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Crédit : LUC BÉLISLE/LES ARCHIVES/JOURNAL DE MONTRÉAL

LNH

L'ancien gardien qui s'était échangé lui-même aux Nordiques!

Publié | Mis à jour

La transaction qui a amené Daniel Bouchard avec les Nordiques de Québec en 1981 a complètement changé l’histoire de la saison des Fleurdelisés. Et dire que cette transaction a été négociée par... Bouchard lui-même.

L’ancien flamboyant gardien faisait partie des nombreux anciens Nordiques et Remparts présents vendredi au Centre Vidéotron dans le cadre du match commémoratif 40e anniversaire du premier match des Nordiques dans la LNH, opposant les Remparts de Québec au Drakkar de Baie-Comeau.

De fort bonne humeur, celui qui réside maintenant dans la région d’Atlanta est revenu sur cet échange pour le moins unique dans l’histoire de la LNH. Et c’est peu dire.

À ce moment, Bouchard, le partant des Flames de Calgary (autrefois d’Atlanta) depuis huit saisons voyait son temps de jeu réduit. Le 27 janvier au matin, il apprend que ce n’est pas lui qui jouera le prochain match face aux Oilers d’Edmonton, les rivaux de l’Alberta.

Insatisfait, le natif de Val-d’Or décide de prendre les choses en main.

« Quand j’ai su que je ne jouais pas, je me suis dit parfait, la porte s’ouvre. Je suis monté dans le bureau de Cliff Fletcher (le directeur général des Flames) et j’ai décidé de lui lancer un défi. Il m’avait déjà dit que personne ne me voulait, alors je lui ai dit de me donner le droit de faire deux coups de téléphone et que j’allais réussir à m’échanger », raconte-t-il.

Un seul appel

Fletcher, pris au dépourvu, accepte la requête de Bouchard. Après tout, il avait déjà tenté d’échanger son gardien vétéran, et ce, sans succès.

Bouchard décide alors de regarder le classement de la LNH afin de voir quelle équipe il pourrait aider. Il voit alors que les Nordiques traversent une période difficile et qu’ils se battent pour une place en séries. L’équipe était au milieu d’une séquence de cinq défaites de suite et n’avait gagné qu’une seule fois à ses 17 derniers matchs.

Il demande alors à la secrétaire de Fletcher d’entrer en contact avec celle de Filion.

Puis, dans une scène invraisemblable, le gardien des Flames de Calgary et le directeur général des Nordiques de Québec sont au bout du fil l’un avec l’autre pour discuter d’un échange.

« Je lui ai dit : “Maurice, c’est Dan. Je vais aller droit au but. Si tu ne fais pas les séries, tu perds ta job. Je vais venir jouer pour vous, tu vas faire les séries, tu vas garder ta job pis moi je vais aller tester le marché des joueurs autonomes. C’est un bon deal”. »

Bouchard se souvient que Filion a d’abord cru à un coup de téléphone, mais, après avoir compris le sérieux de la chose, accepte de négocier. Bouchard lui demande alors de lui envoyer un joueur « avec une bonne éthique de travail, mais pas Dale Hunter », en retour. Le nom de l'attaquant Jamie Hislop fait alors surface, et le marché est conclu.

Bonne acquisition

Dès son arrivée, Bouchard aligne les bonnes prestations et permet aux Nordiques de se tailler une place en séries éliminatoires.

« C’est la meilleure transaction que Maurice a faite, mentionne quant à lui Michel Bergeron au bout du fil. Son arrivée avait été un baume pour nous. Daniel, c’était tout un compétiteur et c’est grâce à lui qu’on avait fait les séries. »

Le gardien avait finalement décidé de rester à Québec après la saison et avait passé les quatre suivantes dans l’uniforme des Bleus avant de terminer sa carrière avec les Jets de Winnipeg.

Difficile de se tromper en disant qu’on ne reverra jamais ce genre de transaction dans la LNH.