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LNH

Une éclosion offensive inattendue à Pittsburgh

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Le 13 décembre 2014, Bryan Rust faisait ses débuts dans la Ligue nationale (LNH) avec les Penguins. Ce soir-là, Sidney Crosby, Chris Kunitz et Pascal Dupuis se retrouvaient à l’infirmerie et n’affrontaient pas les Blue Jackets à Columbus.

Quand un joueur se blesse, ça procure une chance à un autre membre de l’organisation. Les entraîneurs répètent ce cliché plus d’une fois pendant une saison. Rust comprend parfaitement la symbolique de cette phrase.

Un peu plus de cinq ans plus tard, Rust a deux bagues de la coupe Stanley et il a une place importante dans le vestiaire des Penguins. Il y a toutefois une différence notoire dans son jeu. Avant cette saison, l’ailier droit n’avait jamais joué un rôle majeur sur le plan offensif. Il a profité de la blessure de Sidney Crosby pour contribuer encore plus à l’attaque.

À ses trois dernières saisons à Pittsburgh, l’Américain a amassé des statistiques modestes, soit 35 points en 72 rencontres, 38 points en 68 parties et 28 points en 57 rencontres.

Malgré une blessure à une main qui l’a contraint à s’absenter pour les 11 premiers matchs cette saison, Rust a déjà récolté 33 points (16 buts, 17 aides) en 26 matchs. S’il maintient ce rythme endiablé, il terminerait l’année avec près de 80 points. Il doublerait ainsi la production de sa meilleure saison dans la LNH, soit 38 points en 2017-2018.

Le jeu au ralenti

Pour les Penguins, le jeu de Rust représente pratiquement une bénédiction. Avec la perte de Crosby, absent depuis le 12 novembre, Mike Sullivan avait besoin d’une plus grande contribution de ses joueurs de l’ombre. Il ne pouvait pas uniquement se tourner vers l’autre phénomène de son équipe, Evgeni Malkin, même s’il se doutait que le Russe ferait encore le travail en l’absence de Crosby.

«J’avais comme objectif de produire un peu plus cette année, a dit Rust. Cet été, j’ai travaillé sur des aspects précis, comme fabriquer des jeux dans ses zones restraindres ou générer de l’attaque sous pression.»

«Je traverse de bons moments et je joue avec beaucoup de confiance, a-t-il continué. Ça fait une différence. J’ai le sentiment que le jeu ralentit devant moi et je peux créer plus de jeux. Je prends ça un match à la fois, je ne veux pas trop m’énerver. Mais je suis fier de ma saison. Avec la perte de Sid, nous avions besoin d’une plus grande contribution de certains joueurs. J’ai réussi à le faire. Je voulais aider l’équipe à maintenir une bonne fiche malgré l’absence de notre capitaine.»

La fameuse confiance

Dans un coin du vestiaire de l’équipe adverse au Centre Bell, Kristopher Letang a parlé de l’impact de Rust.

«Bryan joue super bien cette année, a noté le Québécois. Il a l’occasion de jouer avec de bons joueurs et son potentiel ressort. C’est un gars qui manquait probablement de confiance à l’époque, mais ce n’est pas le cas en ce moment. On le voit à son sommet.»

Lors des conquêtes de la coupe Stanley des Penguins en 2016 et 2017, Rust avait marqué de gros buts, touchant la cible six fois en 23 matchs la première année et sept fois en 23 matchs l’année suivante.

«Nous savons que "Rusty" est un bon joueur, a rappelé Sullivan. Il n’y avait pas de doute. Il avait prouvé ses talents pour finir des jeux et jouer avec de gros noms. Il l’avait déjà fait dans le passé. Mais le fait qu’il marque des buts et qu’il amasse des points à un aussi bon rythme, c’est bon pour lui et pour notre équipe.»