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«J’ai arrêté de fumer il y a trois jours» - David Lemieux

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Le boxeur David Lemieux n’aura jamais été aussi agréable à côtoyer à la veille d’un combat.

Généralement muet ou peu loquace le jour de la pesée, Lemieux a même versé dans l’humour, vendredi, quand un journaliste semblait s’inquiéter de sa voix et d’un possible mal de gorge.

«J’ai arrêté de fumer il y a trois jours, a-t-il blagué, provoquant un éclat de rire chez les membres des médias présents. Non, je suis en bonne forme, c’est peut-être le manque de liquide en moi qui fait ça.»

Même s’il a dû avoir recours à la déshydratation pour s’assurer de faire le poids, Lemieux (40-4-0, 34 K.-O.) n’a eu aucun problème à respecter la limite en se présentant sur la balance à 166,8 livres. Pour ce premier combat chez les 168 livres, Lemieux affrontera ce samedi au Centre Bell l’Ukrainien Maksym Bursak (35-5-2, 16 K.-O.), qui a pour sa part affiché un poids de 167,8 livres.

«Ça va super bien, je me sens en très très bonne forme, a indiqué Lemieux. Pour le poids, ça s’est super bien fait. Je pense que demain (samedi), je vais être une bombe.»

Lemieux, qui avait notamment dû se désister d’un combat chez les 160 livres à New York en décembre 2018 en raison de symptômes importants de déshydratation, est de retour dans le ring pour la première fois depuis environ 15 mois.

«Je sens qu’il n’y a aucune rouille et je vais le prouver, a affirmé Lemieux. Les fans vont voir que Lemieux n’est pas seulement de retour, mais qu’il est fort en titi et prêt pour des gros noms.»

Neutraliser le jab

Inévitablement, la possibilité d’affronter Canelo Alvarez n’est jamais bien loin dans les pensées de Lemieux. Pour l’instant, le défi demeure de réussir sa rentrée chez les 168 livres, où les adversaires sont parfois moins rapides, mais cognent un peu plus fort aux dires de l’entraîneur Marc Ramsay.

«Le but est de neutraliser le jab et de s’approcher, ce sont des choses que nous avons travaillées en gymnase, a noté Ramsay. David a mis beaucoup les gants, par exemple, avec Eleider Alvarez pour ce camp-ci. Il est habitué avec un long jab pour refermer la distance le plus rapidement possible.»

L’entraîneur a par ailleurs lui-même noté la bonne humeur de son boxeur à l’approche du combat.

«Il est souriant, il est heureux, a qualifié Ramsay. Ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu souriant comme ça avant un combat. Jeudi soir, nous étions en voiture, et je lui faisais remarquer qu’il n’arrêtait pas de me parler. Habituellement, dans le dernier 24 heures avant la pesée, il n’est pas jasant.»

«Là où je suis vraiment content, c’est qu’on a pu parler de tactiques, de stratégies et de techniques au lieu de faire une obsession avec son poids, a ajouté Ramsay. On a pu se concentrer sur le travail qu’on a à faire.»

Un retour à 160 livres?

Son de cloche similaire chez le promoteur d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan

«Il m’a appelé à deux ou trois reprises, jeudi, pour me dire à quel point il était content», a révélé Estephan.

Puisque le poids affiché était de 166,8 livres pour cette pesée, une question semblait incontournable : pourrait-on prévoir un retour de Lemieux à 160 livres éventuellement?

«Il aurait pu le faire cette fois-ci, mais dans quelles conditions?, a interrogé le promoteur. On préfère voir un Lemieux à 168 livres avec beaucoup d’énergie et avec toutes ses forces. On n’a pas tellement le goût de penser aux 160 livres, car c’était tellement pénible pour toute l’équipe de le voir souffrir comme ça. Il sentait des couteaux dans son estomac.»

Cette fois, les couteaux, Lemieux les a dans les yeux.