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Crédit : AFP

Fréderic Lord

C’est 20 pensées - janvier 2020 (tome 2)

C’est 20 pensées - janvier 2020 (tome 2)

Fréderic Lord

Publié 24 janvier
Mis à jour 24 janvier

Voici la deuxième partie de cette chronique à propos des coulisses de la MLS. Une série d’informations tirées de mon carnet de notes à propos du circuit Garber.  

Si vous avez raté la première partie, elle est ici .  

  

1. Dans notre premier reportage à TVA Sports de la nouvelle saison de l’Impact, vous entendrez l’entraîneur du Révolution de la Nouvelle-Angleterre, Bruce Arena, raconter son année passée à Montréal.  

En 1975, le pape des entraîneurs de soccer américains et ancien sélectionneur national s’est engagé avec les Québécois de Montréal... une équipe de crosse professionnelle.  

Celle-ci jouait ses parties au Forum de Montréal et côtoyait donc – en partie l’été – les joueurs du Canadien.  

Les Québécois avaient comme directeur gérant et propriétaire l’ancienne gloire des Habs, John Ferguson, tandis que l’ancien journaliste, de La Presse, Michel Blanchard et Serge Loiselle comptaient parmi ses visages les plus connus.  

  

2. Le LAFC est assurément l’équipe la plus agréable à voir jouer en MLS. Leur jeu est porté vers l’attaque et leur effectif peut compter sur des talents hors norme comme Carlos Vela et Diego Rossi.  

Leur entraîneur Bob Bradley accueille ce genre de remarque avec fierté. Il en fait un point d’honneur que de proposer un jeu alléchant.  

Ceci étant dit, Bradley est très conscient que la saison 2019 s’est terminée en queue de poisson pour son équipe. La défaite en demi-finale a jeté une ombre sur cette année qui s’annonçait jusque-là historique.  

Pour passer au palier supérieur, Bradley identifie deux secteurs où le LAFC peut s’améliorer cette saison. D’abord, dans sa façon de décadenasser les blocs bas défensifs. Ensuite, qui dit bloc bas (c.-à-d. équipe repliée dans sa zone), dit souvent espace derrière les défenseurs adverses. Le LAFC s’est fait surprendre à quelques reprises en contre-attaque la saison dernière, Bradley espère améliorer le jeu de transition « attaque — défense » au cours de la prochaine.  

  

3. Les yeux de Bradley s’illuminent quand il parle de son ancien protégé Jesse Marsch. « C’est extraordinaire ce qu’il accomplit à Salzbourg. Son année à Montréal l’a beaucoup fait réfléchir. Il a compris quelle sorte de leader il voulait et de quelle façon il voulait mener ses affaires. »  

  

4. Hany Mukhtar est une des signatures de l’entre-saison qui passe sous silence. Le premier joueur désigné de l’histoire du Nashville SC était pourtant convoité par d’autres équipes de la ligue. Les Sounders de Seattle en avaient d’ailleurs fait une de leurs cibles l’an dernier.  

L’Allemand qui a passé les trois dernières saisons en première division danoise est très ami avec Yordy Reyna qu'il a connu au moment de son passage avec les Red Bulls de Salzbourg.   

Et pour les amateurs de foot international : il a aussi joué chez les moins 20 ans avec Serge Gnabry, Leroy Sané et Joshua Kimmich.   

  

5. Au moment de la tournée média, Atlanta United a annoncé que trois de leurs joueurs – dont Ezequiel Barco – avaient reçu leur permis de travail, aka leur green card, et ne compteraient dorénavant plus en tant que joueurs internationaux.  

Une nouvelle qu’a accueillie avec un haussement d’épaules exaspéré l’entraîneur du Toronto FC, Greg Vanney.  

Depuis quelques années, les clubs canadiens insistent auprès de la MLS pour souligner le désavantage compétitif auquel ils font face. À cause des lois du travail de chacun des pays, il est très difficile de « naturaliser » un joueur au Canada qu’États-Unis.   

En ce sens, les Reds ont présenté une étude aux bureaux du commissaire pour démonter que sur les 14 joueurs les plus utilisés par chaque club de MLS, 70% d’entre eux étaient considérés comme internationaux.   

