Ski et planche

«Ma motivation est intacte»

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

Mikaël Kingsbury hésite quand on lui demande si l’étape canadienne de la Coupe du monde de ski acrobatique des bosses, qui aura lieu samedi à Mont-Tremblant, est une épreuve comme les autres.     

La Coupe du Monde FIS de ski acrobatique de Mont Tremblant sera diffusée samedi, dès 13h30, à TVA Sports  

Celui qui domine outrageusement sa discipline depuis bon nombre d’années reconnaît que dévaler la pente devant son public revêt un cachet très particulier.   

«Je vais me concentrer de la même façon, a-t-il avoué en entrevue au Journal. Mais bon, je mentirais en vous disant que c’est une course comme les autres. Le contexte est fort différent ici. On a la foule derrière nous, comme nulle part ailleurs.»   

«C’est une bonne pression à gérer, poursuit-il. À chaque course, je veux performer au maximum et donner le meilleur de moi-même.»   

«Je ne le fais pas pour les amateurs et mes proches. C’est juste qu’à l’étranger, ils sont habitués à de bons résultats. Il est normal que, quand ils sont sur place au Québec, ils veulent me voir réussir.»   

Menace japonaise  

À pareille date l’an dernier, Kingsbury a su remettre les pendules à l’heure à Tremblant en remportant la finale devant son dauphin au classement actuel, Ikuma Horishima.   

Une semaine plus tôt, il avait dû se contenter de la cinquième place à Lake Placid, son pire résultat individuel en deux ans.   

Il considère, encore cette année, son rival japonais comme sa plus grande menace pour l’obtention d’un autre globe de cristal. Meneur au classement actuel de la Coupe du monde, Kingsbury est aussi, faut-il le rappeler, champion du monde et champion olympique en titre.   

«Le calibre est très relevé, a-t-il affirmé. Mais moi, je sais exactement ce que j’ai à faire. Mon but, c’est de réaliser chaque fois la meilleure descente de ma carrière. Et cet objectif ne changera pas samedi.»   

Les rôles sont inversés  

À 27 ans, signe des temps, l’athlète originaire de Sainte-Agathe-des-Monts est maintenant le doyen de l’équipe canadienne des bosses.   

«Oui, c’est vrai, répond-il, je suis le plus âgé. C’est quand même une belle position à occuper. D’autres sont passés par là.»   

«Les rôles sont maintenant inversés. Je veux être un bon leader, sans être toutefois celui qui va dire à mes coéquipiers comment se comporter. Quand ils ont des questions ou des conseils, ils savent que je suis là pour les conseiller. Je veux être un exemple.»   

Mais n’allez pas croire que, malgré la consécration et les succès qui continuent d’alimenter un palmarès déjà très riche, le mot retraite fait partie de son vocabulaire.   

«Absolument pas, a-t-il déclaré. Je ne suis pas prêt à arrêter. Ma motivation est intacte. Les attentes sont élevées envers moi, mais j’aime cette pression. J’adore gagner et chaque victoire est différente. Je suis arrivé dans mon sport par la grande porte et je vais aussi sortir par la grande porte.»   

«Ma soif de victoires est toujours présente, renchérit-il. Je ne suis jamais blasé. Et puis, ici à Tremblant, c’est toujours plaisant de célébrer au P’tit Caribou...» Cet endroit que plusieurs décrivent comme l’un des meilleurs bars... d’après-ski au monde.