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LHJMQ

Lafrenière et Byfield se lancent des fleurs

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Le Championnat mondial de hockey junior a, en fin de compte, dissipé les derniers doutes à savoir si Alexis Lafrenière était le meilleur espoir admissible au repêchage de 2020 de la LNH. Mais le principal intéressé préfère ne rien tenir pour acquis.

Quelques jours à peine après être revenu à Rimouski, Lafrenière est de nouveau sous les projecteurs. Arrivé mardi à Hamilton, il sera la tête d’affiche du match des meilleurs espoirs de la Ligue canadienne de hockey au First Ontario Centre jeudi soir.

«Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit de confirmé», a-t-il toutefois répondu lorsque questionné à savoir s’il croyait avoir confirmé son statut de meilleur espoir. «Le Championnat du monde a très bien été pour moi et ça s’est bien fini. De gagner l’or a été une grosse expérience, mais je ne crois pas que ça ait confirmé quoi que ce soit. Je dois continuer à travailler», a mentionné celui qui sera le capitaine d’Équipe Blanc, vendredi. Car non, il n’y a plus d’Équipe Cherry ! Ce sera plutôt une confrontation entre Blancs et Rouges.

Enfin. Quand on vous disait que Lafrenière était de nouveau sous les projecteurs, ce n’est peut-être pas totalement vrai. Il ne les a jamais vraiment quittés.

Depuis son retour de la République tchèque, il est le sujet de l’heure à Montréal. Le Canadien doit-il continuer sa descente au classement dans le but d’obtenir le plus de chances possible de mettre la main sur le Québécois au premier rang du prochain repêchage qui, en plus, se tiendra au Centre Bell ? Cette question est posée quotidiennement depuis une semaine, autant dans les médias que chez les partisans de l’équipe.

Même s’il essaie de se tenir le plus loin de ces discussions, Lafrenière est bien au courant de ce qui se dit à son sujet.

«Il y a peut-être des discussions sur les réseaux sociaux et c’est correct, mais j’essaie de rester loin de ça. J’essaie de me concentrer sur ma saison et d’aider Rimouski à gagner», mentionne-t-il toutefois.

Contre Byfield

Après avoir été des coéquipiers avec l’équipe nationale junior, Lafrenière et Quinton Byfield, considéré par plusieurs comme le deuxième meilleur espoir pour 2020, seront des adversaires jeudi soir puisque Byfield sera le capitaine d’Équipe Rouge.

S’ils ne se connaissaient pas avant le tournoi, les deux jeunes talents ont pu faire connaissance en République tchèque. «On est devenus de bons amis au Mondial junior. De l’affronter sera quelque chose de spécial. C’est un joueur de grand talent, un fabricant de jeu qui n’a pas peur de distribuer les mises en échec», a complimenté Byfield.

À ce sujet, le gros joueur de centre ontarien a été surpris de l’implication physique de Lafrenière à Ostrava.

«Ça m’a crinqué sur le banc ! De le voir frapper l’adversaire comme ça a joué un grand rôle dans les succès de l’équipe.»

Si Lafrenière a confirmé tout le positif qu’on disait déjà de lui avant le Mondial junior, l’expérience fut un peu plus compliquée pour Byfield. Utilisé de façon sporadique durant le tournoi, il n’a jamais vraiment été en mesure de s’imposer face à des joueurs plus vieux que lui.

Expérience

Qu’importe, toutefois, le grand gaillard n’est reparti d’Ostrava qu’avec du positif.

«Ç’a été une belle expérience et j’ai eu la chance de côtoyer des gars comme Joe Veleno et Barrett Hayton, qui jouent chez les professionnels. Ça m’a permis de voir comment ils se comportent. Sur la glace, j’ai eu à m’adapter à la grandeur de la patinoire ainsi qu’au fait qu’on jouait contre les meilleurs joueurs juniors au monde. C’était vraiment cool de pouvoir me mesurer à eux.»

«Le meilleur joueur de cette cuvée»

Le directeur de la Centrale de recrutement de la LNH, Dan Marr, n’a jamais douté qu’Alexis Lafrenière était le meilleur espoir admissible au repêchage de 2020.

Dans sa liste de mi-saison, publiée lundi dernier, la Centrale a placé Lafrenière au premier rang des espoirs en Amérique du Nord.

Entre nous : vous pouvez aussi tenir pour acquis qu’il est le premier sur leur liste globale.

«Pour notre groupe, il est le meilleur joueur de cette cuvée. Au Championnat mondial de hockey junior, il a démontré qu’il était capable d’être le joueur qui fait la différence et qui se lève dans les moments importants», a-t-il mentionné lors d’un entretien avec Le Journal, mercredi, au First Ontario Centre de Hamilton.

Des doutes ?

Marr qualifie d’ailleurs la saison actuelle de Lafrenière «d’intéressante». Selon lui, sa façon de gérer l’adversité à laquelle il doit faire face dans la LHJMQ est une autre preuve de ce qui en fait un espoir de premier ordre.

«Les équipes ne le laissent pas manœuvrer à sa guise. Il se fait frapper et on tente de le déranger. Il a eu besoin de se défendre à quelques reprises et ça démontre un peu ce qu’il a dans le ventre. C’est un jeune qui est prêt à faire les sacrifices, à se salir le nez et à distribuer les mises en échec.»

À Ostrava, Lafrenière ne s’est pas hissé au premier rang des meilleurs espoirs. Il a confirmé que tout l’engouement à son sujet est justifié, estime Marr.

«S’il restait des doutes, ils sont dissipés maintenant. C’est un joueur que tu veux avoir dans ton équipe parce qu’il rend les autres meilleurs autour de lui. Ce qu’il fait cette année ne fait que confirmer ce que tout le monde dit à son sujet depuis deux ou trois ans.»

Prudence

De l’autre côté, le recruteur ne croit pas que Quinton Byfield ait nui à son rang de repêchage en République tchèque.

«Les recruteurs n’accordent aucune importance à une prestation plus timide dans ce tournoi. C’est un événement pour les joueurs de 19 ans. D’avoir été invité au camp est un plus pour lui et d’avoir réussi à se tailler une place avec l’équipe en est un autre. Par contre, qu’il joue une ou 100 minutes dans le tournoi, ça ne veut rien dire. Ce tournoi permet d’accélérer leur développement. Certains jeunes joueurs connaissent du succès lors de cet événement et c’est tant mieux. Mais quand les recruteurs assistent à une mauvaise période ou un mauvais match d’un joueur de 17 ans, ils jettent ça aux poubelles. Ça ne fait pas partie de l’équation.»