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Canadiens de Montréal

16 faits saillants de la décennie des Canadiens

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Une saison de 50 victoires, deux présences en finale de l’Association de l’Est, mais également quatre exclusions des séries éliminatoires et deux des pires campagnes de la longue histoire de l’équipe.

Qu’y a-t-il à retenir ou à oublier de cette décennie du Canadien, une deuxième consécutive sans coupe Stanley ? Au cours des trois prochaines parutions, Le Journal fera un survol de ces 10 dernières années.

Non, il n’y a toujours pas eu de conquête de la coupe Stanley au cours de cette décennie. Toutefois, le Canadien est parvenu à faire vivre des émotions fortes à ses partisans à quelques reprises. À d’autres occasions, par contre, il a traversé des épreuves dont il se serait bien passé.

LE PRINTEMPS HALAK (2010)

On ne donne pas cher de la peau du Canadien à l’ouverture des éliminatoires de 2010. Qualifié au dernier jour du calendrier régulier, le Tricolore surprendra, chaque fois en sept rencontres, les Capitals de Washington, champions de la saison régulière, et les Penguins de Pittsburgh, champions en titre de la coupe Stanley. Ayant pris le relais de Carey Price en fin de campagne, Jaroslav Halak est la véritable locomotive de ce parcours inattendu. Avec le Tricolore en arrière 3-1 dans la série contre les Capitals, il connaît des soirées de 37, 53 et 41 arrêts pour permettre aux Montréalais de renverser la vapeur et de passer au tour suivant.

AU REVOIR JARO (ÉTÉ 2010)

Les prouesses du gardien slovaque font de lui l’idole de toute une population. Des montages-photos où l’on voit son nom sur les panneaux d’arrêts deviennent viraux sur le nouveau média que sont les réseaux sociaux. Toutefois, les contrats de Price et d’Halak venant tous deux à échéance, le directeur général Pierre Gauthier doit faire un choix. Le débat est lancé : Price ou Halak ? Le 17 juin, il envoie Halak aux Blues de St. Louis contre Ian Schultz et Lars Eller. Avant de quitter, Halak s’adonne à une dernière séance d’autographes. Le 4 septembre, au centre commercial Fairview Pointe-Claire, 5000 personnes ont fait la file pour le rencontrer.

IMAGES INQUIÉTANTES (8 MARS 2011)

Les 21 273 spectateurs réunis au Centre Bell sont paralysés par la frayeur lorsque Zdeno Chara assomme littéralement Max Pacioretty contre l’un des montants de la baie vitrée. Le jeune homme de 22 ans est mal en point : commotion cérébrale et fracture de la quatrième vertèbre cervicale. Le défenseur des Bruins de Boston n’aura aucune suspension ni amende de la part de la LNH. Pacioretty reviendra en force la saison suivante en connaissant la première de ses cinq campagnes d’au moins 30 buts dans l’uniforme du Canadien. Il recevra le trophée Bill-Masterton pour sa persévérance.

L’ANNIVERSAIRE PARTICULIER DE GOMEZ (5 FÉVRIER 2011 AU 9 FÉVRIER 2012)

Lorsqu’il déjoue Martin Biron, des Rangers de New York, le 5 février 2011, Scott Gomez est loin de se douter qu’il ne fera pas bouger les cordages une autre fois au cours des 368 jours suivants.

Le 5 février 2012, des partisans se présentent même au match du Canadien, qui reçoit les Jets, avec des affiches souhaitant «Bon anniversaire» à Gomez. Au moment d’amorcer cette interminable sécheresse, il reste encore trois saisons à la lourde entente qui lui rapporte 7,36 millions $ par saison. Voilà qui fait cher du but.

D’ailleurs, après avoir mis un terme à sa léthargie, le 9 février 2012, contre Evgeni Nabokov des Islanders, Gomez n’inscrira qu’un seul autre but dans l’uniforme du Canadien. Son contrat sera racheté sans frais, au retour du lock-out de l’automne 2012.

UNE TRANSACTION EN PLEIN MATCH (12 JANVIER 2012)

Mike Cammalleri manque à l’appel lorsque le Canadien saute sur la glace du TD Garden de Boston pour amorcer la troisième période. Puisque rien n’indique qu’il a été blessé au cours du match, il s’agit probablement d’un bris d’équipement. On est loin du compte. Dans les minutes qui suivront, on apprendra que l’attaquant a été cédé aux Flames de Calgary dans une transaction amenant Rene Bourque à Montréal. Un échange en plein milieu d’un match ! Du jamais vu ! La veille, Cammalleri, las des revers accumulés, avait accusé l’équipe d’afficher «une attitude de perdant».

