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Crédit : AFP

Boxe

Les dix moments de l’année 2019 dans la boxe québécoise

Publié | Mis à jour

La boxe est un sport qui se porte très bien au Québec par les temps qui courent.

Des boxeur(se)s d’ici se mettent en évidence régulièrement à l’échelle internationale. Certains se sont battus pour des titres mondiaux. Des galas organisés par les deux principaux promoteurs québécois, Groupe Yvon Michel et Eye of the Tiger Management (EOTTM), ont attiré les amateurs un peu partout dans la province.

Il y a donc largement de quoi faire un top 10 des éléments à retenir de l’année 2019 dans la boxe d’ici. Les voici :

10 – La rédemption du «Grizzly»

En 2018, le poids lourd trifluvien Simon Kean voulait «faire le ménage» de la division au Canada, mais c’est plutôt le Canada qui ne l’a pas ménagé lorsque l’Ontarien Dillon Carman est venu lui passer le K.-O. en octobre. S’en est suivi une remise à niveau de la part du colosse, qui a commencé par une victoire en mars 2019 contre l’Argentin Rogelio Omar Rossi. Puis, dans un combat-revanche plutôt médiatisé en juin, Kean a remis les pendules à l’heure en liquidant Carman dès le 3e round à Shawinigan. Kean, qui a aussi cessé de consommer de l’alcool au cours de la dernière année, a complété 2019 en l’emportant contre Siarhei Liakhovich, du Belarus, pour mettre la main sur le titre WBC International Silver des poids lourds.


9 – Une déception pour Junior Ulysse

Le Montréalais Junior Ulysse a quelque peu stagné en 2019. Après avoir remporté son combat revanche contre le Canadien Steve Claggett en avril, le pugiliste de 31 ans n’est remonté dans l’arène qu’en décembre, pour perdre par décision unanime contre le Vénézuélien Ismael Barroso en Californie. Son promoteur, Camille Estephan, ne l’a épargné après ce revers : «Quand tu tombes en amour avec ton style, ce n’est pas une bonne chose, avait-il déclaré. Et c’est ce que j’ai vu dans le ring. Il faut qu’il replace la façon dont il voit les choses.»

Est-ce que sera au tour d’Ulysse de faire sa rédemption en 2020?


8 – L’ascension d’Arslanbek Makhmudov

L’immense cogneur russe Arslanbek Makhmudov a disputé pas moins de cinq combats en 2019. Ça peut sembler beaucoup, mais il faut noter une chose : ses combats ne durent pas très longtemps. Seul Jonathan Rice a réussi à l’amener au-delà du troisième round, et c’est essentiellement parce que l’Américain était meilleur que les autres pour se sauver.

Makhmudov, qui a 30 ans, a sans doute le potentiel pour atteindre le plus haut niveau, mais il se trouve peu de boxeurs pour prendre le risque de l’affronter en ce moment. Le dernier en liste, Samuel Peter, a souffert quelques secondes avant d’abandonner dès le premier round, sentant peut-être que sa santé à long terme était en jeu.

On a hâte de voir Makhmudov attraper un vrai rival de l’élite mondiale. Parce qu’il a beau être spectaculaire et parmi les plus puissants cogneurs du monde, on n’a aucune idée de ce que vaut son menton, ou son comportement dans le ring lorsqu’il se retrouve devant un boxeur qui lui donne un minimum de fil à retordre. L’année 2020 sera TRÈS intéressante à suivre de son côté, parce que Eye of the Tiger le croit prêt à sauter quelques étapes et à se mesurer aux meilleurs. Et ils ont peut-être raison.


7 – La malchance d’Oscar Rivas

Les projecteurs sont souvent rivés sur Makhmudov tant le personnage est impressionnant, mais dans l’immédiat, le meilleur poids lourd au Québec est probablement toujours Oscar Rivas. Le Colombien de 32 ans a amorcé l’année en force en l’emportant par K.-O. en territoire hostile contre l’Américain Bryant Jennings. Puis, il a obtenu la chance de se mesurer au Britannique Dillian Whyte afin de devenir l’aspirant obligatoire pour le titre WBC des lourds.

Rivas a affronté Whyte en juillet à Londres et malgré une performance très respectable, il s’est incliné par décision unanime des juges. Une histoire louche de dopage du côté de Whyte, dont le Britannique a fini par se dépêtrer, laisse néanmoins planer des doutes sur la validité de sa victoire. Ça a également frustré le clan Rivas, avec raison. On n’a pas revu le Montréalais depuis, mais il est encore très bien classé et apparaît en voie d’obtenir un combat intéressant à la fin janvier.


6 – Lemieux est de retour

Officiellement, David Lemieux n’avait pas boxé depuis 15 mois lorsqu’il est monté dans le ring, le 7 décembre dernier, pour se mesurer à l’Ukrainien Max Bursak dans son premier combat chez les 168 livres. Bursak avait été choisi pour donner un bon défi à Lemieux, ancien champion IBF des moyens, mais le Québécois a eu droit à pas mal plus que ça. Allant deux fois au tapis, ce dernier a trouvé le moyen de l’emporter par décision partagée.

La boxe doit être un spectacle et de ce point de vue-là, Lemieux a plus que livré la marchandise. Son duel contre Bursak fut peut-être le combat de l’année au Québec. Toutefois, le protégé d’Eye of the Tiger aurait certainement aimé l’emporter de façon plus décisive. Il n’entend toutefois pas revenir chez les 160 livres et il regarde devant. Qu’est-ce que 2020 réserve à David Lemieux? Difficile à dire, mais une chose est sûre : ce sera hautement divertissant.


