Boxe

Un Steven Butler 2.0 à la chasse au titre mondial

Publié | Mis à jour

À quelques jours de s'envoler pour Tokyo en vue de son combat de championnat du monde contre le Japonais Ryota Murata, le 23 décembre, Steven Butler regorge de confiance.

«Je pense que le 23 décembre, même que j’en suis certain, je vais devenir champion du monde», s’est exclamé le Québécois, à son dernier bain médiatique dans la Belle Province, jeudi.

Le protégé du groupe Eye of the Tiger Management (EOTTM) prendra l’avion en direction du Japon, samedi, où il tentera de ravir la ceinture des poids moyens de la WBA à Murata (15-2, 12 K.-O.).

«On arrive à Tokyo serein et prêt pour la guerre», a indiqué le promoteur de boxe Camille Estephan.

Lui aussi fera le voyage en Asie pour voir Butler (28-1-1, 24 K.-0.) en action, mais il partira le 16 décembre. Au total, plus d’une dizaine de membres de l’équipe du Montréalais fouleront les terres nippones. Entre son arrivée en sol japonais et son combat, deux jours avant Noël, «Bang Bang» Butler sera soit au gymnase, soit à l’hôtel pour se reposer.

«On s’est construit une petite équipe, a expliqué l’un des entraîneurs de Butler, Jean-François Bergeron. On va être dans notre petite bulle. On va être les Gaulois là-bas contre les Romains.»

Même le partenaire d’entraînement du boxeur de 24 ans, Dhafir Smith, le rejoindra de l’autre côté de l’océan Pacifique.

«On ne pouvait pas laisser aller Steven trois semaines sans mettre les gants et c’est clair qu’on ne va pas faire confiance à quelqu’un là-bas», a ajouté Bergeron.

Un camp d’entraînement exigeant

En vue du premier combat de championnat du monde de Butler, ses instructeurs ont mis les bouchées doubles afin de bien le préparer. Son camp d’entraînement s’est étendu sur une période de 10 semaines.

«On a averti Steven que ça allait être un entraînement vraiment difficile parce qu’on allait commencer avec quelque chose de très exigeant, a raconté Karim Hlimi, qui travaille sur le conditionnement physique de Butler depuis maintenant un an.

«Dès que j’ai commencé à l’avoir, je me suis préparé comme si on allait se battre des 12 rounds à chaque fois. [...] C’est l’aboutissement d’une année de travail.»

Bergeron, Hlimi et Rénald Boisvert ont dû s’assurer de bien balancer les exercices durant ce temps.

«Le sprinteur est super rapide sur 100 mètres, mais il ne peut pas courir la vitesse d’un 100 mètres sur 10 kilomètres, a illustré Bergeron. C’est une question de gestion. Tu ne peux pas être 12 rounds dans le top, surtout un gars comme Steven qui est très très puissant.»

Le prétendant au titre croit avoir fait beaucoup de progrès grâce à ses récents efforts.

«Je ne pensais pas pouvoir acquérir ce maximum, en peu de temps. [...] Les 12 rounds ne me font pas peur.»

Tomber pour mieux se relever

L’équipe de Butler ne s’en cache pas, sa seule défaite chez les professionnels, subie aux mains de Brandon Cook, au Centre Bell, en janvier 2017, lui a permis de faire beaucoup d’apprentissage. Jamais son équipe n’a cessé de croire en lui.

«C’était impossible de penser à laisser tomber mon gars, a lancé Estephan. Je savais qu’est-ce que j’avais dans les mains. On a tous besoin d’une deuxième chance dans la vie.»

Depuis cette défaite, le pugiliste a récolté 10 victoires, dont neuf par knock-out. Il n’avait eu besoin que de 38 secondes pour passer le K.-O. à son dernier adversaire, le Mexicain Paul Valenzuela fils, le 26 septembre dernier, au Casino de Montréal.

«J’appelle ça la longue route vers ma destinée. J’y crois tellement. Je suis prêt. Je vais prouver au Québec que la ceinture, c’est à nous, aux Québécois», a conclu Butler.