Michel Bergeron

Max Domi: Marc Bergevin ne peut rater son coup

Max Domi: Marc Bergevin ne peut rater son coup

Michel Bergeron

Publié 21 décembre 2019
Mis à jour 21 décembre 2019

Max Domi contribue aux succès des Canadiens de Montréal depuis quelques matchs. Pour moi, il n’y a pas de doute qu’un membre de son entourage, que ce soit son père, son agent, a discuté avec lui. C’est un petit Domi différent qu’on voit sur la glace et c’est le Tricolore qui en profite. 

On le voit, Domi joue différemment. Depuis ses deux mentions d’aide récoltées contre Ottawa, le 11 décembre, il a ajouté deux autres passes contre Vancouver et a donné la victoire jeudi soir en prolongation à Calgary.  

Comparaisons 

Marc Bergevin préfère attendre en fin de saison pour régler les situations contractuelles. Domi sera joueur autonome avec compensation à la fin de la saison. Mine de rien, ça devait déranger un peu l’attaquant du Bleu-Blanc-Rouge. Ça m’amène à dire que les agents de Phillip Danault, de Brendan Gallagher et de Joel Armia, dont le contrat viendra à échéance à la fin du calendrier 2020-2021, attendent avec impatience de voir le montant que Domi recevra. 

Le jeu des comparaisons est maintenant omniprésent dans la LNH lorsque vient le temps de négocier un nouveau contrat. Bergevin aura plusieurs dossiers à régler, dont ceux de Danault et Gallagher qui sont devenus indispensables aux succès de l’équipe. Quant à Domi, il voulait un contrat de huit ans, on va peut-être lui en proposer six. 

Je suis tombé en amour avec Danault depuis qu’il s’est joint aux Canadiens. Il ne fait que s’améliorer. Il est maintenant utilisé en avantage numérique en plus de gagner des mises en jeu. C’est un jeune homme dédié, sérieux et il connaît la «game». Je crois que Gallagher et lui peuvent faire un sapré bout de chemin ensemble ! 

Si Domi appose son nom au bas d’un contrat de six ans à six millions $ par année, Danault et Gallagher voudront un salaire équivalent à leur rendement sur la patinoire. Ils sont présentement sous-payés par rapport à leur contribution en empochant respectivement 3 millions $ et 3,7 millions $. Ça explique possiblement pourquoi Bergevin ne veut pas dépasser son fameux 8 millions $. Il veut se donner une marge de manœuvre. Ça va être intéressant à suivre.  

Comme à la maison 

On peut dire que le voyage déterminant dans l’Ouest canadien commence bien avec deux victoires. Le Tricolore a démontré du caractère en revenant deux fois de l’arrière jeudi soir à Calgary. Et quand on parle de caractère, on parle aussi de leadership. On a vu dès le départ que Carey Price était concentré, éveillé et prêt à jouer. 

Je pense que Price aime réellement ça jouer dans l’ouest du pays. Il revient chez lui à Vancouver. Ça me fait un peu penser aux jeunes Québécois qui viennent jouer au Centre Bell. Ils connaissent souvent un bon match, comme ça a été le cas pour Jonathan Bernier dans la victoire des Red Wings. Il n’y a pas que Price : Gallagher, Weber et Fleury, notamment, sont aussi originaires de l’Ouest canadien. 

Certes, quand les joueurs reviennent dans leur patelin, ils perdent quelques heures de sommeil, passent du temps au téléphone, rencontrent les amis et la famille, mais le fait d’oublier le match qui s’en vient, d’une certaine façon, ça les prépare mieux. Et quand le match commence, ils sont tellement concentrés parce qu’ils veulent faire plaisir à leurs proches. 

Le CH affrontera maintenant deux équipes en difficulté à Edmonton et à Winnipeg. Les Oilers n'ont marqué que cinq buts en trois matchs. Si le Tricolore joue de la même manière, en excluant la première période contre les Flames, ça promet. 

Suzuki impressionne 

Plus je vois Nick Suzuki jouer, plus il me fait penser à Steve Yzerman. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui affirment qu’il n’est pas rapide. Il est toujours près de la rondelle. Son sens du hockey est incroyable. Jeudi, sur le même jeu de puissance, il a décoché trois lancers au filet. Il n’est pas intimidé malgré son jeune âge. J’ai le sentiment que Suzuki va être un joueur au-dessus de la moyenne dans la LNH. Ce sera tout un joueur de hockey. 

Pour Ryan Poehling, ça va prendre plus de temps, mais on voit qu’il fait des efforts avec son jeu le long des rampes. C’est dur pour un jeune de tomber dans l’œil de l’entraîneur quand il ne produit pas. 

Quant à Jesperi Kotkaniemi, je n’en ai aucune idée. J’ai habituellement réponse à tout, parfois je me trompe, mais dans son cas, je ne sais vraiment pas ce que l’avenir lui réserve. On verra bien à son retour au jeu. 

Duclair en feu 

Anthony Duclair a marqué son 20e but de la saison en offrant la victoire aux Sénateurs, jeudi. On va se le dire, c’est tout un joueur de hockey. Il y a trois ans, les Blackhawks le laissaient tomber. Puis, Columbus l’a échangé après que John Tortorella eut dit qu’il ne savait pas jouer au hockey. 

Il a déjà 20 buts. Ça a été difficile pour lui. Je ne connais pas son entourage et il était peut-être responsable de ses déboires, mais de ce que je vois, c’est tout un joueur. Il a un bon lancer, du talent, de la vitesse et un bon physique. En plus, c’est un gaucher qui joue à droite. D. J. Smith lui fait confiance. Il faut que les Sénateurs le mettent sous contrat. Il fait partie du futur des Sénateurs en compagnie de Jean-Gabriel Pageau, Thomas Chabot et Brady Tkachuk. 

Cooper en danger? 

Les choses ne s’améliorent pas à Tampa Bay. Jon Cooper a même laissé Nikita Kucherov sur le banc. J’ai l’impression que le Lightning ne s’est pas encore remis de son élimination en quatre matchs par Columbus en première ronde l’an passé après sa saison de rêve. La lune de miel entre Cooper et ses vedettes est terminée. Cooper pourrait être sur la sellette avant longtemps. 

J’en profite pour souhaiter de très joyeuses Fêtes à tous nos lecteurs. Que la santé vous accompagne en 2020. À bientôt.