LE GRAND MÉNAGE DE GEOFF MOLSON (29 MARS 2012)

À la fin de mars 2012, le Canadien est en voie de conclure l’une des saisons les plus atroces de son histoire, la pire en près de 10 ans. Le navire est à la dérive. Le 27 mars, le Canadien s’incline en prolongation contre les Panthers de la Floride. À ce moment, il n’a remporté que cinq de ses 18 derniers matchs. Et ce n’est pas le premier passage à vide de l’équipe. Du 25 novembre au 31 décembre, le Tricolore n’avait savouré que quatre gains en 17 parties, s’excluant pratiquement de la course aux séries éliminatoires. Le 29 mars, Geoff Molson procède au grand ménage. Le directeur général, Pierre Gauthier, et Bob Gainey, son conseiller spécial, sont congédiés. L’entraîneur-chef Randy Cunneyworth subira le même sort à la fin de la saison.

GINETTE RENO AUX HYMNES NATIONAUX (PRINTEMPS 2014)

Lors des séries de 2014, le Canadien a la bonne idée de confier l’interprétation des hymnes nationaux à Ginette Reno. La recette est un succès. Non seulement la foule est galvanisée par l’enthousiasme de la grande dame de la chanson québécoise, mais quand elle s’exécute, le CH gagne presque chaque fois. Du moins, lors des deux premiers tours (4-1). L’union entre Mme Reno et le Canadien sera reconduite en 2015 et 2017.

UNE COLLISION FATALE (17 MAI 2014)

L’énergie insufflée par Ginette Reno aurait peut-être duré plus longtemps si Chris Kreider, des Rangers de New York, n’était pas entré en collision avec Carey Price au début de la période médiane du premier match de la finale de l’Association de l’Est. Price termine l’engagement, mais victime d’une blessure à la cheville et au genou droits, il cède sa place à Peter Budaj en troisième période. Cette blessure signifiera la fin du superbe parcours du CH. Il sera éliminé en six rencontres, Dustin Tokarski enregistrant les deux gains.

UNE PREMIÈRE EN 26 ANS (SAISON 2014-2015)

Propulsé par son élan de la campagne précédente, le Canadien connaît une saison 2014-2015 incroyable. Pour la première fois depuis 1988-1989, il parvient à atteindre le plateau des 50 victoires. Ses 110 points (50-22-10) lui confèrent le deuxième rang du circuit. Max Pacioretty enfile 37 buts, et Carey Price, complètement remis de sa blessure, connaît l’hiver de sa carrière. Ses 44 gains, sa moyenne de but alloué de 1,96 et son taux d’efficacité de ,933 lui valent de graver son nom sur les trophées Hart, Vézina, Pearson et Jennings. Malheureusement, le parcours du Tricolore prend fin au deuxième tour, face au Lightning de Tampa Bay.

GUY LAPOINTE IMMORTALISÉ (8 NOVEMBRE 2014)

Dans la foulée des célébrations du 100e anniversaire de sa fondation, le Canadien a procédé au retrait du chandail de 10 de ses anciennes gloires. Toutefois, il manque un nom important au plafond du Centre Bell : celui de Guy Lapointe, membre en règle du Big Three des années 1970 et détenteur du record pour le plus de buts par un défenseur du Bleu-Blanc-Rouge (28) en une saison. L’injustice est réparée quelques années plus tard, grâce, entre autres, aux efforts de Stéphanie, la fille de Guy Lapointe. Le 8 novembre 2014, lors d’une cérémonie émotive, Lapointe voit son chandail rejoindre celui de ses comparses Larry Robinson et Serge Savard.

ZACK KASSIAN, LE ROI DU CAMION (4 OCTOBRE 2015)

La nuit bien arrosée du 3 au 4 octobre 2015 se termine bien mal pour Zack Kassian. Le camion F350 dans lequel il prend place, avec deux demoiselles, termine sa course contre un arbre. Kassian en sort amoché : fracture du nez et d’un pied. L’incident ne l’aide nullement à s’éloigner de sa réputation de fêtard. D’ailleurs, le lendemain, l’attaquant de 24 ans est admis en cure de désintoxication. Il y passera deux mois avant d’être échangé aux Oilers d’Edmonton, le 28 décembre, en retour de Ben Scrivens. Acquis des Canucks de Vancouver, contre les services de Brandon Prust au cours de l’été suivant, Kassian n’aura finalement jamais porté l’uniforme du Canadien en saison régulière.

