Boxe

Jean Pascal: dans les bottines du négligé

Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

Lors de son premier règne de champion du monde, Jean Pascal avait le contrôle sur tous les aspects de ses combats. Rien ne lui échappait ou presque. La réalité est bien différente pour son deuxième séjour au sommet. 

Pour la première défense de son titre WBA des mi-lourds, il se retrouve aux États-Unis contre un poulain de Mayweather Jr. On est très loin de l’époque où il était la tête d’affiche du Groupe Yvon Michel (GYM) au Centre Bell.  

Par contre, la pression est moins grande sur ses épaules. Elle est différente. Il souhaite prolonger sa carrière au maximum pour ajouter quelques lettres de noblesse à son palmarès déjà bien garni, mais aussi empocher quelques centaines de milliers de dollars pour assurer ses vieux jours. 

Les bottines du négligé 

Lorsqu’on a discuté avec lui, il a mentionné qu’il était dans les bottines du négligé, même si c’est lui qui est l’actuel champion du monde WBA des mi-lourds. 

La raison ? Floyd Mayweather Jr. Pascal a répété son nom plus souvent que celui de son adversaire pendant l’entrevue. «Money» a une grande influence dans le monde de la boxe et il s’en sert à bon escient. 

On se souvient ce qui est arrivé à Toronto en mai 2018 à l’occasion du choc Stevenson-Jack. Mayweather Jr. n’avait pas hésité à s’asseoir à côté d’un des trois juges durant le combat. Avec ses commentaires et ses encouragements, on peut penser qu’il a eu une influence sur cette carte de pointage. 

Est-ce qu’on pourrait assister au même scénario durant le combat entre Pascal et Jack ? 

«C’est vrai qu’il peut avoir une grande influence, a indiqué Pascal avec calme. C’est le plus grand boxeur de sa génération après tout. 

Par contre, je ne m’arrête pas à ce qu’il peut faire autour du ring. Tout ce que je ne contrôle pas, comme les juges, les amateurs, le camp d’entraînement de Badou, ça m’importe peu. Je contrôle ce que je peux contrôler. 

Je vais devoir déployer tout mon arsenal et mon talent pour l’emporter de façon convaincante.» 

Anber loin du ring 

Le vénérable Russ Anber était le responsable des bandages des mains et des coupures au visage de Badou Jack depuis quelques combats. 

Cependant, il ne sera pas à son poste habituel samedi soir lors du combat contre Jean Pascal. Il se sentait incapable de travailler dans le coin de l’adversaire du Québécois, un boxeur avec qui il a travaillé pendant plusieurs années. 

Il faut le voir comme une grande marque de respect de l’entraîneur envers le champion.