Crédit : Eric Bolte/Agence QMI

UFC

Valérie Létourneau forcée à la retraite

Publié | Mis à jour

Au cours de la dernière année, la combattante Valérie Létourneau a broyé du noir. En raison de blessures importantes à une épaule et au cou, la Québécoise a été forcée de prendre sa retraite des arts martiaux mixtes (AMM). À l’instar de tous les athlètes de sports de combat, c’est une décision qui a été très difficile à prendre.

Jointe par Le Journal de Montréal, Létourneau (10-7, 4 K.-O.) a levé le voile sur les raisons qu’ils l’ont poussée vers cette avenue.

«C’est encore dur pour moi d’en parler parce que ce n’est pas ce que je voulais. Je suis encore en train de faire le deuil de ma vie de combattante, a-t-elle indiqué lors d’une entrevue téléphonique. J’ai une blessure à l’épaule gauche que je traîne depuis plusieurs années.»

«Lors de mon dernier camp d’entraînement, je savais que mon combat serait mon dernier en carrière. Je n’avais plus aucune autre option.»

C’est un médecin de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) qui lui avait donné son premier avertissement il y a une dizaine d’années. Puis, elle a reçu deux autres avis médicaux de spécialistes par la suite. Ils étaient unanimes sur sa condition.

«Mon épaule est finie, a expliqué Létourneau. J’ai déjà subi des interventions chirurgicales en 2008 et en 2009. Toutefois, avec les nombreuses années de contacts, je dois maintenant avoir une reconstruction complète.»

«Tous les médecins que j’ai rencontrés m’ont informée que si j’avais cette opération, c’était terminé pour les arts martiaux mixtes. Ça va me permettre au moins d’enlever la douleur.»

Des camps compliqués

Au cours des dernières années, Létourneau a eu de la difficulté à bien se préparer durant ses camps d’entraînement.

«C’était de plus en plus difficile à cacher, a précisé l’athlète de 36 ans. Il y a plein de choses que je ne pouvais plus faire. Les camps étaient devenus compliqués, car je ne pouvais pas me retrouver dans plusieurs positions au sol.»

«J’avais la force d’un enfant de deux ans pour me dégager des prises de lutte ou de jiu-jitsu et pour me relever du côté gauche. Je pouvais me retrouver dans le trouble assez facilement. Ça ne paraissait pas beaucoup lorsque j’étais en position debout.»

«Pour frapper fort, tu as besoin de ton corps au complet et non seulement de ton bras.»

Étant donné que Létourneau ne peut plus combattre dans les arts martiaux mixtes, elle pourrait se tourner vers la boxe.

«Ça me passe encore par la tête, a-t-elle confirmé. Je vais souvent voir les galas de boxe. J’ai 36 ans. J’aurais peut-être la chance de faire un ou deux combats, mais ce ne sera pas en AMM.»

Des projets

Il y a une vie après les arts martiaux mixtes.

Et c’est ce que Létourneau a découvert depuis qu’elle est revenue au Québec il y a six mois.

«J’ai plein de projets en tête, a-t-elle expliqué. J’ai notamment commencé à donner des conférences dans les écoles sur la résilience et la passion. J’aime cela parler aux jeunes filles surtout.»

«Je veux m’impliquer au Québec et c’est pour cette raison que je suis revenue ici.»

Elle ne détesterait pas démarrer un programme comme celui d’Ali et les Princes*ses de la rue sur la Rive-Sud de Montréal, où les jeunes pourraient faire leurs devoirs et s’entraîner dans un sport de combat dans le même endroit.

Un dossier à suivre.