Wild Card Round - Minnesota Vikings v New Orleans Saints

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Séries de la NFL: la revanche de Kirk Cousins

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Ceux dont le sport national est de lancer des railleries à l’endroit de Kirk Cousins devront se réorienter vers autre chose, au moins pour une semaine. Maintes fois critiqué pour son incapacité à gagner les gros matchs, le quart-arrière des Vikings a cette fois répondu présent dans une victoire improbable de 26 à 20 en prolongation face aux puissants Saints.

Les chiffres sont là et Cousins n’est pas devenu un demi-dieu du football du jour au lendemain. Sa fiche en carrière est désormais de sept victoires et de 30 revers contre des équipes dotées de dossiers gagnants.

Soit, mais ce rare moment d’euphorie, Cousins peut pleinement le savourer. Si le porteur Dalvin Cook a été le moteur de l’attaque avec une récolte de 130 verges au total, Cousins a été la bougie d’allumage avec quelques jeux clés qu’il n’a pas eu l’habitude de réaliser en huit saisons lorsque le rond du poêle chauffe au maximum.

Durant le match, le mal-aimé a converti avec succès huit situations de troisièmes essais sur 13 tentatives.

L’une de ces conversions a été particulièrement profitable. Sur un troisième essai et neuf verges à franchir au troisième quart, il a rejoint Adam Thielen pour un gain de 34 verges à la ligne de 19 des Saints. Cinq jeux plus tard, Cook inscrivait son deuxième touché au sol pour doter les Vikings d’une avance de 20-10.

Puis, en prolongation, Cousins a de nouveau touché la cible sur une bombe de 43 verges à Thielen, amenant les Vikings à la porte des buts. Trois jeux plus tard, Kyle Rudolph inscrivait le touché victorieux sur une autre passe parfaite de Cousins.

Y avait-il matière à interférence offensive sur ce fameux touché? Le débat faisait rage après le match. Rudolph étire clairement son bras pour repousser son couvreur, mais cette saison, c’est exactement le genre de jeu que les officiels ont maintes fois ignoré.

En fin de compte, Cousins a réussi les gros jeux quand la saison des Vikings en dépendait.

La défensive solide

Évidemment, Cousins n’a pas tout fait seul et c’est la beauté de la chose. C’est connu, au football, les quarts-arrières reçoivent trop de mérite pour les victoires et trop de critiques pour les défaites.

La réalité est que la performance sans bavure de Cousins a été appuyée par une défensive qui a brillé en limitant l’attaque des Saints à 20 points.

Durant toute la saison, les Saints n’ont commis que huit revirements, un record de tous les temps. Dimanche, les Vikings en ont causé deux aux dépens de Drew Brees, qui ont mené à sept points. Le vénérable quart-arrière, qui aura 41 ans en janvier, a été victime de trois sacs et l’offensive n’a converti que quatre situations de troisièmes essais sur 11 tentatives.

Comme quoi Cousins, lorsqu’il est bien épaulé, peut faire le boulot. Il ne sera probablement jamais le quart-arrière qui gagne un grand match à lui seul, mais au moins, cette fois, il ne l’a pas perdu. Clairement pas!

Les Saints ont aussi commis plusieurs erreurs qui ne sont pas habituelles dans leur cas, dont trois pénalités sur les unités spéciales. L’une de ces infractions a même annulé ce qui semblait être un premier jeu gagné sur une feinte de dégagement. Bref, l’équipe s’est tiré dans le pied à quelques reprises.

Le contrat de Brees vient maintenant à échéance, mais le vétéran reviendra sans doute pour une ultime tentative de remporter le Super Bowl. Mais les Saints ont perdu leurs six derniers matchs éliminatoires par un touché ou moins, du jamais vu. Leurs trois derniers revers ont été encaissés sur le dernier jeu du match. Ce n’est clairement pas le sort escompté pour une équipe si équilibrée et dominante.

