Crédit : Steven Bisig-USA TODAY Sports

MLS

C’est 20 pensées – janvier 2020 (1)

C’est 20 pensées – janvier 2020 (1)

Fréderic Lord

Publié 24 janvier
Mis à jour 24 janvier

 Le titre incongru qui vous a attiré sur cette page provient d’une lointaine et plutôt approximative boutade. 

 Avec les années, il est devenu une marque, un «brand» auxquels un nombre assez restreint d’amateurs s’est attaché. Pensez Coke aux cerises, Boomerang citron ou Projet Orange.  

 En somme, ce sont des nouvelles et observations tirées des quatre coins de la MLS. Pour le mois de janvier, elles sont tirées des journées médias qui se sont tenues à Los Angeles la semaine dernière. Pour l’occasion, des vedettes et entraîneurs du circuit Garber y étaient accueillis pour répondre aux questions de différents médias. 

 Comme l’attention est une ressource qui nous fait de plus en plus défaut, voici la première partie... de deux. 

 1. Sans l’ombre d’un doute, le nouveau format de séries éliminatoires implanté l’an dernier par la MLS fait consensus. De toutes les conversations que j’ai eues à Los Angeles, c’est l’élément sur lequel les joueurs, les entraîneurs et les bonzes de la ligue s’accordent. 

 Cette formule à élimination directe (plutôt que des allers-retours) nous a offert des matchs particulièrement portés vers l’attaque. 

 À titre d’exemple, l’entraîneur des Sounders de Seattle et champions de la Coupe MLS, Brian Schmetzer, m’a rappelé leur première rencontre du tournoi d’après saison. Un haletant 4-3 qui avait nécessité une prolongation face aux jeunes joueurs du FC Dallas. 

 En ce sens, un sentiment semble animer la majorité des acteurs du milieu : la MLS doit célébrer et assumer sa particularité sur la planète soccer. 

 En Amérique du Nord, les séries font foi de tout. À terme, la Coupe MLS importe plus que le Supporter Shield, l’emblème de la saison régulière. Pour certains puristes, cette assertion peut sembler hérétique, mais nombreux dans le milieu croient qu’il faut embrasser cette réalité. 

 2. Avec Schmetzer, je suis revenu sur une primeur que j’avais obtenue à son sujet lorsque j’étais journaliste à l’emploi de Radio-Canada. Avec en tête d’apprendre le nom de du premier entraîneur de l’Impact en MLS, j’étais tombé sur sa candidature qui faisait l’objet de la «short list» du Bleu-blanc-noir en compagnie de Jesse Marsch, l’éventuel élu. 

 À l’époque, j’avais eu quelques conversations avec Schmetzer. Tout du long, il était resté professionnel et très respectueux du processus d’embauche. 

 Quelque neuf ans plus tard, il se rappelle en ces termes la façon dont l’état-major montréalais de l’époque avait justifié le rejet de sa candidature : «On m’a dit que j’étais trop West Coast. Probablement leur façon d’être poli avec moi...» 

 3. Ce qui se passe présentement à Vancouver est digne d’intérêt. Les Whitecaps, de l’avis de plusieurs, sont en voie d’effectuer une petite révolution dans leurs façons d’opérer. 

 Revoir la structure du club, être plus professionnel et en phase avec ce qui se fait de mieux en MLS, voilà le désir de l’organisation. 

 Un changement de culture ne s’opère pas en criant ciseau, parlez-en aux partisans de l’Impact, mais il sera particulièrement intéressant d’observer ce qui se passera dans ce club au cours des prochaines années. 

 Il y a de ça quelques années, un acteur de la MLS avait utilisé dans une de nos conversations l’expression «portes tournantes» (aka revolving doors) pour illustrer les difficultés de Vancouver. 

 Au cœur de cette révolution : Marc Dos Santos, un entraîneur qui a littéralement connu du succès partout où il est passé. Les Caps semblent entre de bonnes mains. 

 4. Victime des circonstances : les Caps et l’Impact se sont intéressés à l’international haïtien et ancien défenseur de l’Académie de l’Impact, Jems Geffrard. Au final, les deux équipes lui auront préféré des joueurs de la CPL en Amar Didic et Joel Waterman. 

 J’insiste sur le mot «circonstances» en opposition à qualité ou talent. Un grand défenseur avec un bon pied gauche, ça peut être très utile. 

 5. Je ne vous apprends rien en vous assurant qu’il y aura d’autres embauches chez les Whitecaps d’ici le début de la saison. Mais deux ou trois devraient survenir plus tôt que tard. 

 Nombreux ont l’impression que les clubs de la MLS ont pris du retard dans leur recrutement cet hiver. C’est le cas des Sounders qui se sont ouvertement plaints de l’incertitude face à la nouvelle convention de travail entre l’association des joueurs et la ligue. 

 Dans une certaine mesure, Dos Santos partage ce constat, mais rappelle que nombre de joueurs, Nani à Orlando notamment, ont été annoncés en février la saison dernière. 

