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Une délicate réadaptation pour Hendrix Lapierre

Roby St-Gelais

Publié | Mis à jour

Sur la touche depuis le 21 novembre dernier en raison d’une troisième commotion cérébrale en 10 mois, Hendrix Lapierre continue de ronger son frein dans sa délicate réadaptation. S’il est encore impossible de savoir à quel moment l’attaquant des Saguenéens de Chicoutimi reviendra au jeu, les nouvelles sont néanmoins encourageantes dans son cas.

Sans entrer dans les détails, l’agent du jeune espoir au prochain repêchage de la LNH, Philippe Lecavalier, a accepté d’effectuer une mise à jour de son état de santé en entrevue téléphonique avec Le Journal.

«On voit la lumière au bout du tunnel. Il a toujours eu du progrès depuis la première semaine et il subit des évaluations aux 15 jours. Nous sommes très contents de sa progression et ce sera aux gens qui s’occupent de lui, avec les parents d’Hendrix, de juger quand il pourra revenir», a laissé entendre le réputé agent.

Lecavalier a rappelé qu’une commotion cérébrale peut engendrer toutes sortes de problèmes connexes, notamment au cou. Étourdissements, maux de tête, maux de cœur, perte d’équilibre et troubles de la vision sont parmi les symptômes les plus fréquents, selon Santé Canada.

Pas de presse

Une chose est sûre, la patience sera de mise dans le clan Lapierre. Après trois commotions diagnostiquées avant l’âge de 18 ans, sa santé est actuellement l’unique priorité de sa garde rapprochée. En plus du personnel médical des Saguenéens, le Gatinois est évalué par une firme externe. Même s’il n’est pas autorisé à encaisser des coups, il a repris l’entraînement sur glace depuis quelques semaines.

Que les Saguenéens soient dans la course aux grands honneurs et que Lapierre en soit à son année de repêchage, cela ne change rien au plan initial. Il retrouvera sa place dans l’alignement quand il sera pleinement rétabli. Pas avant.

«S’il revient trop tôt et qu’il se blesse de nouveau parce qu’on n’a pas été assez prudents, on n’est pas plus avantagés. Qu’il revienne cette année ou l’année prochaine, on va prendre le temps qu’il faut.

«On n’est vraiment pas pressés. Hendrix Lapierre, le hockeyeur, veut revenir au jeu, mais l’individu est un petit gars extrêmement intelligent et posé, et on va faire ce qui est le mieux pour sa vie», a convenu Philippe Lecavalier, qui œuvre pour l’agence Quartexx Management.

Bon état d’esprit

Si la première semaine suivant son contact avec Jakob Pelletier, des Wildcats de Moncton, a été ardue, Lecavalier assure que son client se trouve dans un bon état d’esprit en dépit de la situation malheureuse dans laquelle il est plongé. Lapierre a été limité à 19 rencontres cette saison, inscrivant deux buts et 15 mentions d’aide, pour 17 points.

«Peu importe la blessure, quand un joueur de hockey est blessé, il n’est pas de bonne humeur [...] Dans son cas, sa passion, c’est le hockey, et ça le ronge par l’intérieur de ne pas pouvoir jouer. Cela dit, il comprend que sa santé est extrêmement importante et il fait ce qu’il doit faire pour revenir à 100 %.»

Et le repêchage ?

Étiqueté comme 13e meilleur patineur nord-américain en prévision de la séance de sélection de la LNH par la Centrale de recrutement, Lapierre est pressenti pour entendre son nom en première ronde le 26 juin prochain au Centre Bell.

Si les équipes pourraient être réticentes à lui mettre le grappin dessus en raison de ses antécédents médicaux, son agent n’en perd pas le sommeil pour autant.

«Pour moi, le repêchage ne veut pas dire grand-chose. Il y a beaucoup de joueurs qui sortent de bonne heure et qui n’ont pas de carrière ou de carrière exceptionnelle. Regardons Patrice Bergeron (2e ronde) et Kristopher Letang (3e ronde), ils ont eu de belles et longues carrières. J’espère que cette blessure n’affectera pas son rang, mais honnêtement, j’ai zéro nervosité à ce sujet. Il va revenir au jeu quand il sera prêt mentalement et physiquement.»

Retour sur une controverse

Cinq ans après s’être retrouvé au cœur d’une controverse avec l’entraîneur-chef et directeur général des Remparts de l’époque, Philippe Boucher, l’arbitre Olivier Gouin admet que les choses auraient pu se passer différemment.

Rappel des faits. En conférence de presse après le dernier match de la ronde préliminaire de la coupe Memorial 2015 au Colisée de Québec perdu 4-0 par les Remparts aux mains de l’Océanic de Rimouski, Boucher avait accusé Gouin d’avoir fait une « job de bras » à son équipe. Cette déclaration lui avait valu une amende de 10 000 $.

Mais si Boucher en voulait autant à l’homme aux brassards orange, c’est qu’il n’avait toujours pas digéré une pénalité appelée en deuxième période de prolongation lors du septième duel de la finale de la coupe du Président entre les deux mêmes équipes. L’Océanic avait finalement soulevé le prestigieux trophée sur un but de Michaël Joly en avantage numérique à la suite de cette infraction.

Deux jours après la déclaration incendiaire de Boucher, Gouin et son collègue québécois Jonathan Alarie avaient subi les foudres des amateurs après avoir fermé les yeux sur un coup de coude au visage de Jérôme Verrier en demi-finale contre les Rockets de Kelowna. Les partisans ne s’étaient pas gênés pour lancer toutes sortes de débris sur la glace, certains poussant le bouchon un peu loin en prenant des clous comme projectiles.

«J’avais 23 ans et je n’avais pas plus d’expérience qu’il ne le fallait. J’étais comme un pitbull, je n’avais peur de rien. Je ne voulais rien savoir de ce qu’il [Boucher] me disait. On ne s’engueulait pas vraiment, c’était plus une bataille d’yeux, mais avec du recul, je n’avais pas besoin de faire ça. J’ai tellement appris», a-t-il confessé en entrevue au balado Shoot ! de QUB radio. Il referait le même appel lors du match ultime à Rimouski.

Pression

Gouin, qui sillonne maintenant les surfaces glacées de la Ligue américaine, se souvient de la pression qu’il ressentait à ce moment. Une serveuse avait même refusé de servir Alarie et lui au petit-déjeuner pendant la semaine du tournoi national après les avoir reconnus !

«La pression sur nous, ça n’avait pas de bon sens. Ça parlait plus des arbitres que du match. Il y a des choses qu’on aurait pu changer, et moi, ma communication aurait pu être mieux, mais côté jugement sur la glace, je suis fier de comment on a arbitré.» Le chapitre est officiellement clos.