Vanney croit que le désavantage sera gommé par la ligue d’ici un an. Au mieux pour cette saison, au pire pour l’autre. Mais son optimisme demeure prudent, très prudent.  

Le mécanisme pour pallier ce désavantage ne peut s’inscrire dans une optique politique ou légale. On ne peut contrevenir ou changer les lois du travail des deux côtés de la frontière. Un des scénarios envisagés par les équipes canadiennes : chacune d’entre elles bénéficierait d’une place internationale supplémentaire au début de chaque saison, cette place ne pourrait être échangée à un club adverse, elle serait en quelque sorte « fixe ».  

  

6. Un des joueurs que les partisans de l’Impact seront heureux de ne pas rencontrer cette saison : Randall Leal. Puisque le Bleu-blanc-noir ne joue pas contre Nashville SC cette saison, il n’aura pas le jeune ailier du Costa Rica dans les jambes.  

Leal ne sera pas non plus de l’alignement de Saprissa en Ligue des champions de la CONCACAF. Interrogé à savoir quel joueur les partisans montréalais devront surveiller, Leal n’a pas hésité une seconde : « Johan Venegas! Mais vous le connaissez déjà. »  

  

7. J’ai aussi croisé à Los Angeles le nouveau joueur du Dynamo de Houston et - accessoirement - le bourreau de l’Impact Darwin Quintero. Je lui ai dit qu’il avait été au cœur de traumatismes importants pour les amateurs de soccer à Montréal. Le sourire qu’il n’a pu dissimuler m’a confirmé qu’il était bel et bien au fait de mon allusion.  

En plus d’avoir gagné la Ligue des champions avec le club America au Stade olympique, il a aussi été celui qui a engrangé cette remontée aussi extraordinaire qu’inattendue en quart de finale de la compétition face à l’édition 2009 du Bleu-blanc-noir.  

Il se rappelle ce match en ces mots : « Nous avions besoin de quatre buts dans le dernier 45 minutes de cette série. Dès que nous avons marqué notre deuxième, on a vu les visages s’allonger. Et plus ça allait, plus il hochait la tête de dépit. On est devenu de plus en plus confortable sur le terrain. » En route vers une victoire au pointage cumulé de 5 à 4 avec deux buts de Quintero dans les arrêts de jeu.  

  

8. Je voulais parler à Josef Martinez du poste de numéro 9. Qu’est-ce qui fait un bon attaquant? Qu’est-ce qu’il admire chez ses collègues? Doit-on absolument avoir une personnalité flamboyante pour occuper ce poste?  

Mon inspiration a été tuée dans l’œuf. Avec son sourire carnassier (!?!), il m’a tout de suite répondu qu’il n’était pas un vrai numéro 9.  

À bien y regarder, avant son arrivée en MLS, Martinez avait joué plus de matchs comme second attaquant ou ailier gauche que comme avant-centre.  

Il est peu probable que Frank de Boer le fasse descendre d’un cran compte tenu des performances qu’il a offertes jusqu’ici avec le club de la Géorgie. Mais est-ce qu’un club en Europe ou ailleurs pourrait être tenté de l’utiliser dans un rôle un peu plus hybride?  

  

9. Je serai en Floride pour le camp de l’Impact du 10 au 13 février. J’aurai à ce moment à transmettre des salutations à Thierry Henry de la part de son ex-coéquipier Dax McCarty.   

En jasant au milieu de terrain du Nashville SC, je n’ai fait que confirmer tout ce qu’on a pu lire à ce jour sur Titi.  

Oui, il est intimidant. Il a une prestance un swag qui n’a d’égal que sa fiche en carrière. Il est dur envers ses coéquipiers, mais toujours juste et sait aussi bien encourager que critiquer.  

Oui, c’est un « nerd de foot. » McCarty explique : « il connaissait tous les XI de la MLS, pouvait te nommer tous leurs joueurs et t’en faire un rapport assez clair. »  

  

10. Des nouvelles de Sean Rea, ce joueur de l’Académie de l’Impact qui revient d’essais en Europe, notamment avec Schalke. Rea a joué deux matchs amicaux avec les U19 du grand club allemand et semble s’en être bien tiré. Peut-il faire le saut outre-Atlantique? Ce sera difficile, mais pas impossible.  

D’ici-là, ce sera intéressant de voir si l’Impact l’invite à participer à son camp en Floride.