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«On va revenir, c'est sûr»

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Le boxeur québécois Steven Butler avait encore la mine basse au lendemain de sa défaite en combat de championnat du monde, mardi, mais il n’est pas question pour lui de baisser les bras.

Le Montréalais de 24 ans avait l’occasion de mettre la main sur le titre WBA des poids moyens, lundi au Japon, mais son rival nippon Ryota Murata (16-2-0, 13 K.-O.) avait d’autres plans et l’a finalement remporté de façon convaincante, par K.-O., lors du cinquième round.

«Physiquement, je me sens bien, mentalement c'est sûr que c'est difficile, c'est une défaite crève-cœur», a indiqué Butler (28-2-1, 24 K.-O.), mardi, lorsque notre collègue Andy Mailly-Pressoir l’a rencontré à l’aéroport de Tokyo.

«On était au but, a-t-il poursuivi. Mon objectif n'était pas d'être en combat de championnat du monde. Beaucoup me félicitaient d'être rendu où j'étais, mais ce n'était pas mon objectif. Pour moi, je n'ai rien atteint encore de mes buts.»

Le cogneur surnommé «Bang bang» ne doute pas qu’il saura se relever de ce résultat décevant.

«C'est sûr que c'est démotivant, c'est difficile, mais je crois, et même j'en suis sûr que je vais m'en remettre, a-t-il assuré. J'ai su le faire une fois contre Brandon Cook (en janvier 2017), je vais être capable de le refaire pour de plus gros combats. On va revenir, c'est sûr.»

Une erreur fatale

Butler estime que son combat avait du bon et du mauvais jusqu’à ce qu’il commette une grave erreur au cinquième round.

«Murata, il avait une bonne force de frappe, quand même, mais je ne me sentais pas nécessairement en panique, ou ébranlé lorsqu'il me touchait avec des coups, a-t-il raconté. Je trouvais que j'étais capable de bien prendre les coups. J'ai regardé le combat peut-être quatre ou cinq fois depuis hier, et les coups que j'ai pris, je réagissais bien, quand même.»

«Je ne cherche pas d'excuse, mais par ma faute, je me suis tourné en même temps qu'il m'a lancé un gros crochet de droite, je l'ai pris un peu derrière la tête et c'est là que mes jambes ont lâché un petit peu, a poursuivi le pugiliste. Il a de l'expérience, donc il a su me finir.»

Le Québécois estime que la plupart des rounds précédents étaient serrés et qu’il en a gagné au moins un.

Des sacrifices

Une chose est certaine, Butler et son équipe n’avaient pas choisi le plus facile des défis en acceptant ce combat de l’autre côté de la planète.

«Je suis arrivé ici le 7 décembre, je me suis battu le 23, a-t-il rappelé. C'est beaucoup de sacrifices que j'ai dû faire pour ce combat-là. Dix semaines de camp  d'entraînement intense, au régime, où ça a été difficile, où je me suis plains. Derrière une défaite, ou une victoire, le monde ne voit pas tout ce qu'on fait. Je ne le fais pas pour être célèbre, je le fais parce que j'ai deux enfants à la maison.»

«Ça a été un mauvais combat pour moi, mais je suis content d'être en santé, j'ai hâte d'aller voir mes enfants à la maison, a relativisé le jeune homme. C'est difficile pour le moral. Comme je dis souvent à mon fils, "des fois tu gagnes, champion, et des fois tu perds". Là on a perdu, il faut apprendre de cette défaite-là.»

Il a eu l’occasion de discuter avec son petit garçon Mason sur «Facetime» à la suite de sa défaite. Le gamin a pu constater que Murata a laissé quelques marques sur le visage de son père.

«C'est ma fierté, c'est difficile, mais on va s'en remettre. On va s'en remettre.»

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.