Crédit : AFP

Tennis

Pollution: la direction des Internationaux d'Australie prend les grands moyens

Publié | Mis à jour

La direction des Internationaux d'Australie a dévoilé samedi un système mesurant la pollution de l'air qui entraînera la suspension des matchs si un certain degré est atteint, alors que Melbourne est touché par les feux qui ravagent le sud-est du pays.

Le jeu sera suspendu si le taux de particules fines solides et liquides en suspension dans l'air (PM2.5) atteint les 200, c'est-à-dire le cinquième degré de cette échelle mesurant la qualité de l'air.

Le quatrième degré, entre 97 et 200, amènera un débat entre le service médical et les organisateurs pour savoir s'il faut continuer à jouer. L'arbitre pourra interrompre un match s'il l'estime opportun.

Ces règles s'appliqueront à tous les matchs en extérieur et dans les courts à toits rétractables, où un match, s'il est suspendu, ne pourra reprendre qu'après la fermeture du toit.

Un match ne pourra être interrompu avant qu'un nombre de jeux pair ait été disputés, ou à la fin d'un bris d’égalité s'il y a lieu.

La première levée du Grand Chelem 2020 débute lundi, mais les matchs de qualification ont déjà commencé et suscité de nombreuses critiques, ainsi que la grogne de certains joueurs.

Mardi, la Slovène Dalila Jakupovic a dû abandonner en plein match après avoir souffert de violentes quintes de toux sur le court. Et plusieurs joueurs ont eu besoin d'inhalateurs pour soulager leur détresse respiratoire.

Federer s'en mêle 

Roger Federer s'est plaint du manque de communication de ces derniers jours de la part de l'organisation. «Je pense que la communication est capitale de la part d'un tournoi envers les gens, les médias, les fans, les joueurs, parce qu'on entend que c'est dangereux d'être dehors, qu'il faut laisser les animaux domestiques à l'intérieur, fermer les fenêtres», a dit le Suisse samedi en conférence de presse.

«On nous appelle pour aller sur le court, et là on voit la brume et tout, ça n'a pas l'air bon. Où en est-on avec le seuil pour savoir si on joue ou pas?», s'est-il interrogé.

Certains joueurs qui ont disputé les qualifications se sont demandé pourquoi les stars ne sont pas davantage intervenues auprès des organisateurs.

«Qu'est-ce que je peux faire? Je peux aller dans leur bureau, leur parler. Je suis allé les voir le premier jour où c'était mauvais, le mardi, et le jour suivant quand c'était toujours mauvais. Je leur ai dit: "Écoutez, je pense vraiment que la communication est capitale pour nous tous, pour tout le monde". Il faut en faire plus parce que j'ai l'impression que je n'ai pas eu assez d'informations», a dit l'icône de 38 ans.

«Est-ce que je peux aller sur le court et dire "Tout le monde s'arrête de jouer?" Je peux essayer. Je ne pense pas que ça fasse avancer les choses. Peut-être que je suis intervenu un peu trop tard. Mais je ne crois pas pouvoir faire plus que ce que j'ai déjà fait», a souligné Federer.

Il a salué le dispositif mesurant la qualité de l'air: «D'après ce qui s'est dit hier (vendredi) dans le conseil des joueurs, les Jeux olympiques et d'autres compétitions ont des seuils de particules fines à 300. Le nôtre est de 200. De ce point de vue, je pense qu'on avance vers plus de sécurité. Nous ne sommes pas ici pendant six mois d'affilée avec plus de 200, 300, vous savez. C'est cela qui peut-être affecte dangereusement».

«Je pense que la qualité de l'air pour le sport et le tennis est un sujet que nous aurons à débattre davantage à l'avenir», a déclaré jeudi le patron du tournoi, Craig Tiley, aux journalistes.

«Nous comprenons tout à fait la colère. Nous avons convié les joueurs à venir nous voir quand ils le souhaitent et à en discuter», a-t-il ajouté.