TRANSACTION SUBBAN C. WEBER (29 JUIN 2016)

Le repêchage de 2016, à Buffalo, se déroule sur fond de rumeur. P.K. Subban (à droite) est en demande. Le directeur général Marc Bergevin répète qu’il ne «magasine» pas son défenseur. Du même souffle, il admet tout de même écouter ce que ses 29 homologues ont à lui offrir. C’est finalement quelques jours plus tard, le 29 juin, en milieu d’après-midi, que la nouvelle tombe : le Canadien échange Subban aux Predators de Nashville en retour de Shea Weber. Puisque Subban est un joueur apprécié des partisans, ce départ ne fait pas du tout l’unanimité. Néanmoins, le Tricolore met la main sur un imposant défenseur d’expérience, doté d’un puissant tir frappé. Qui plus est, il sera nommé capitaine de l’équipe deux ans plus tard.

UN DIVORCE À LA SAINT-VALENTIN (14 FÉVRIER 2017)

Le jour de la Saint-Valentin, Marc Bergevin prend tout le monde de court en annonçant son divorce avec Michel Therrien. Certes, le Canadien traversait une période creuse avec un seul gain en sept matchs. Il y avait également eu cette rencontre au sommet entre Therrien et ses principaux leaders, en Arizona, dans les jours précédant ce congédiement. Il n’en demeure pas moins que le Canadien trône au sommet de la section Atlantique avec une récolte de 70 points en 58 parties. Cela dit, il y a un candidat que Bergevin ne peut laisser passer. Claude Julien est libre depuis une semaine, les Bruins de Boston l’ayant remercié après 10 ans de services. C’est lui qui remplacera Therrien.

UNE SAISON INACCEPTABLE (SAISON 2017-2018)

La récolte de 71 points est la troisième plus horrible du Canadien depuis l’instauration d’un calendrier d’au moins 70 matchs, en 1949-1950. Pour la troisième fois seulement de son histoire, il subit 40 revers. Cette saison est ponctuée de blessures. Shea Weber doit déclarer forfait à compter de la mi-décembre, Andrew Shaw rate 30 des 38 derniers duels de la campagne, et Carey Price, qui traverse la pire campagne de sa carrière, se retrouve sur la touche pour des séquences de 10 parties (novembre) et de 13 matchs (février-mars). Mais ce ne sont pas des raisons suffisantes. Lors du bilan, le propriétaire Geoff Molson qualifie la saison d’inacceptable et promet des changements au cours de l’été. L’attitude de certains joueurs est remise en question.

LE CAPITAINE PASSE AUX GOLDEN KNIGHTS (10 SEPTEMBRE 2018)

Le directeur général passe de la parole aux actes au cours de l’entre-saison. Alex Galchenyuk prend d’abord le chemin de l’Arizona, et Max Domi s’amène. Toutefois, plus l’été avance, plus les rumeurs voulant que Max Pacioretty passe sous d’autres cieux s’intensifient. Les négociations en vue d’un prochain contrat sont au point mort. Au tournoi de golf du capitaine, la poignée de main froide et expéditive entre Bergevin et Pacioretty laisse entrevoir que les deux hommes sont à couteaux tirés. Moins de deux semaines plus tard, à quelques heures du tournoi de golf qui lance officiellement la saison du Canadien, Pacioretty s’envole vers Las Vegas en retour de Nick Suzuki et de Tomas Tatar.

PRICE DEVANCE PLANTE (12 MARS 2019)

Plusieurs bons gardiens ont pris place devant le filet du Canadien au fil des ans. Pourtant, aucun d’entre eux n’était parvenu à devancer la marque de 314 victoires compilées par Jacques Plante, de 1952 à 1963. Même Ken Dryden, en raison d’une courte carrière, et Patrick Roy, échangé à 25 gains de l’objectif, n’avaient pas réussi. Face aux Red Wings de Detroit, qui ne le mettent à l’épreuve qu’à 21 reprises, Price signe, le 12 mars 2019, la 315e victoire de sa carrière, reléguant Plante au deuxième rang, après un règne de 56 ans, pratiquement jour pour jour.