Oui, en prolongation, ils auraient dû avoir l’opportunité de toucher au ballon. Mais on ne peut refaire ici les règlements désuets.

Les Vikings renoueront avec l’action au deuxième tour face aux 49ers, semés numéros un dans la Conférence nationale.

Les Seahawks survivent

De leur côté, les Seahawks n’ont fait que le nécessaire pour passer au tour suivant face à des Eagles amochés en l’emportant 17-9. Des Eagles qui ont même perdu les services de leur quart-arrière Carson Wentz, blessé dès le début du match par un coup à la tête très limite de Jadeveon Clowney.

Il était insensé de lire les commentaires sur Twitter durant la rencontre, qui insinuaient que Wentz n’est pas assez fiable pour jouer un match de séries au complet. Comme si on pouvait prévenir une commotion cérébrale ou résister à un choc à la tête! Il est plutôt permis de se demander quel sort auraient connu les Eagles avec Wentz à bord.

Surtout que cette fois, l’espoir reposait sur les épaules de Josh McCown plutôt que Nick Foles. C’était demander l’impossible à un réserviste de carrière de 40 ans que de sauver les Eagles.

Dommage, puisque les Eagles se sont tout de même battus de manière vaillante, même si leur équipe à l’infirmerie est supérieure à celle sur le terrain. Comme si la blessure de Wentz ne suffisait pas, les Eagles ont aussi perdu les services de leur ailier défensif Brandon Graham. Quand ça va mal...

Quant aux Seahawks, la défensive a connu son meilleur match cette saison avec sept sacs du quart, mais l’attaque des Eagles était tellement criblée de trous qu’il n’y a pas de quoi être en pamoison. Il faudra faire nettement mieux le week-end prochain face aux Packers. Ce sera d’ailleurs un autre retour pour le quart-arrière Russell Wilson dans le Wisconsin, où il a connu de bons moments avec les Badgers de l’endroit, dans la NCAA, avant de faire le saut dans la NFL.

Pour les Seahawks, il s’agissait d’une 11e victoire sur 12 matchs, en incluant le reste de la saison, par une marge de huit points ou moins. À jouer avec le feu constamment, ils vont finir par se brûler. Ils avaient perdu trois de leurs quatre derniers matchs avant de paraître plutôt fades face aux Eagles, mais ils présentent néanmoins un dossier de 8-1 sur la route, ce qui fait qu’il ne faut pas les compter pour morts dans la toundra de Green Bay.

Les étoiles du jour

Dalvin Cook
Si Cousins mériterait son étoile, comment ne pas souligner l’apport de Cook? Pas un porteur cette saison n’avait fait mieux que les 94 verges au sol de Cook face aux Saints. Il a également capté trois passes pour 36 verges.

Danielle Hunter
Face au bloqueur Ryan Ramczyk, qui n’avait pas concédé le moindre sac cette saison, Danielle Hunter en a réussi 1,5 et causé un échappé, en plus de trois plaqués pour des pertes. Il a été au cœur des succès défensifs des Mauves.

Taysom Hill
Sans contredit le joueur qui a été le plus percutant et qui a joué avec le plus de cœur chez les Saints. Il est devenu le premier joueur dans l’histoire des séries avec au moins 50 verges par la passe, 50 par la course et 25 sur des réceptions.

Russell Wilson
Sans être magique, loin de là, Russell Wilson a été le meneur habituel qu’il est pour l’offensive des Seahawks avec 325 verges par la passe et 46 par la course.

DK Metcalf
Quel début en séries pour le receveur recrue! Les 160 verges sur sept réceptions constituent un record pour un joueur de première année en séries. Et ça ne fait que commencer...

Fletcher Cox
La défensive des Eagles a tenu le fort avec honneur dans la défaite et le plaqueur Fletcher Cox s’est battu tout le match, avec cinq plaqués, dont deux pour des pertes.