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Laurence Vincent Lapointe blanchie

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La canoéiste Laurence Vincent Lapointe a été blanchie des accusations de dopage qui pesaient contre elle, a annoncé la Fédération internationale de canoë (ICF), lundi.  

Accompagnée de ses parents, l’athlète de Trois-Rivières a commenté, lundi matin dans un hôtel de sa ville natale, cette décision qui lui avait été communiquée vendredi. Suspendue provisoirement par la FIC depuis le 13 août, la multiple championne mondiale retrouve son statut de favorite à six mois des Jeux. 

«Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point je suis soulagée, à quel point ça fait du bien de mettre fin à ce périple et de pouvoir me concentrer sur ce que j’aime et à retourner sur l’eau pour me préparer pour les Jeux», a exprimé Vincent Lapointe, qui retourne en Floride dès mardi pour reprendre l’entraînement avec l’équipe canadienne.

La Québécoise avait affirmé dimanche que les infimes traces de ligandrol qui avaient été retrouvées dans son organisme à la suite d’un test de dopage inopiné en juillet dernier provenaient de son ex-conjoint qui en aurait consommé et qui l’aurait contaminée malgré lui.

«Après avoir pris en considération l’avis d’experts scientifiques fournis par l’équipe juridique de Mme Vincent Lapointe ainsi que les minuscules traces de ligandrol retrouvées dans les échantillons de l’athlète, l’ICF a accepté la thèse voulant que Mme Vincent Lapointe n’ait pas sciemment pris cette substance illégale», a déclaré l’ICF par communiqué.

La Fédération a cru sa version des faits concernant une contamination par une autre personne.

La canoéiste peut donc retourner immédiatement à la compétition afin de tenter de se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo l’été prochain.

Un déclic

Grand espoir de médaille pour le Canada aux prochains Jeux d'été, elle a toujours nié sa culpabilité dans cette affaire. En attendant de connaître son sort, Laurence Vincent Lapointe s’entraînait seule, même si elle demeurait suspendue.

«J’étais comme une flèche qui était tirée vers une cible que sont les Jeux olympiques. Quand tout est arrivé, j’étais encore comme une flèche en plein vol, mais tout s’est effondré autour de moi. C’était comme s’il n’y avait plus rien pour me dire si j’avançais ou je reculais. La flèche, il n’y avait rien autour qui se passait. J’étais tellement perdue», a-t-elle illustré.

«À un moment donné, j’ai eu un déclic. Je me suis dit : ok, je suis une athlète. Que puis-je faire d’autre sinon que de m’entraîner? Rien. Oui, je faisais des choses sur le côté pour me garder occupée, mais en tant qu’athlète, c’est ma passion de m’entraîner en canoë. Je me suis alors dit : je ne suis pas dans une bonne place mentale actuellement et la seule chose que je peux faire pour y remédier, c’est de m’entraîner. Je ne sais pas comment ça va finir, mais je vais recommencer à faire ce que j’aime, soit du canoë. À partir de ce déclic, je me suis sentie beaucoup mieux, malgré que je n’avais aucune raison de croire en mes chances d’aller aux Jeux olympiques.»

La multiple championne du monde n’a pu défendre ses titres aux épreuves de C-1 200 m, C-1 5000 m et C-2 500 m aux Mondiaux en Hongrie en août dernier. Il s’agissait d'ailleurs de la première épreuve de qualification olympique en canoë-kayak.

Avec la levée des sanctions, elle pourra participer aux deux dernières épreuves de qualification olympique. La première sera les Championnats panaméricains de canoë, qui auront lieu du 7 au 10 mai à Santiago, au Chili. Le Canada pourra également qualifier des embarcations et des athlètes en vue des prochains Jeux à la Coupe du monde de canoë de Duisbourg, en Allemagne, du 21 au 24 mai.

Trois Canadiennes au maximum pourront représenter le pays à Tokyo dans les épreuves de canoë.