Hockey

Le Canada réussit son entrée!

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Relégué à un rôle secondaire l’an dernier, Alexis Lafrenière savait que les projecteurs seraient braqués sur lui en endossant le chandail d’Équipe Canada junior pour une deuxième année. Le talentueux attaquant québécois n’a pas raté sa rentrée, jeudi, à Ostrava, en jouant la vedette dans la plus récente pièce d’anthologie de la rivalité opposant le Canada aux États-Unis.

Auteur de quatre points, dont le but gagnant alors qu’il ne restait que quelques minutes à égrainer au cadran, Lafrenière a guidé ses compatriotes vers une victoire de 6-4 aux dépens de leurs ennemis jurés sur la glace du Ostravar Aréna en lever de rideau du Championnat mondial junior. Sans surprise, il a hérité du titre de joueur du match à l’issue de ce duel du groupe B.    

Sept secondes seulement après le but des Américains qui remettait les compteurs à zéro à 4-4, le patineur de l’Océanic de Rimouski a redonné le sourire aux milliers de partisans canadiens dans les gradins en inscrivant le but décisif après avoir intercepté au vol la passe de K’Andre Miller.

«J’ai quand même été chanceux de pouvoir la taper au vol. J’ai juste essayé de rentrer au filet après pis ça a marché. J’ai essayé de me placer le mieux possible et des fois, ça peut fonctionner», a dit bien humblement celui que plusieurs voient comme le plus bel espoir de la prochaine séance de sélection de la LNH.

Le jeu s’est tellement orchestré rapidement après la mise en jeu que l’entraîneur-chef des États-Unis, Scott Sandelin, n’a pas eu le temps d’apprécier la pièce offerte par le patineur de 18 ans.

«Je parlais au gars sur le banc et c’est arrivé tellement vite. J’ai dû retourner le voir [sur la tablette sur le banc]. Ça a été un petit choc, mais il a fallu rallier les joueurs et c’est comme ça qu’est le hockey, spécialement dans ce genre de tournoi», a commenté le pilote américain.

Le Canada a ainsi mis fin à une disette de quatre rencontres sans victoire contre les représentants de l’Oncle Sam à ce tournoi. Il fallait remonter au 31 décembre 2014 (tournoi de 2015) pour voir la formation canadienne venir à bout de ses rivaux.

Des éloges

Lafrenière connaissait déjà une soirée occupée avant d’étirer les bras et de déjouer le gardien Spencer Knight. Alors que le Canada tirait de l’arrière 2-0 au premier engagement, son trio complété par Joe Veleno et Nolan Foote avait tenté de renverser la tendance en distribuant les coups d’épaule à qui mieux-mieux lors d’une présence particulièrement mouvementée.

Puis, l’indiscipline des Américains a ouvert la porte aux joueurs endossant la feuille d’érable en deuxième et troisième périodes et le Canada s’est forgé une avance de deux buts grâce notamment à de savantes passes de Lafrenière à l’endroit du capitaine Barrett Hayton, qui a fait mouche chaque fois.

«Il a été incroyable toute la soirée. Il amène tellement toutes sortes de facettes sur la glace que peu de gens remarquent. Il amène beaucoup d’énergie et il a tout un coffre à outils. Je n’aurais pas pu demander de meilleures passes», a souligné le joueur prêté par les Coyotes de l’Arizona.

Questionné sur ce qu’il avait aimé le plus de la part du natif de Saint-Eustache, Hayton a poursuivi son concert d’éloges.

«C’est dur à dire, je dirais les deux! Le jeu qu’il a fait en me voyant, mais d’arrêter la rondelle avec son bâton était vraiment impressionnant. C’était un but des grandes occasions pour un joueur des grandes occasions.»

Des mises en échec importantes

Le jeu physique offert par les Canadiens en première a été déterminant dans la remontée, estimait la coqueluche du jour.

«On avait pas le départ qu’on voulait et on a essayé de faire ce qu’on pouvait pour changer ça. De bonnes mises en échec, surtout celle de [Kevin] Bahl sur [Cole] Caufield, ça a beaucoup aidé et ça a changé le momentum de bord. Ça a été un bon point tournant pour nous», a renchéri Lafrenière qui s’était contenté d’un but en cinq rencontres l’an passé.

Le Canada se mesurera aux Russes (13 HNE) dans son second rendez-vous, samedi.