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Canadiens de Montréal

Qui doit partir?

Publié | Mis à jour

Marc Bergevin a toujours dit qu’il ne sacrifiera pas ses meilleurs espoirs et de gros choix au repêchage pour des solutions à court terme. Le directeur général des Canadiens continuera de respecter sa philosophie même s’il voit son équipe chuter au classement.

Bergevin a choisi de vivre ou de mourir avec son plan. C’est noble de sa part puisqu’il pourrait chercher à sauver sa peau dans une autre période de tempête à Montréal. Le DG du CH aura toutefois des décisions à prendre d’ici le 24 février, date limite des transactions dans la LNH. Il y aura fort probablement une pancarte «à vendre» devant le Centre Bell.

Certains partisans exigeront une démolition complète de cette équipe. Bye-bye Carey Price. Bye-bye Shea Weber. Mais pour reprendre une citation célèbre de Bergevin, la réalité d’un DG dans la LNH est bien différente de celle d’une console de jeu PlayStation. Le Journal a dressé une liste de joueurs susceptibles d’attirer l’attention d’autres équipes dans le cas d’une vente de feu.

POUR UNE RECONSTRUCTION COMPLÈTE

Carey Price

Le 2 juillet 2017, Marc Bergevin a fait de Carey Price son joueur de concession en lui faisant signer une prolongation de contrat de 8 ans et 84 millions. Le CH a choisi de construire avec Price comme fondation. Le gardien est au sommet de la pyramide salariale de l’équipe. C’est la réalité du CH. Même si Price connaît une saison difficile, Bergevin croit toujours en lui. Il serait très surprenant de le voir partir de Montréal. Et pour plusieurs raisons. Il y a d’abord la simple équation mathématique. Avec un impact de 10,5 millions dans la masse salariale jusqu’à la fin de la saison 2025-2026, Price devient pratiquement impossible à échanger. Il détient également une clause de non-mouvement dans son contrat, ce qui lierait les mains de son DG s’il souhaitait connaître sa valeur sur le marché. Les équipes qui rêvent à la coupe Stanley en ce moment ont déjà leur homme de confiance devant le filet. Même s’il a déjà manifesté son désir de gagner, Price ne sortira pas du bateau qui prend l’eau avec le Canadien.

Shea Weber

Weber porte le «C» de capitaine. À l’image de Price, il fait partie du noyau fort de l’équipe, mais il est aussi un joueur vieillissant à 34 ans. Marc Bergevin et Claude Julien ont un immense respect pour le défenseur, ils parlent toujours de lui comme d’un grand meneur. Pour cette raison, une transaction serait très surprenante. Il y a aussi l’aspect contractuel. Weber coûtera 7,857 millions dans la masse salariale jusqu’à la fin de la saison 2025-2026. Il aura 40 ans à la fin de son entente. Il s’agit d’un pensez-y-bien pour une équipe qui aimerait obtenir ses services.

POUR DES ESPOIRS OU DES CHOIX AU REPÊCHAGE

Tomas Tatar

Le dossier de Tatar sera très intrigant. Bergevin pourrait monnayer le meilleur marqueur de son équipe. À 29 ans, le Slovaque se destine vers un sommet personnel avec une récolte de près de 70 points. Il avait atteint une marque personnelle à sa première saison l’an dernier à Montréal avec 58 points. Le 26 février 2018, les Golden Knights de Vegas avaient payé un fort prix pour faire son acquisition, cédant un choix de 1er tour, un choix de 2e tour et un choix de 3e tour aux Red Wings de Detroit. Il reste seulement une autre saison au contrat de Tatar. Cette réalité fait de lui un ailier très intéressant pour une équipe à la recherche de renfort sur le plan offensif.

