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Hockey féminin: la lutte se poursuit

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Se priver de la passion qui nous anime depuis notre plus jeune âge dans le but de faire avancer une cause est un sacrifice énorme. C’est pourtant ce que près de 200 joueuses ont choisi de faire lors de l’annonce de la dissolution de la Ligue canadienne de hockey féminin.

Désireuses d’éveiller les esprits à la situation précaire du hockey féminin, elles ont refusé de se joindre à la Ligue nationale de hockey féminin. En plus de faire l’impasse sur l’actuelle saison, elles ont mis sur pied l’Association des joueuses professionnelles de hockey féminin.

L’objectif ultime : mettre sur pied une ligue de hockey professionnelle viable à long terme pour le hockey féminin.

Depuis l’automne, elles ont participé à une panoplie d’événements qu’elles ont organisés afin de promouvoir leur sport et leurs conditions de travail.

Cette fin de semaine, dans le cadre du week-end des étoiles, la LNH a collaboré en invitant 10 membres de l’équipe nationale canadienne à croiser le fer avec leurs rivales américaines dans une rencontre à trois contre trois.

«La LNH nous offre une belle occasion et une superbe plateforme pour nous faire valoir, a indiqué Marie-Philip Poulin, en entrevue avec Le Journal de Montréal. C’est un pas dans la bonne direction.»

Bettman contourne la question

Avec la rivalité qui anime ces deux nations sur la scène du hockey international féminin, nul n’avait besoin de s’inquiéter du plan de l’intensité déployée par ces athlètes, contrairement à ce que nous offre, trop souvent, le tournoi des étoiles.

«Les matchs entre le Canada et les États-Unis donnent toujours lieu à du jeu intense. Par contre, ce week-end, c’est plus que ça, a soutenu la Beauceronne. On est ici pour représenter toutes les femmes qui jouent au hockey. On doit profiter de cette vitrine pour mettre le meilleur produit possible sur la patinoire.»

Toutefois, le coup de main ultime de la LNH serait d’imiter la NBA en chapeautant un circuit féminin. Depuis 1996, le plus prestigieux circuit de basketball au monde détient son pendant féminin, la Women’s National Basketball Association.

Pour l’instant, il semble que cette avenue soit loin dans les priorités de Gary Bettman. Questionné à ce propos hier, à quelques heures du début du concours d’habiletés, le commissaire de la LNH a habilement contourné la question.

«Nous espérons que le hockey féminin se servira des lumières offertes par le match des étoiles pour augmenter encore plus sa popularité. Nous avons choisi d’inclure les filles à notre classique des étoiles depuis quelques années et nous voulons poursuivre cette tradition», a déclaré Bettman.

Prêtes à tout

Les bœufs sont lents, mais la terre est patiente, dit le vieux proverbe. Poulin et ses acolytes sont conscientes de cette réalité. Elles sont au fait que le combat qu’elles ont amorcé il y a quelques mois pourrait s’étirer... et les priver d’une autre saison de hockey.

«Évidemment, ce ne serait pas l’idéal. On voudrait que ça se règle rapidement. Mais si c’est ce que l’on doit faire, c’est ce que l’on fera», a-t-elle martelé.

«C’est difficile de prévoir quand une ligue ou une structure sera mise en place. La clé, c’est la patience. Il faut continuer ce qu’on a amorcé», a-t-elle ajouté.

Rebecca Johnston, coéquipière de la Québécoise, abondait dans le même sens.

«C’est sûr que ça nous manque de ne pas disputer des matchs tous les week-ends et de ne pas pouvoir lutter pour un championnat, a-t-elle d’abord admis. Mais il fallait le faire. Il y a tellement de talent dans le hockey féminin, il faut pousser pour la création d’une ligue viable.»

Du surplace

À ce propos, Kendall Coyne Schofield a fait remarquer que cette saison perdue n’est pas si différente de la réalité des 10 dernières années. Une décennie au cours de laquelle, a-t-elle soutenu en conférence de presse, la situation du hockey féminin a pratiquement fait du surplace.

«Je rencontre les mêmes défis cette année que lors des années passées. Trouver des heures de glace et s’entraîner de façon régulière demeurent les principales difficultés. Pour ma part, je dois sauter sur la glace avec des équipes AAA M16 et M18», a déclaré la capitaine de l’équipe américaine.

Quand on n’a rien à perdre, raison de plus pour poursuivre le combat.