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LNH

Un lien unit David Perron et les Tkachuk

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

À ses débuts avec les Blues de St. Louis en 2007-2008, David Perron passait du temps précieux chez la famille de son coéquipier Keith Tkachuk. À cette époque, il avait seulement 19 ans et il jouait au hockey dans le sous-sol des Tkachuk avec deux jeunes garçons, Matthew et Brady.

Douze ans plus tard, Perron porte encore l’uniforme des Blues. Keith Tkachuk a pris sa retraite à la fin de la saison 2009-2010, mais ses fils ont pris le flambeau en devenant des membres importants des Flames de Calgary et des Sénateurs d’Ottawa.

Par un curieux hasard, Perron et les frères Tkachuk se retrouvent à St. Louis pour le match des étoiles. Perron y vit sa première expérience à l’âge de 31 ans, alors que Matthew a seulement 22 ans et que Brady n’a toujours pas un poil sur le menton à 20 ans.

«J’ai une tonne de souvenirs de Matthew et Brady, a dit Perron jeudi. Pour le match des étoiles en 2009 à Montréal, j’avais pris un vol nolisé avec la famille Tkachuk, a-t-il continué. Je participais au match des jeunes, alors que Keith était invité au gros match. Je passais vraiment beaucoup de temps avec eux. Maintenant, je joue contre les frères Tkachuk dans la LNH et à un match des étoiles. C’est assez spécial.

«Brady et Matthew croyaient que leur père n’était pas un bon joueur malgré des statistiques incroyables comme plus de 1200 matchs, plus de 500 buts et plus de 1000 points. Ils s’agaçaient tout le temps. Et Keith n’hésitait pas à les taquiner, il était dur avec eux, comme il l’était avec moi.»

Toujours aussi motivé

En juin dernier, Perron a réalisé son rêve en soulevant pour la première fois la coupe Stanley. Il avait joué un rôle clé dans l’improbable conquête des Blues avec 16 points (7 buts, 9 passes) en 26 rencontres. Un an après la douleur de la défaite dans l’uniforme des Golden Knights de Vegas contre les Capitals de Washington en finale, le Québécois passait à un autre extrême avec l’euphorie d’un championnat.

Dans les jours qui ont suivi la conquête de la coupe Stanley avec les Blues, Perron avait dit qu’il pourrait ne plus jamais marquer un but dans la LNH et qu’il resterait un homme heureux en voyant son nom de gravé sur la coupe. Ceux qui ne connaissent pas sa réelle passion pour son sport ont fait l’erreur de croire qu’il était pour ralentir cette année en raison d’un manque de motivation.

«Je n’ai pas aimé l’interprétation des gens, a affirmé le numéro 57 des Blues. Je trouve qu’ils auraient eu intérêt à se placer un peu plus dans mes souliers. Tu travailles toute ta vie pour te faire repêcher dans la LNH. Ensuite, tu travailles pour jouer un match dans la LNH.

«Ensuite, tu travailles pour devenir un joueur régulier dans la LNH et après tout ça, le rêve ultime, c’est de gagner la coupe Stanley. J’ai dit ça dans l’euphorie de la conquête. Quand tu gagnes, tu te retrouves sur un nuage. À ton retour la saison suivante, tu dois tourner la page et retrouver une motivation. J’ai prouvé depuis le début de l’année que je suis encore aussi motivé.»

Quatre joueurs des Blues présents

Avec 49 points (21 buts, 28 passes) à ses 49 premiers matchs cette saison, le vétéran n’a absolument pas ralenti. S’il évite l’infirmerie, il devrait battre sa marque personnelle de 66 points, lors de son unique saison à Vegas, en 2017-2018. Il a donc pleinement mérité son invitation à cette classique des étoiles chez lui à St. Louis.

«Quand nous avons commencé la saison, je ne m’attendais pas à vivre cet événement, a répliqué le Sherbrookois, qui participera au concours des francs-tireurs. Mais plus les matchs avançaient et plus l’équipe gagnait, malgré la blessure à [Vladimir] Tarasenko, plus je me disais que ça pouvait devenir une possibilité. Je suis vraiment heureux d’être ici. Nous avons quatre représentants des Blues avec Ryan [O’Reilly], Jordan [Binnington], Alex [Pietrangelo] et moi.

«Il est un très gros morceau de notre équipe, a renchéri O’Reilly en parlant de Perron. Je me réjouis de sa présence à ce match des étoiles. Je considérais qu’il méritait sa place avant même le vote des partisans pour un joueur de plus. Je suis heureux de partager cette expérience avec David. Il est mon compagnon de trio. Il marque de gros buts pour notre équipe, il mène la LNH avec huit buts gagnants.»