Crédit : MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL /

LHJMQ

Patrick Roy virulent envers ses vétérans

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Patrick Roy commence à se faire à l’idée que les vétérans des Remparts de Québec n’ont peut-être pas ce qu’il faut pour remplir les rôles qui leur sont confiés. C’est du moins le constat qu’il a fait, samedi soir, après que son équipe eut subi un deuxième revers de 5-2 consécutif, cette fois à domicile face aux Olympiques de Gatineau.

Ce match était d’ailleurs fort important pour le classement général puisque les Olympiques se sont rapprochés à quatre points des Remparts et du 16e et dernier rang donnant accès aux séries éliminatoires.

«Je suis déçu de comment on est sortis aujourd’hui et je commence à me poser des questions. Peut-être que mes vétérans ne sont pas capables d’en donner plus. Ils ne sont peut-être pas capables d’afficher de la constance et de faire la différence dans un match. C’est pour cette raison qu’on y va avec des jeunes. La majorité d’entre eux (les vétérans) n’ont jamais joué ce rôle et aujourd’hui, je leur demande de devenir les sauveurs des Remparts de Québec», a-t-il mentionné dans son point de presse d’après le match.

Roy s’est par la suite permis de nommer quelques noms, tout en spécifiant qu’il ne s’agissait pas d’un problème d’attitude dans leur cas.

«Je ne peux pas demander à (Aleksei) Sergeev de faire un repli défensif, il n’en a jamais fait. Je ne peux pas demander à Anthony Gagnon de transporter l’équipe, il ne l’a fait ni à Gatineau ni à Rimouski. Je ne peux pas demander à (Darien) Kielb de transporter l’équipe non plus, il ne l’a pas fait à Gatineau et on l’avait échangé pour une raison. Par contre, ce sont des “criff de bons Jacks”. Ils me donnent ce qu’ils sont capables de me donner», a ajouté celui qui a dirigé un 650e match dans la LHJMQ samedi.

Le gros portrait

Les Remparts auront l’occasion de se distancer à nouveau des Olympiques cet après-midi puisque ces derniers seront encore les visiteurs au Centre Vidéotron. Mais pour Roy, ce n’est pas ce match qui va changer quoi que ce soit à la situation globale dans laquelle l’équipe se trouve.

«Le gros portrait ne change pas. Quand tu entres dans le vestiaire et que tu as l’impression que ça prend le gros discours, ça peut arriver une fois ou deux par année, mais quand tu es obligé de le faire aux deux matchs, tu sais que tu es dans la marde.»

Sera-t-il donc tenté d’en échanger quelques-uns d’ici la date limite de lundi midi?

«Pour plusieurs d’entre eux, même si je le voulais... il faut être deux pour danser», a-t-il laissé tomber.

Début difficile

Pour revenir au match, les Remparts se sont de nouveau creusé un trou rapidement. Après avoir laissé l’Armada de Blainville-Boisbriand prendre les devants 4-0 la veille, ils ont fait de même avec les Olympiques, qui menaient 3-0 en début de deuxième engagement.

Nathan Gaucher et Aleksei Sergeev ont redonné espoir aux «Diables rouges», mais une pénalité à Thomas Caron en fin de troisième période a anéanti leurs chances de revenir et les Olympiques ont marqué deux fois dans un filet désert.

«Ç’a été un mauvais début de match de ma part et de tout le monde, a mentionné le gardien Tristan Côté-Cazenave. On s’est compliqué la vie. Maintenant, on a la chance de se reprendre demain [dimanche].»

Finies les distractions à Gatineau

Les sourires étaient nombreux aux abords du vestiaire des Olympiques de Gatineau après le match de samedi.

On oubliait presque qu’il n’y a pas si longtemps, l’équipe tentait de se sortir d’une séquence de 12 revers, en plus d’être aux prises avec un important conflit à l’interne.

En pleine tempête, le directeur des opérations hockey Alain Sear a quitté ses fonctions le 18 décembre dernier, après que certains actionnaires aient exprimé leur mécontentement face à son travail. Le lendemain, le président du conseil d’administration de l’équipe Martin Lacasse faisait de même.

Ces chamboulements au deuxième étage n’ont toutefois pas semblé déranger outre mesure les joueurs des Olympiques, qui ont remporté un cinquième match de suite samedi et qui se retrouvent maintenant à quatre points des Remparts de Québec et d’une place en séries.

«On en a discuté beaucoup avec les joueurs, a reconnu l’entraîneur-chef de l’équipe, Éric Landry, samedi. Ce genre de situation laisse place à beaucoup d’interprétation pour de jeunes adultes. Ça créait beaucoup de distractions. C’est le fun maintenant que ce soit réglé, les gars peuvent se concentrer sur ce qu’ils ont à faire sur la glace.»

Pour lui, le congé de Noël, ajouté au fait que les conflits au deuxième étage sont maintenant une chose du passé, explique le fait que son équipe se dirige sur le droit chemin.

«Il n’y a plus de distractions. En ce moment, il y a une direction qui est claire et il n’y a pas de questionnements. Ça aide à aligner les choses pour tout le monde.»

En lutte

Il n’y a pas que leur position au classement qui fait en sorte que les Olympiques et les Remparts se ressemblent. Gatineau est aussi au cœur d’un processus de reconstruction et l’équipe a ajouté, au cours des deux dernières années, plusieurs jeunes joueurs, dont les choix de premier tour Pier-Olivier Roy, Zach Dean et Olivier Boutin.

«Les jeunes ont un apport important dans les matchs. C’est ce qu’on veut. En début de saison, on voulait qu’en arrivant à Noël, nos jeunes aient un impact et ils en ont un», s’est réjoui Landry.

Quatrième choix au total du dernier repêchage, Dean connaît d’ailleurs un début de carrière prometteur dans la LHJMQ. Avant le match de samedi à Québec, il avait amassé 19 points en 31 parties.