Canadiens de Montréal

Deux destinations pour Carey Price

Deux destinations pour Carey Price

Michel Bergeron

Publié 07 décembre 2019
Mis à jour 07 décembre 2019

L’an passé, lorsque j’ai mentionné dans ces pages qu’il était temps d’échanger Carey Price et Shea Weber, certains m’ont dit qu’il s’agirait d’un énorme sacrilège. Or, ma réflexion n’a pas changé. Bien au contraire.

Depuis deux ans, Price répète en début de saison, lors du tournoi de golf annuel, qu’il veut gagner. Sa soif de vaincre ne disparaîtra pas. Weber et lui vieillissent et il est temps d’essayer de passer à autre chose. On n’est d’ailleurs pas habitué de voir Price avec un pourcentage d’efficacité inférieur à ,900 (,899).

Évidemment, Price possède une clause de non-mouvement, mais si le directeur général s’assoit avec lui en lui dévoilant des équipes intéressantes susceptibles de ravir les grands honneurs, ce sera différent. Et avec son imposant contrat, aucune équipe ne voudra s’aventurer dans ce dossier si elle n’a pas la chance de remporter la coupe Stanley.

À quel prix ?

Price pourrait par exemple se retrouver au Colorado, une équipe qui pourrait gagner la coupe Stanley, ou à Vancouver, qui est en quelque sorte son patelin. Les Canucks pourraient connaître un bon parcours lors des prochaines séries éliminatoires. Price pourrait être un élément clé pour une équipe aspirante comme l’avait été Patrick Roy en 1996 avec l’Avalanche quelques mois après son acquisition. Avec le retour de Rantanen, cette équipe est favorite pour gagner la coupe Stanley dès cette saison...

Si on revient à Weber, il n’en demeure pas moins qu’il est tout un guerrier, un personnage qui n’abandonne jamais. Or, avec ce qu’on voit dans ses yeux dans les entrevues d’après-match, il pourrait dire qu’il est écœuré de perdre que ça ne me surprendrait pas.

On ne peut pas dire que le Canadien n’est pas une équipe travaillante. Or, quand tu travailles et que tu n’as pas de résultats, ça devient démoralisant.

Le CH joue pour ,500 à domicile, un rendement inacceptable dans l’optique où l’équipe vise une place en séries.

Quand je regarde les bonnes équipes actuelles, leurs meilleurs joueurs proviennent tous, pour la plupart, du repêchage. Les Landeskog, MacKinnon, Rantanen mènent la charge avec l’Avalanche, alors qu’à Montréal, l’équipe n’a que Carey Price comme joueur vedette provenant du repêchage.

C’est la même chose à Pittsburgh, Chicago, Boston, toutes des équipes qui ont gagné dans les dernières années. On peut ajouter aussi les Oilers qui semblent enfin sortir la tête hors de l’eau cette saison avec leurs jeunes vedettes. Ce sont toutes des formations qui, au fil des saisons, ont progressé grâce à leurs choix au repêchage.

Aucune vedette

Pour moi, il est difficile d’étiqueter un joueur clé en devenir chez le Canadien. Je n’ai pas l’impression que le Canadien mettra sous contrat Domi à long terme. Oui, les Kotkaniemi, Poehling devraient connaître de belles carrières, mais ce ne seront pas de grosses vedettes comme on peut en voir ailleurs. C’est la même chose pour Suzuki. L’équipe fait du surplace depuis que cette direction est en place.

Cayden Primeau a d’ailleurs bien joué à son premier match dans les circonstances, surtout qu’il était envoyé dans la mêlée contre une bonne équipe. Cela dit, il ne faut pas oublier que Primeau a été choisi en septième ronde.

Quand un joueur est repêché en septième ronde, les chances qu’il atteigne la LNH sont plutôt minces. Le DG n’est souvent même plus à la table de l’équipe lors de l’annonce. S’il était si bon que ça, pourquoi l’avoir repêché aussi loin ?

—Propos recueillis par Roby St-Gelais

Les échos de Bergie

Un coup dangereux

Le coup de Nikita Zadorov à l’endroit de Jesperi Kotkaniemi était dangereux. Ça n’a pas sa place dans le hockey. C’était réellement vicieux. Ça me déçoit qu’il n’ait pas été suspendu parce que c’était intentionnel. Toutes les fois qu’un athlète est blessé, les conséquences peuvent être graves et qu’il ne soit pas suspendu, je ne comprends pas.

J’espère que KK ne sera pas blessé trop longtemps. Il commençait à jouer du bon hockey en compagnie de ses compatriotes finlandais après avoir connu un début de saison très ardu. C’est malheureux.

Un congédiement prévisible

Je n’ai été aucunement surpris par le congédiement de John Hynes au New Jersey. Les Devils ont fait des changements qui n’ont « pas rapport », incluant l’arrivée de P.K. Subban. Contrairement au Canadien, qui travaille dans l’adversité, les Devils abandonnent. Ils trouvent des raisons pour abandonner. À partir du moment où le DG a envoyé son assistant derrière le banc pour voir ce qui se passait, le temps était compté pour Hynes. La bonne nouvelle, c’est qu’Alain Nasreddine, qui a fait ses classes comme entraîneur adjoint, a obtenu le poste.

À l’inverse, coup de chapeau aux Penguins qui, malgré leurs nombreux blessés, continuent d’engranger les victoires. Ils ont maintenu une fiche victorieuse en dépit de la perte de Sidney Crosby. Ils ont une identité claire d’équipe gagnante, avec ou sans leur capitaine.

Hall attrayant

Où aboutira l’attaquant Taylor Hall ? La possibilité qu’il soit échangé augmente de plus en plus. Selon moi, l’équipe qui voudra négocier avec Hall avant de procéder à une transaction pourrait avoir une longueur d’avance. Puisqu’il sera agent libre sans compensation, il voudra décider où il veut aller, et si on l’échange, il voudra obtenir un contrat à long terme. Avec un club de premier plan, il représenterait un ajout important.