Jeff Petry

À la bourse, il faut vendre ses actions quand elles sont à la hausse. La cote de Petry pourrait difficilement être plus élevée. L’Américain est en route vers une troisième saison d’affilée de plus de 40 points et il passe plus de 23 minutes sur la glace en moyenne. À 32 ans et avec un contrat d’une autre saison à un salaire de 5,5 M$, il représente un bon investissement. Bergevin pourrait écouter les offres, mais il aura besoin de se faire déstabiliser par l’un de ses collègues pour couper les ponts avec Petry. Malgré la présence de Weber du côté droit, il n’y a pas un défenseur susceptible de jouer le rôle de Petry à court terme. Cale Fleury n’a pas encore l’expérience pour agir comme un membre du top 4 et Josh Brook a une saison décevante avec le Rocket.

Max Domi

Domi est un centre assez mystérieux et difficile à évaluer. Il a le talent pour transporter cette équipe offensivement, mais il a aussi le don de prendre de mauvaises décisions et de multiplier les revirements. À la fin de la saison, l’Ontarien deviendra joueur autonome avec restriction. Bergevin a déjà dit qu’il n’y a aucune urgence à lui offrir une prolongation de contrat. Les deux clans auront le temps de négocier au cours de l’été. Mais si le DG du CH a l’impression que Domi exigera la lune pour poursuivre son aventure à Montréal, il pourrait tendre l’oreille à son sujet.

Artturi Lehkonen

Michel Therrien aimait beaucoup Lehkonen, Claude Julien aussi. Le Finlandais n’est pas un marqueur naturel, mais il est un ailier intelligent et responsable défensivement. Il tient en outre un rôle important en infériorité numérique. À un salaire de 2,4 millions cette année et l’an prochain, l’attaquant ferait le bonheur de plusieurs DG. Un départ de Montréal constituerait une grosse surprise.

POUR DES GRENAILLES

Nate Thompson

Il y a toujours un marché pour les centres expérimentés. Thompson est un bon meneur et il se débrouille bien dans le cercle des mises en jeu avec un taux de réussite de 53,6 %. En février 2019, Bergevin avait donné un choix de 5e tour aux Kings de Los Angeles pour ajouter Thompson à sa formation. Un an plus tard, le CH pourrait recevoir un choix semblable pour ce sympathique centre de 35 ans.

Nick Cousins

Il a 26 ans, il gagne un million, il n’a pas de contrat pour l’an prochain et il joue à l’aile gauche et à l’aile droite. Cousins a des statistiques modestes avec 13 points (5 buts, 8 passes) en 38 matchs, mais il ajouterait de la profondeur à une bonne équipe. Un simple choix au repêchage, comme une sélection de 4e tour, ferait le bonheur de Marc Bergevin.

Brett Kulak

Kulak est un septième défenseur pour une bonne équipe de la LNH. À un salaire de 1,85 million jusqu’à la fin de la saison 2021-2022, il devient automatiquement moins attirant.

PAS LE TEMPS DE DÉFAIRE SA VALISE

Ilya Kovalchuk

Kovalchuk a joué seulement deux matchs avec le Canadien. C’était deux bons matchs. Le Russe de 36 ans a obtenu trois passes et il a joué plus de 20 minutes (20 min 24 s) à ses deux premières sorties. Logiquement, l’attaquant russe ne maintiendra pas ce rythme. C’est trop pour un ailier de son âge, même s’il a connu une fabuleuse carrière. Le CH disputera 20 autres matchs d’ici le 24 février, date limite des transactions. Si Kovalchuk devait avoir près de 15 points après 20 matchs à Montréal, il pourrait intéresser une équipe de pointe à la recherche de renfort en supériorité numérique.

Marco Scandella

Scandella a plus de valeur que Brett Kulak sur le marché. Il est plus robuste et il a un contrat plus facile à gérer. Il touche un salaire de 4 millions, mais il deviendra joueur autonome sans compensation le 1er juillet prochain. Un défenseur de location, c’est toujours une marchandise facile à échanger à l’approche de la date limite. Bergevin a cédé un choix de 4e tour en 2020 aux Sabres pour Scandella. Un DG pourrait décider d’offrir un peu mieux pour de l’aide à la dernière minute. Et rien n’empêcherait le CH de reparler à Scandella au cours de l’été pour une nouvelle entente.