Michel Bergeron

Échanger Price et Weber, c'est maintenant!

Échanger Price et Weber, c'est maintenant!

Michel Bergeron

Publié 11 janvier
Mis à jour 11 janvier

Les Canadiens de Montréal doivent-ils écouter les offres pour Shea Weber et Carey Price? Cette question divise aux quatre coins du Québec à l’heure actuelle. Pour moi, il ne fait plus aucun doute : Marc Bergevin doit tenter d’échanger ses deux vétérans. 

Dans le cas de Price, je le dis depuis l’an dernier. Le directeur général du Tricolore aurait dû commencer à marchander son gardien-vedette dès la saison dernière. Mais il n’est pas trop tard. 

Voyez son intervention au segment «Sans Filet», à TVA Sports, dans la vidéo ci-dessus.

C’est évident que Price est un joueur frustré à l’heure actuelle. Il veut gagner la coupe Stanley avant la fin de sa carrière et sait pertinemment que ce sera difficile de le faire à Montréal dans une perspective à court ou moyen terme. Soyons honnêtes, il ne connaît pas une bonne saison. On a l’impression que la frustration s’empare de lui et il n’est plus rare de le voir accorder un mauvais but qui fait très mal au Bleu-Blanc-Rouge. 

Dans le cas de Weber, c’est un peu la même chose. Même s’il connaît une excellente saison, la réalité est qu’il ne rajeunit pas lui non plus. Le no 6 du Tricolore a connu une brillante carrière et il a mérité le droit à une chance légitime de gagner le gros trophée. 

Encore une fois, difficile de croire que ça va arriver à Montréal. 

Un peu comme les Bruins de Boston l’avaient fait avec Raymond Bourque en 2001, je verrais les Canadiens s’asseoir avec Weber et lui proposer de trouver un endroit où il aura une chance de gagner. Une question de respect. 

Même chose pour Price. Le gardien possède une clause de non-mouvement, mais je suis persuadé qu’il accepterait de fournir une liste de quatre ou cinq formations avec lesquelles il aimerait s’aligner.  

N’en déplaise aux partisans du CH, le temps est venu de tourner la page. 

À qui la faute?

La saison 2019-2020 des Canadiens est pas mal à l’eau. Les critiques fusent de toute part, autant dans les médias que chez les partisans. 

Difficile de trouver un seul responsable à la saison de misère que connaît l’équipe. Il faut admettre que les blessures à Jonathan Drouin et Brendan Gallagher n’ont pas aidé la cause de l’équipe. 

À ce sujet, on a appris hier que Gallagher souffrait toujours de maux de tête. Est-ce là une bonne vieille stratégie du Tricolore d’être plus patient que prévu avec les vétérans blessés dans le but de ne pas engranger trop de points au classement? La question se pose. 

Mais bref, malgré tout ça, certains réclament la tête de l’entraîneur Claude Julien. 

La réalité est toutefois que d’amener un nouvel entraîneur, par intérim ou pas, ne changerait absolument rien. Pour avoir vécu ce genre de situation, je sais que Claude est un homme très malheureux en ce moment. Non seulement il semble à court de solutions pour relancer son équipe, mais les relations entre lui, Marc Bergevin et le propriétaire de l’équipe doivent être tendues. 

Le recrutement

Si j’avais à mettre la faute sur une personne, je dirais Trevor Timmins. Qu’on le veuille ou non, le recrutement des Canadiens de Montréal a fait défaut au cours des dix dernières années, et c’est la raison pour laquelle l’équipe se retrouve dans cette situation aujourd’hui. 

Dans la LNH, tu te dois d’avoir un roulement. Un joueur quitte et un autre, idéalement repêché et développé au sein même de l’organisation, arrive. Il est là le problème, le CH n’a pas assez bien repêché pour pouvoir compter sur de jeunes joueurs compétents et capables de prendre la relève immédiatement. 

