. C’est juste une chance en ce moment pour jouer de grosses minutes et reconstruire sa confiance.»   

«Il y a plusieurs choses à gérer, a-t-il poursuivi. Mais je dirais que le plus important, c’est de réaliser que tu auras plusieurs saisons dans cette ligue. Tu ne seras pas à ton sommet dès ta première saison ou ta deuxième. Tu as besoin de rester patient, il y aura des hauts et des bas. Le jour où tu acceptes cette réalité, où il y aura des embûches, c’est là que tu t’améliores.»