 «Dans le processus de recrutement d’un joueur, 99% du travail est assez "smooth" (ses mots). Identifier le profil du joueur, regarder des vidéos de ses matchs, aller le voir jouer en personne, retourner le voir jouer, le rencontrer, rencontrer son entourage, faire une offre, tout ça se fait assez naturellement. C’est le 1% du reste qui est extrêmement compliqué : obtenir la signature et compléter les papiers.» 

 C’est cette infime partie de cette danse entre le joueur et le club qui pose le plus de maux de tête aux dirigeants qui peut faire basculer une saison. Jimmy Briand, quelqu’un? 

 Entre le 22 janvier et la fin mars l’an dernier, les équipes de la MLS ont fait signer 106 nouveaux contrats à différents joueurs. Ce chiffre devrait augmenter cette année. 

 Voici une liste de joueurs qui ont rempilé au moment où les différents camps s’étaient amorcés. 

 Pity Martinez, Atlanta, 24 janvier 

 Carles Gill, Nouvelle-Angleterre, 30 janvier 

 Vito Mannone (gardien de l’année), Minnesota, 10 février 

 Nani, Orlando, 18 février 

 Alejandro Pozuelo, Toronto, 4 mars 

 Jamiro Monterio, Philadelphie, 5 mars 

 Nicolas Gaitan, Chicago, 14 mars 

 Heber, NYCFC, 21 mars 

 En somme, d’autres gros noms devraient être annoncés d’ici les prochaines semaines. 

 6. Je ne crois pas qu’il y ait plus gêné en entrevue que le milieu de terrain des Whitecaps Inbeom Hwang. En coréen, il a souligné à plus d’une reprise qu’il en devait une à son entraîneur Dos Santos. Parce que celui-ci est resté solidaire et encourageant avec lui, l’inscrivant sur la feuille de match pour les 34 rencontres du calendrier 2019. 

 7. J’ai profité de ces quelques jours à Los Angeles pour tester une de mes théories par rapport à l’année 2019 en MLS. J’ai l’impression qu’une majorité de clubs ont été surpris, voire dépassés, par les exigences physiques du calendrier. 

 Certes, tout le monde savait que l’horaire condensé jumelé au tournoi de la Gold Cup en plein milieu de la saison allait rendre les choses pénibles, mais peut-être pas à ce point-là. 

 Pour un entraîneur, il est périlleux d’avouer publiquement que vous avez été dépassé par les événements, mais celui des Timbers de Portland, Gio Savaresse, a bien voulu explorer l’idée avec moi. 

 «En 2018, nous avons joué la finale à Atlanta en décembre, frais comme des roses. L’année d’après, début novembre, nous étions lessivés. Nous avions une tonne de blessés et c’est tout juste si nous arrivions à mettre un pied devant l’autre.» 

 Il faut aussi souligner le fait que les Timbers n’auront jamais été en mesure de se remettre des 12 matchs consécutifs joués sur la route en début de saison. En raison des rénovations dans leur stade, ils ont été contraints de rester dans leurs valises du mois de mars au mois de juin. 

 8. On assiste à un certain changement de garde dans le contingent argentin en MLS. Federico Higuain n’y est plus. Diego Valeri a renoncé au titre de joueur désigné à Portland et Nacho Piatti en est vraisemblablement à sa dernière saison en MLS. 

 Quand un de leurs compatriotes rappliquait dans le championnat, il les appelait pour avoir des références. 

 La «nouvelle génération» a développé un tout autre réseau. Lucas Zelarayan du Crew de Columbus s’est renseigné auprès de Cristian Pavon et Favio Alvarez du LA Galaxy. Cristian Espinoza est très près de Pavon, avec qui il a gagné le championnat argentin en 2018, mais aussi de Kaku Gamara des Red Bulls de New York, un Paraguayen né en Argentine. 

 Matias Pellegrini de l’Inter Miami a quant à lui donné un coup de fil à Leandro Gonzalez Pirez, défenseur «sortant» d’Atlanta United, avant de s’engager avec l’équipe de David Beckham. 

 9. Mark-Anthony Kaye du LAFC est peut-être un des joueurs les plus articulés en MLS. Il fait d’ailleurs partie du «groupe de leadership» en sélection canadienne mené par le sélectionneur John Herdman. 

 Je lui ai demandé quel était le secret le mieux gardé de la MLS. Du tac au tac il m’a répondu Latif Blessing, son coéquipier sur la côte ouest. 

 Avec un salaire de quelque 100 000 $, le Ghanéen est assurément une des plus belles aubaines du circuit. 

 10. Toujours sur Kaye : après la Gold Cup 2017, l’Impact détenait ses droits MLS. Avec le changement de personnel qui s’opérait à l’époque, le Bleu-blanc-noir a pris trop de temps pour signer l’international canadien. Ses droits sont ensuite passés aux Whitecaps de Vancouver, qui étaient à court d’argent pour lui faire signer une entente. Le LAFC a finalement trouvé de la place (sic) dans son budget pour en faire un des leurs.