Oui, il y en a quelques-uns. Les Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling, Cale Fleury ou Victor Mete, mais ce n’est pas assez. 

J’ai récemment regardé un match du Rocket de Laval et je peux vous dire qu’il y a très peu de joueurs dans cette organisation qui ont ce qu’il faut pour devenir des joueurs de la LNH à temps plein. 

Les jeunes

Il est là, le gros problème. Pour décider de rebâtir et de faire confiance aux jeunes, ça te prend... des jeunes! Les noms mentionnés plus haut en sont, tout comme Nick Suzuki qui n’a pas été un choix de repêchage de l’équipe. Mais après?  

Plusieurs pensent qu’Alexis Lafrenière serait la solution à Montréal. Le problème dans tout ça, c’est que tu es loin d’être assuré de l’avoir même si tu finis bon dernier dans la LNH. 

La pire équipe au classement général aura un gros 18,5 % des chances d’obtenir la première sélection. Ça veut dire quoi ça? Qu’elle aura 81,5 % des chances de ne pas parler au tout premier rang. 

Il est clair que le jeune Lafrenière serait une bénédiction pour le Tricolore, mais l’équipe ne peut pas miser là-dessus. Ce serait, encore une fois, de l’improvisation comme il y en a eu beaucoup trop depuis quelques années. 

Bravo à Dale et Alexis

Je tiens à féliciter tous les membres d’Équipe Canada qui ont ramené la médaille d’or au pays grâce à une superbe victoire contre les Russes en finale du Championnat mondial de hockey junior, dimanche dernier. Bravo aux Québécois Raphaël Lavoie, Olivier Rodrigue et Joe Veleno, ainsi qu’à l’entraîneur André Tourigny, mais surtout à mon ancien joueur Dale Hunter et au jeune prodige Alexis Lafrenière. Ça me faisait drôle de voir Dale à la télévision parce qu’à l’exception de ses cheveux plus blancs qu’à l’époque, j’avais l’impression de revoir le même homme que j’ai connu à ses débuts dans la LNH. J’ai revu l’homme dédié, mais jamais à l’avant-plan. Pour lui, l’équipe a toujours primé, et c’est exactement ce qu’il a appliqué comme philosophie lors du Mondial.  

Chapeau Gretzky

Wayne Gretzky a mentionné la semaine dernière que les joueurs de la LNH doivent être aux Jeux olympiques de Pékin en 2022. Bravo ! Tous les amateurs de hockey veulent voir les Connor McDavid, Auston Matthews et compagnie aux Olympiques. Il est rare de voir le membre d’une organisation de la LNH aller publiquement à l’encontre de ce que Gary Bettman décide. Gretzky, qui travaille pour les Oilers d’Edmonton, a acquis le statut nécessaire pour faire ce genre de déclaration et il est évident qu’il veut que McDavid et Leon Draisaitl puissent profiter de l’expérience olympique dans leur carrière.  

McDavid, wow!

Parlant de McDavid, le but qu’il a marqué contre les Maple Leafs de Toronto la semaine dernière va faire les jeux de la semaine, voire du mois, ou même de la décennie ! J’ai d’ailleurs parlé avec certaines personnes qui voient souvent jouer le no 97 des Oilers, et plusieurs m’ont mentionné qu’il s’agissait du meilleur match qu’ils l’avaient vu jouer dans la LNH. Quel dommage quand même qu’un joueur aussi talentueux se retrouve au sein d’une organisation aussi moribonde que les Oilers d’Edmonton. Imaginez si McDavid était entouré comme l’étaient Wayne Gretzky et Mario Lemieux à l’époque. Ce serait tout simplement extraordinaire. À la place, il se retrouve avec une équipe qui a multiplié les mauvaises décisions au cours des dernières saisons et qui, malgré le fait qu’elle compte sur deux des meilleurs joueurs de la LNH en McDavid et Leon Draisaitl, continue de se battre pour faire les séries.