5 – Nébuleux Eleider

À pareille date l’an dernier, tout baignait pour Eleider Alvarez. Champion WBO des mi-lourds, le Montréalais se préparait alors pour le duel revanche qu’il devait accorder au Russe Sergey Kovalev. Ce match, qui a eu lieu en février au Texas, Alvarez l’a perdu. Le champion est apparu sans ressource devant Kovalev, qu’il avait pourtant battu avec panache la première fois. Il était étrange de voir l’entraîneur Marc Ramsay secouer son protégé entre chaque round pour qu’il se mette à boxer comme il en était capable.

Ensuite, Alvarez a plus ou moins disparu. Le Colombien de 35 ans n’a toujours pas boxé depuis ce combat, bien qu’un duel avec l’Américain Michael Seals soit désormais prévu pour le 18 janvier dans l’état de New York. Alvarez est-il brisé? Ou encore, prépare-t-il une nouvelle marche vers les sommets? La réponse dans un peu plus de deux semaines!


4 – Butler trébuche

Le poids moyen Steven Butler est l’un des plus beaux espoirs de la boxe québécoise malgré sa récente défaite au Japon en combat de championnat du monde. Le cogneur de 24 ans, qui a aussi livré une bataille explosive à l’Ukrainien Vitalii Kopylenko en mai, assure qu’il apprendra et se relèvera de sa défaite contre Ryota Murata. Et il n’entend pas perdre de temps.

Celui qui est surnommé «Bang Bang» assurait, tout de suite après sa défaite, qu’il serait vite de retour en action en 2020. Puis, aussi récemment que ce lundi, il annonçait avoir une date pour son prochain combat. On n’en sait pas plus, mais Eye of the Tiger Management donnera sans doute les détails avant longtemps...

Steven Butler n’est certainement pas fini. Au contraire, ça ne fait que commencer.


3 – La belle année de la «blonde avec du punch»

Tout a souri à Marie-Ève Dicaire en 2019. Championne IBF des super-mi-moyens depuis décembre 2018, la Québécoise a défendu trois fois sa ceinture avec succès et lorgne de plus en plus vers un combat d’unification.

Elle a aussi été la tête d’affiche de galas ainsi que de diffusions payantes à la télé câblée : bref, c’est une authentique attraction de la boxe québécoise. Elle a même sa propre bière!

Marie-Ève Dicaire vise les étoiles en 2020. Elle pourrait mettre son titre en jeu contre des noms connus à travers le monde. À 33 ans, elle est au sommet de sa forme et elle n’a probablement pas fini de surprendre.


2 - Dominant Beterbiev

Doit-on encore considérer Artur Beterbiev comme un boxeur du Québec? Il n’a plus combattu dans la Belle province depuis 2016 et sa carrière n’est plus gérée par un promoteur québécois. Cela dit, le Russe s’entraîne encore ici sous les ordres du définitivement québécois Marc Ramsay et il aurait aimé organiser son prochain combat à Montréal. Alors ça passe!

Beterbiev a été impressionnant en 2019. Après avoir liquidé le Bosniaque Radivoje Kalajdzic en mai, le Russe a unifié les titres IBF et WBC des mi-lourds en étendant le pourtant redoutable Oleksandr Gvozdyk en octobre à Philadelphie. Beterbiev est peut-être le meilleur mi-lourd au monde en ce moment.

Sa prochaine victime sera vraisemblablement le Chinois Meng Fanlong, aspirant obligatoire au titre IBF. On ne sait pas encore où, ni quand, le combat aura lieu. Comme on l’indique parfois sur Facebook, «c’est compliqué».


1 – Pas tuable, Jean Pascal

En 2017, Jean Pascal pensait à la retraite avant de régler le cas d’Ahmed Elbiali en Floride. L’été suivant, il affrontait Steve Bossé dans un combat de poids lourds divertissant, mais pas très pertinent. Le spectre de la retraite demeurait. Puis, il a perdu un combat de championnat du monde à l’automne 2018 contre Dmitry Bivol. Qu’allait-il advenir du Lavallois?

Lorsque Pascal a obtenu une autre chance pour un titre mondial en se mesurant à l’Américain Marcus Browne en août dernier, les sceptiques étaient nombreux. Le Québécois, rendu à 36 ans, mais jouissant toujours d’une belle réputation, allait-il servir de faire-valoir à un jeune champion?

Pas du tout!

Finement préparé par l’entraîneur Stéphan Larouche, Pascal a envoyé deux fois le champion au tapis et il est rentré au Québec avec un nouveau titre mondial dans sa valise.

Appelé à le défendre une première fois samedi dernier contre le très coriace Badou Jack à Atlanta, Pascal a livré une bataille de tous les instants pour finalement l’emporter de peu, par décision partagée.

À maintenant 37 ans, le Québécois démarrera 2020 à titre de champion WBA des mi-lourds. Avec deux conquêtes d’un titre mondial et de nombreux affrontements contre certains des meilleurs pugilistes de la planète, est-il le meilleur boxeur québécois de l’histoire? Aura-t-il sa place au Temple de la renommée de la boxe? On en est là avec Jean Pascal.

Et ce n’est même pas fini.


Mentions honorables :

Après avoir subi une grave blessure au cerveau qui l’a gardé dans le coma pendant plusieurs semaines à la fin 2018, l’ancien champion du monde Adonis Stevenson a remonté la pente de façon spectaculaire en 2019. «Superman» ne sera plus jamais tout à fait le même, mais il semble en très bonne forme et alors qu’on a craint pour sa vie pendant un temps, le voilà plus vivant que jamais pour profiter de sa vie.

L’ancien champion IBF des super-moyens Lucian Bute a annoncé, dans l’émotion, sa retraite de la boxe en mars. Pas le choix de lever notre chapeau à ce Québécois d'adoption qui a offert plusieurs bons moments aux amateurs de boxe d’ici.