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Crédit : AFP

Golf

À la chasse au 83e titre

Publié | Mis à jour

À son retour à la compétition en ce début de 2020, Tiger Woods est à la chasse au record ultime. En territoire connu à Torrey Pines, il pourrait bondir sur un 83e titre de la PGA cette semaine.

Depuis sa 82e victoire à la fin d’octobre au Championnat Zozo au Japon, le «Tigre» figure à égalité avec le grand Sam Snead au sommet des golfeurs les plus couronnés de tous les temps.

Celui qui faisait saliver ses adversaires par son style unique, son élan aussi fluide que gracieux et son désir de vaincre, des années 1930 jusqu’aux années 1960, pourrait passer second, une première en 55 ans. L’homme aux multiples chapeaux de paille avait signé sa dernière victoire à l’Omnium Greater Greensboro en 1965, alors qu’il était âgé de près de 53 ans.

À 44 ans, Woods pourrait le surpasser dès son premier essai, puisque le parcours sud de Torrey Pines, en banlieue de San Diego, hôte de l’Omnium Farmers Insurance, ne peut lui cacher ses secrets.

Vainqueur à huit de ses 18 présences sur ce pittoresque parcours californien surplombant l’océan Pacifique, il y avait remporté l’Invitation Buick quatre fois de suite entre 2005 et 2008, en plus de mettre la patte sur le trophée de l’Omnium des États-Unis en prolongation en juin 2008. Sur une seule jambe face à Rocco Mediate, cet exploit est devenu une pièce d’anthologie de l’histoire du golf.

Rasant presque tout sur son passage depuis 1996, il vise un triomphe dans une quatrième décennie d’affilée. Il deviendrait ainsi le quatrième golfeur professionnel à y arriver, alors qu’il rejoindrait Snead, Raymond Floyd et Davis Love III.

Avec ses 15 titres majeurs, il y a longtemps qu’il a devancé Snead — qui en compte sept — dans cette course. Il a de plus touché à trois occasions à un trophée que Snead n’a jamais soulevé, celui de l’Omnium américain. C’est la seule ombre sur la feuille de route de l’homme décédé en 2002.

Le présent avant le futur

En réfléchissant rapidement à ce 83e titre qui l’attend, Woods ne veut certainement pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. En conférence de presse à Torrey Pines, mardi, il a dévié les questions portant sur le record à battre.

Le champion en titre du Tournoi des Maîtres préfère rester dans le moment présent tandis qu’il s’apprête à lancer sa 24e saison sur le circuit de la PGA. Il ne voulait surtout pas se projeter à dimanche, un trophée entre les mains en étant sacré le golfeur le plus couronné de tous les temps.

«Attendons de nous rendre là d’abord, a-t-il mentionné, détendu, en freinant les ardeurs des rêveurs. Juste de se rendre à 82, c’est quelque chose. Je ne réfléchis pas à cette 83e victoire, car je dois penser à toutes les petites choses essentielles pour gagner un tournoi de golf. Il y a tant de coups différents à exécuter, une stratégie à appliquer et une façon de penser sur ce parcours. Je suis davantage concentré là-dessus que sur le chiffre.»

S’il devait réaliser ce tour de force dès cette semaine, il ne lui resterait qu’à surpasser la marque des 18 victoires du grand Chelem détenue par le «Golden Bear», Jack Nicklaus.

Au fait, quelle marque a le plus d’importance à ses yeux? Les titres en carrière ou le nombre de victoires majeures?

«Il y a tant de façons de voir cela. Je crois que les victoires en engendrent d’autres. Quand je gagnais un tournoi régulier, je me sentais en confiance dans les championnats majeurs. C’est ce qui m’aidait à gagner, a répondu celui qui compte plus de 10 saisons de cinq gains et plus en carrière.

Pour se rendre à 82 victoires ou 18 titres majeurs, il faut gagner de façon constante, a ajouté le golfeur. Il faut en compter plusieurs par saison.»

400 mètres haies

Maintes fois dans sa carrière, le «Tigre» a été inarrêtable. Il a pris exemple sur l’athlète américain Edwin Moses, qui, de 1977 à 1987, n’a échappé aucune course au 400 mètres haies. À ses 122 victoires consécutives, il avait récolté l’or aux Jeux olympiques de Montréal et de Los Angeles.

«J’ai grandi durant cette domination, a rappelé l’athlète né en 1975. Edwin était le meilleur de sa discipline. Il avait gagné quoi, 113 courses de suite ou quelque chose du genre, a-t-il questionné alors que la réponse est 122. Il n’a jamais perdu, jamais fait de gaffe ou joué de malchance.»

En confiance après une fin de saison 2019 convaincante, Woods a bientôt rendez-vous avec l’histoire. Que ce soit ce week-end ou plus tard cette saison, il devrait surpasser Snead. S’il reste en santé.