Mikaël Lalancette

LHJMQ: vers un calendrier allégé?

LHJMQ: vers un calendrier allégé?

Mikaël Lalancette

Publié 28 janvier
Mis à jour 28 janvier

C’est dans les prochaines heures que le comité chargé d’étudier les effets d’une réduction du calendrier de la saison régulière dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec remettra son cahier d’analyse.   

C’est le Commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, qui avait lancé le chantier l’an dernier lors de la saison 50e anniversaire de son circuit.    

Vous vous rappelez sans doute la sortie médiatisée de Patrick Roy, qualifiant le calendrier de la LHJMQ de «calendrier de marde». La sortie avait beaucoup fait jaser.   

Parmi les possibles propositions visant à améliorer les opérations du plus gros circuit de hockey junior québécois, une réduction du calendrier actuel de 68 parties.  

On me confirme que le sujet sera débattu lors de la prochaine assemblée des membres de la LHJMQ le 20 février prochain. Les bagarres seront aussi au coeur de la rencontre des propriétaires du circuit Courteau.  

D’abord un rappel historique en ce qui concerne le calendrier de la Ligue de hockey junior majeur du Québec : il a fluctué au fil des ans. La durée de la saison régulière a varié entre 56 et 72 parties. Certaines années, la saison était de 72 matchs, d’autres 68, d’autres 70.  

À la fin des années 90, les autorités de la LHJMQ ont décidé d’abaisser le nombre de matchs de 72 à 68 parties. Ça n’a pas changé depuis 2008.  

Il y a deux ans, la dernière ligue junior au pays à compter 72 matchs en saison, la Ligue junior de l’Ouest, a retranché quatre parties à son calendrier.  

En dix ans, la Ligue de hockey junior majeur du Québec a beaucoup changé. On se vante (à juste titre) d’accorder beaucoup plus d’importance aux études des joueurs. Ce sont des millions de dollars en bourses d’études et en engagements financiers de toutes sortes liés à la scolarité des étudiants athlètes qui sont déboursés chaque année.  

Mais en ce qui concerne le calendrier, peu a été fait.  

Certains propriétaires ont proposé des programmes doubles dans la même ville, mais ça demeure marginal dans le quotidien des équipes de la LHJMQ.  

Les propriétaires feront face à trois scénarios.  

1 - Le statu quo  

Ce serait un bien étrange de message à envoyer aux joueurs et leurs familles, de plus en plus soucieuses de voir les jeunes étudier tout en jouant au hockey.  

La presque totalité des intervenants hockey s’entendent pour dire qu’il y a trop de matchs. Faire la sourde oreille ne mènera pas les propriétaires très loin. On devra reprendre ce débat éventuellement.  

2 - Une réduction du calendrier  

C’est l’option la plus probable sur la table à dessin. Plusieurs propriétaires sont réticents et vont sans doute consulter attentivement les conclusions du comité consultatif, chargé d’étudier les impacts financiers d’une réduction du nombre de matchs.  

La grande majorité des intervenants hockey ciblent à 64 le nombre de matchs «idéal». Ils veulent tous une réduction progressive et mesurée du nombre de parties.   

Retrancher quatre parties en saison régulière va alléger le calendrier. L’impact se ferait sentir plus sur semaine. Près du quart des matchs sont prévus du lundi au jeudi.   

3 - Une refonte du calendrier  

Ceci inclurait plus de matchs contre les équipes d’une même division.   

Est-ce que la Ligue de hockey junior majeur du Québec gagnerait à imiter sa rivale de l’Ouest?  

Prenons le cas des Wheat Kings de Brandon, l'une des deux équipes du Manitoba dans la WHL.  

Cette saison, Brandon, qui évolue dans la division Est, ne jouera qu’un seul match contre les équipes de la division Colombie-Britannique.   

Les Wheat Kings seront visités une seule fois par Vancouver, Victoria, Prince George, Kelowna et Kamloops.   

Brandon ne jouera qu’un seul match contre les équipes de la division Américaine : les Wheat Kings vont visiter Everett, Portland, Seattle, Spokane et Tri-City.  

Les scénarios seront inversés l’an prochain : Brandon se rendra une fois dans chaque ville de la division Colombie-Britannique et sera visité une fois par les équipes de la division Américaine.   

Les propriétaires de la LHJMQ pourraient donc se poser la question suivante : est-ce encore pertinent qu’une équipe se rende dans chaque ville des Maritimes chaque année?  

Voilà de beaux débats en perspectives!